Une accélération de l’activité bancaire attendue en 2022 (BKGR)

| Le 16/1/2022 à 17:38
Les bancaires du portefeuille de BKGR (Attijariwafa Bank, CIH et BCP) devraient globalement bien se comporter cette année en bénéficiant de la baisse continue du risque, d’une bonne dynamique commerciale et de ratios de solvabilité satisfaisants. La création d’un marché secondaire des créances en souffrance donnerait de la marge de distribution de crédit.

Dans son document annuel ‘Stratégie annuelle 2021-2022’, la société de bourse BKGR a dressé l’évolution du secteur bancaire durant l’année 2021. Elle atteste d’une bonne reprise de l’activité du secteur et dresse ses perspectives pour 2022 sur les trois bancaires présentes dans son portefeuille. Il s’agit d’Attijariwafa Bank, BCP et CIH Bank.

Une bonne dynamique du secteur attendue en 2022

En 2021, le secteur bancaire a vu une quasi-stagnation des crédits bancaires à fin novembre d’après les derniers chiffres disponibles de Bank Al Maghrib (BAM) à 965 milliards de dirhams contre 958,1 à fin décembre 2020. BKGR note la bonne résilience du secteur cette année, notamment « face au choc induit par la crise sanitaire suite à l’étude d’impact et à l’exercice du macro stress test conduits au T4 2021 par BAM ».

Cette année, le secteur bancaire devrait rencontrer une bonne dynamique dans la distribution des crédits. D’après les derniers chiffres de BAM, une croissance de 3,4% est attendue en 2022 et de 4,4% en 2023. Une hausse qui provient notamment « d’une reprise escomptée des crédits d’investissement devant accompagner l’amélioration de la situation économique » note BKGR.

Les banques devraient bénéficier également d’un assainissement de leurs bilans cette année avec la potentielle création d’un marché secondaire des créances en souffrance. Pour rappel, cette création permettrait aux banques de réduire leurs niveaux de provisions et ainsi se dégager de la marge de manœuvre pour la distribution de crédits. Une façon de contrecarrer la hausse des impayés, en progression de 5,7% sur les 11 premiers mois de l’année 2021.

Les banques nationales bénéficieront également d’un recul du coût du risque déjà amorcé en 2021. D’après BKGR, cette année sera marquée par « la détente du coût du risque des Banques de notre Scope (-13% selon nos prévisions) en lien avec l’importance projetée des reprises sur provisions forward-looking suite à l’amélioration attendue de la qualité du portefeuille de crédits du secteur ». Il convient également de rappeler que l’assouplissement des règles prudentielles de BAM sera reconduit jusqu’en juin 2022. Cela se fera « à travers la fixation des seuils réglementaires à 8,5% pour le ratio Tier 1 et à 11,5% pour le ratio de solvabilité global, devant offrir au secteur une marge de manœuvre au volet réglementaire » souligne BKGR.

La société de recherche livre également ses perspectives d’évolution sur les bancaires de son portefeuille.

Attijariwafa Bank résiliente grâce aux fonds propres et à la dynamique commerciale

En 2021, le groupe a connu une évolution de 15% en bourse. À l’ouverture de la séance du 14 janvier, le titre traitait à 490,70 dirhams. BKGR anticipe une hausse de 5,7% du cours à 519 dirhams.

Le groupe affiche malgré un contexte encore marqué par la crise, une bonne solidité financière. Notamment grâce à ses différentes augmentations de capital. BKGR rappelle que la banque a procédé au « renforcement continu de ses fonds propres (une augmentation de capital de près de 800 MDH et deux émissions obligataires totalisant 1 milliard de dirhams en 2021) ».

De plus, cette année, la bonne dynamique commerciale du groupe devrait se poursuivre. BKGR anticipe en 2022, une hausse de 5% des crédits consolidés. Le groupe devrait également pouvoir capitaliser sur une bonne tenue de ses ratios réglementaires. Cette année, le ratio de solvabilité devrait progresser à 15,4% contre 13,8% attendu en 2021.

>>> Lire aussi : Attijariwafa Bank : les réalisations à fin septembre sont alignées avec les prévisions des analystes

Le coût du risque devrait continuer de diminuer en 2022 et s’établir à 2.887 millions de dirhams, en baisse de 20% par rapport à 2021. BKGR note qu’une diminution progressive aura lieu « avec un taux du coût du risque de 0,8% en 2022 (contre 1,1% en 2021e et 1,7% en 2020e ) avant d’atteindre un niveau d’avant crise de 0,7% en 2023 ».

De son côté, CFG Bank expliquait à ce sujet qu’Attijariwafa Bank dispose « d’une politique prudente de provisionnement qui doit l’aider à ramener le coût du risque à un niveau normal plus rapide que les pairs du secteur ».

BCP solide financièrement mais ralentie à l’international

Le titre traitait à 286,95 dirhams à l’ouverture de la séance du 14 janvier. BKGR le valorise à 296 dirhams, soit un upside de 3,15%.

Cette année, le groupe a affiché une progression de son PNB à fin septembre de 3,6% à 15 milliards de dirhams. L’encours crédit quant à lui n’a progressé que de 1,4% par rapport à la même période en 2020. Mais cette année, le groupe devrait afficher une meilleure dynamique. D’après les projections de BKGR, « une hausse de +4% des crédits consolidés est attendue en 2022 grâce à un ratio de solvabilité globale confortable de 13,1% ».

Le groupe dispose d’un fort matelas de sécurité grâce à un niveau de provisions élevé. BKGR rappelle que le groupe dispose « d’une PRG de MAD 4,4 Md au S1 2021 dont l’affectation est libre à hauteur de 50%) et un fonds de soutien de MAD 4,2 Md lui permettant de faire face aux différents changements réglementaires impactant le secteur ».

À l’instar du secteur, le groupe verra également une formalisation du coût du risque cette année. BKGR anticipe « une baisse progressive du coût du risque avec un taux du coût du risque de 1,5% en 2022 avant d’atteindre un niveau d’avant-crise de 1,3% en 2023 ». De son côté, CFG Bank était plus optimiste et évoquait une tendance baissière amorcée en 2021 qui se poursuivra également en 2022 pour atteindre 1,19%.

Mais le groupe devrait néanmoins connaître un ralentissement cette année sur ses activités hors Maroc. BKGR évoque un « ralentissement de l’activité des filiales à l’international avec une hausse limitée de +1% de leurs revenus bancaires au S1 2021 ».

CIH pourra toujours compter sur sa dynamique commerciale

Le groupe a connu une hausse de près de 33% de son cours en 2021. Actuellement, le titre trait à 350 dirhams. BKGR anticipe une hausse de 4,6% du cours à 366 dirhams.

Le groupe devrait continuer de bénéficier en 2022 d’une dynamique commerciale forte. Fin septembre 2021 déjà, le groupe affichait un PNB à 2.266 millions de dirhams, en hausse de 10,4% par rapport à la même période en 2020. BKGR table sur « une amélioration de +7% des crédits consolidés en 2022 grâce à l’enrichissement continu de son offre ainsi qu’à sa stratégie agressive ».

CIH Bank devrait également afficher des ratios de solvabilité très confortables, supérieurs au reste du marché. La société de recherche rappelle « la forte capacité de distribution en raison d’un niveau très confortable du ratio de solvabilité globale de 14,2% sur base consolidée au S1 2021, supérieur à la moyenne sectorielle de 13,8% sur base consolidée au S1 2021 ».

Concernant le coût du risque, une baisse est prévue, comme pour l’ensemble du secteur. « Un taux du coût du risque de 0,7% en 2022 (contre 0,8% en 2021e et 1,6% en 2020e) avant d’atteindre un niveau d’avant-crise de 0,6% en 2023 » note BKGR. CFG Bank est encore une fois plus optimiste en anticipant une diminution du risque à 0,68% en 2021 et 0,57% cette année.

Le groupe dispose également d’un rendement supérieur aux autres banques du portefeuille avec un yield attendu à 3,4% en 2021 et 4,1% en 2022.

L’un des risques de CIH en 2022 pour BKGR demeure son attachement historique au secteur hôtelier et de la difficulté de s’en désengager dans le contexte actuel. La société de recherche rappelle également « un niveau faible du ratio CET 1 à 7,51% ».

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