Une hausse de 88% du RNPG des banques est attendue fin 2021 (CDG Capital)

| Le 21/11/2021 à 15:13
Le secteur bancaire devrait bénéficier de la non-récurrence du don au fonds covid et de la baisse progressive du coût du risque. In fine, le résultat part du groupe du secteur devrait fortement augmenter en 2021, également porté par la bonne tenue des marges d'intérêts et sur commissions. La société de recherche dresse également ses perspectives et recommandations sur les principales banques de la place.

Dans une note diffusée le 17 novembre 2021, la société de recherche CDG Capital a dressé ses perspectives concernant les réalisations du secteur bancaire cette année.pp

Dans un premier temps, elle note la bonne amélioration de l’indice bancaire en bourse, en hausse de près de 15% en YTD. Cela a notamment été porté par les bonnes performances semestrielles des bancaires, grâce à la normalisation progressive du coût du risque et de la non récurrence du don au fonds Covid.

« Pour cette fin de 2021, le secteur bancaire devrait continuer de bénéficier d’une dynamique de croissance des crédits et d’une quasi-stabilité de la qualité des actifs » explique la société de recherche. Elle anticipe d’ici la fin de l’année, une bonification de 88% de leur RNPG par rapport à fin 2020 (hors groupe CIH, car non-couvert, ndlr).

Une bonne dynamique commerciale mais une pression sur les taux

Au premier semestre de l’année, les chiffres de Bank Al Maghrib (BAM) montrent une dynamique commerciale bancaire qui s’est poursuivie en 2021 avec une hausse annuelle de 3,7%. Une légère décélération est notable par rapport à l’an dernier, notamment, car les crédits ont été boostés en 2020 par les programmes de financement garantis par la Caisse Centrale de Garantie. CDG Capital précise qu’à fin juin 2021, « l’encours des crédits distribués dans le cadre du programme Damane Relance ressort à environ 45 milliards MAD, contre 35 MM MAD à fin 2020, soit une hausse de 28%, selon les derniers chiffres communiqués par les banques cotées ».

Au premier semestre 2021, CDG Capital rappelle que la dynamique de distribution de crédits « a été tirée principalement par les crédits de trésorerie qui se sont démarqués par une hausse YTD de 10,3% (sous l’effet de la poursuite des programmes de financement garantis par la CCG) et dans une moindre mesure par les crédits à l’habitat qui ont enregistré une hausse de 3,7% en YTD ». Les dépôts connaissent également une bonne évolution sur le premier semestre 2021 à+6,7% par rapport à fin juin 2020 (+3,9% en YTD).

Néanmoins, les banques connaissent cette année, une pression baissière sur les taux. « Le taux débiteur global ressort en moyenne à 4,39% au S1 2021 contre 4,72% au S1 2020, soit une baisse de 34 pb » note CDG Capital. Cela contribue à mettre la marge d’intermédiation des banques sous pression.

Des revenus en légère hausse et des résultats en nette amélioration

D’après les derniers chiffres disponibles au premier semestre 2021, les revenus des banques se sont légèrement améliorés de 1,7% à 34,1 milliards de dirhams, poussés notamment par l’amélioration des marges sur commissions. « Ces dernières ont profité d’un effet de base favorable de par la forte baisse des commissions des banques durant la période de confinement » explique CDG Capital. Mais en contrepartie, l’activité de marché a été globalement impactée par une atonie de l’activité obligataire.

La société de recherche souligne que « le secteur a profité de la bonne tenue de l’activité à l’international des trois grandes banques, à savoir ATW, BCP et BOA ». Le PNB à l’international a en effet augmenté de 2,9% à 10,1 milliards de dirhams durant les sic premiers mois de 2021.

Les résultats des banques ont, quant à eux, fortement progressé et se sont établis à 6,2 milliards de dirhams à fin juin, en hausse de 122,3%, correspondant à une marge nette de 18%. Cette performance a notamment été conduite par une normalisation du coût du risque. Ce dernier a baissé de 33,3% à 5,9 milliards de dirhams au premier semestre 2021. « Cette diminution traduit à notre sens une quasi-stabilité des indicateurs de risque suite à l’amélioration du contexte macroéconomique. En effet, selon les statistiques de Bank Al Maghrib, le taux d’impayés ressort à 8,4% à fin juin 2021, contre 8,4% à fin décembre 2020 et 8,0% à fin juin 2020 » explique la société de recherche.

Il convient aussi de rappeler que la non récurrence des dons au fonds Covid a participé à la forte hausse de la profitabilité du secteur. « Les charges générales d’exploitation se sont établies à 16,8 MM MAD en baisse de 13,6% par rapport au S1 2020. Cette baisse reflète essentiellement la non récurrence de la contribution des banques au fonds Covid » précise CDG Capital.

De bonnes perspectives d’ici la fin de l’année

Le secteur devrait bénéficier d’une bonne toile de fond cette année. Les crédits sont principalement portés par la reprise de la croissance nationale. « Les croissances enregistrées du PIB courant T2 et T3 2021 de 15,2% et 5,9% respectivement » précise CDG Capital. Selon les derniers chiffres de BAM, l’évolution des crédits au secteur non-financier devrait se clôturer en 2021 à +3,7%, légèrement inférieur à celui de 2020.

Le secteur devrait également bénéficier d’une bonne tenue de la qualité de ses actifs. L’an dernier, une forte hausse des créances en souffrance était observée, passant de 7,6% en 2019 à 8,4% en 2020. Cette année, les estimations tablent sur 8,7%. « Cette hausse limitée traduit à notre sens l’évolution positive des indicateurs macro-économiques couplée à l’assouplissement progressif des mesures contre la Covid-19, suite à une campagne de vaccination réussie » explique CDG Capital.

In fine, une croissance positive des résultats est attendue cette année au vue de la baisse des charges (non récurrence du don), de la diminution du coût du risque et de l’amélioration du PNB suite aux bonnes tenues des marges d’intérêt. La société de recherche précise concernant le coût du risque : « Nous tablons désormais sur une amélioration aux alentours de 29% à 11,8 MM MAD, sur la base de nos prévisions par banque ». Selon les estimations de CDG Capital, le RNPG des bancaires de la place (hors CIH, car non couvert, ndlr) devrait connaitre une hausse de 88% à fin 2021.

La société de recherche a également adressé ses recommandations et valorisation sur les bancaires de la place.

La recommandation sur Attijariwafa Bank passe de renforcer à conserver

La société de recherche a modifié sa recommandation sur le titre Attijariwafa Bank. Elle passe de « renforcer » à « conserver », avec un cours cible à 507 dirhams, soit un upside de +3,7%.

Le groupe a en effet pu bénéficier d’une hausse de 2,5% des prêts et créances clientèle à fin juin à 342 milliards de dirhams. « Cette progression résulte principalement de la bonne tenue des crédits au Maroc qui ont connu une progression de 3,7% » explique CDG Capital. Le PNB a légèrement crû de 0,7% sur la période à 12,5 milliards de dirhams, notamment grâce à :

  1. Une légère hausse de 1,8% de la marge d’intérêt à 8 milliards de dirhams grâce à la bonne tenue de l’activité commerciale qui a compensé la pression constatée au Maroc sur la marge d’intermédiation suite à la baisse des taux.
  2. Une forte hausse de la marge sur commissions de 14,3% qui a profité d’une base comparable favorable de par la forte baisse des commissions des banques durant la période de confinement.
  3. Une hausse de 10% du résultat des activités de marché.

Le groupe devrait continuer de bénéficier de la baisse du coût du risque d’ici la fin de l’année. « Le coût du risque devrait se situer aux alentours de 1,05% selon nos estimations à 3,9 MM MAD à fin 2021. Cette nouvelle prévision est revue à la baisse par rapport à notre estimations initiale de 1,3%, tenant compte de la forte amélioration du coût du risque courant ce 1er semestre » souligne la société de recherche. Le résultat net en fin d’année 2021 est anticipé à 4,6 milliards de dirhams en hausse de 53,5% par rapport à 2020.

BCP, BOA et CDM à renforcer

Concernant la BCP, CDG Capital anticipe un potentiel de +6,9% du cours à 299 dirhams et recommande de renforcer le titre dans les portefeuilles.

La société de recherche rappelle que le groupe a connu une progression de 1,7% sur ses prêts et créances clientèles par rapport à fin décembre 2020 à 259,8 milliards de dirhams. Elle précise « qu’au Maroc, les crédits distribués ont affiché une hausse de 3,1% à 212,4 Mrd MAD. En Afrique, les ils ont baissé de 8,3% à 40,8 Mrd MAD ».

Le PNB du groupe a augmenté au premier semestre de 1,5% par rapport à l’an dernier. Pour ses perspectives sur la valeur, « le groupe devrait enregistrer une hausse de 3,4% du produit net bancaire à 19,9 MM MAD qui reflète la hausse de ses principales composantes » explique CDG Capital. Une révision à la baisse a été faite concernant les charges amenant le coefficient d’exploitation à 50,5% en fin d’année. « Au final, le résultat net part du groupe devrait s’établir à 2,65 MM MAD contre 1,23 MM MAD à fin 2020 » explique CDG Capital.

De son côté, BOA détient un potentiel de croissance en bourse de 7,7% à 202 dirhams le titre. Pour cette valeur, la recommandation change d’acheter à renforcer. La société de recherche rappelle qu’à fin juin 2021, « le groupe a affiché une croissance solide des revenus. En effet, le PNB du groupe s’est amélioré de 3,6% à 7,3 Mrd MAD ». D’après les résultats semestriels du groupe, les prévisions concernant la valeur demeurent quasi inchangés. « Ainsi, le produit net bancaire du groupe devrait augmenter de 3,1% à 14,4 MM MAD au terme de l’année 2021 » anticipe CDG Capital.

A l’instar de toutes les bancaires, le groupe devrait bénéficier de la diminution du cout du risque cette année. CDG Capital table désormais sur un coût du risque de 2,7 milliards de dirhams en 2021, soit 1,3% de l’encours brut contre 1,68% à fin 2020. Son RNPG fin 2021 devrait se situer à 1,85 milliard de dirhams contre 737,8 millions de dirhams l’an dernier, avec une marge nette de 12,8%.

CDM, quant à elle, détient un potentiel de croissance en bourse de 5,3%. Le titre est valorisé à 621 dirhams. Le PNB du groupe au premier semestre s’affichait à 1,2 milliard de dirhams en quasi-stagnation (+0,7%) par rapport à la même période de l’année précédente. Les perspectives de CDG Capital sur le titre tablent sur une bonne amélioration des bénéfices grâce à la non-récurrence du don et à la réduction du risque. « Le produit net bancaire du groupe devrait évoluer de 1,4% à 2,4 MM MAD au terme de l’année 2021. Une hausse qui reflète principalement la bonne tenue de la marge d’intérêt, qui traduit une croissance soutenue des encours et une amélioration du coût des ressources » explique la société de recherche. Elle table désormais sur un coût du risque à 0,7% contre 1,07% initialement suite à la reprise observée au premier semestre. « Au final, le RNPG est prévu à 469 MMAD en 2021e contre 190,3 MMAD en 2020. Ainsi, la marge nette devrait se situer à 19,4% » estime CDG Capital.

BMCI recommandée à l’allègement

Concernant BMCI, la société de recherche anticipe une baisse de 8,7% du cours à 604 dirhams le titre.

Le groupe connait en effet une pression sur ses revenus avec un recul de 2,6% de son PNB au premier semestre 2021. Cela a été principalement causé par la chute de 22,4% des activités de marché impactées par la baisses des activités de trading et de change en plus de « l’impact des éléments exceptionnels lié à l’opération de création et de cession de de l’OPCI CLEO PIERRE SPI-RFA » explique la société de recherche.

Les perspectives de CDG Capital sur la valeur à fin 2021 tablent sur un PNB en retrait de 1,7% à 3 milliards de dirhams. Le coût du risque est attendu à 598,4 millions de dirhams cette année soit 1% de l’encours brut. L’an dernier, le coût du risque représentait 1,5% de l’encours brut. In fine, « le RNPG est prévu à 421,8 MMAD en 2021 contre 155,5 MMAD en 2020. Ainsi, la marge nette devrait se situer à 14,1% » conclut la société de recherche.

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