Quasi-stabilisation du dirham et renforcement de la position de change des banques

M.Ett | Le 13/9/2021 à 19:48
Omar Bakkou, économiste et spécialiste en politique de change, explique la quasi-stabilisation du dirham face à l’euro et au dollar au 8 septembre et le renforcment de la position de change des banques.

Le dirham qui était en appréciation contre le panier euro/dollar, s’est affiché en quasi-stabilité au 8 septembre, d’après les indicateurs hebdomadaires publiés par Bank Al-Maghrib.

De même, la position de change des banques qui était négative, a grimpé pour atteindre son plus haut niveau sur les 12 derniers mois à 10 milliards de dirhams au 1er septembre 2021.

Omar Bakkou, économiste et spécialiste en politique de change, joint par LeBoursier, explique l’évolution de la position de change des banques:  » L’augmentation de ces avoirs doit être liée soit à une augmentation des taux d’intérêt, soit à des anticipations sur la baisse du dirham ».

Et d’ajouter :  » Les devises que les banques détiennent sont généralement placées. Quand les banques encaissent beaucoup de devises, elles peuvent les céder, elles ne sont pas obligées de les détenir. Parce qu’il les recettes et il y a la décision de ne pas les céder afin de les stocker. Ce choix dépend de deux éléments. Il dépend soit du taux d’intérêt sur le marché internationaux, soit sur les anticipations sur la baisse du dirham « .

 » Lorsque le taux d’intérêt baisse, cela affecte négativement les prises de position par les banques, notamment l’augmentation de leurs avoirs. A l’époque où les taux d’intérêt étaient négatifs, il y avait presque des frais de stockage, le fait d’avoir des avoirs présentait un coût pour les banques. C’était en défaveur de la constitution de position « , continue-t-il.

En ce qui concerne la quasi-stabilité du dirham,  » en principe, il y a toujours un effet position et un effet panier. Puisque la position a augmenté, cela signifie que les recettes en devises étaient supérieures aux dépenses durant cette période. Cela est expliqué par la saison estivale, avec la rentrée des marocains résidants à l’étranger, et en même temps, il y a la baisse des importations durant la période juillet-août ; période pendant laquelle il y a généralement moins de commandes et moins d’importation. S’ajoute à cela le fait que les marocains n’ont pas voyagé à l’étranger « , indique-t-il.

Un autre élément s’ajoute à cette analyse.  » Il y a eu le décaissement d’une allocation générale de droits de tirages spéciaux (DTS). Cela influence les anticipations du marché. S’il y a des prévisions concernant une appréciation du dirham, il y aura moins de conversion de dirham en devises. C’est la banque centrale qui les encaisse. Cet encaissement ne va pas être normalement converti en dirham. Cet argent va être stocké. C’est une augmentation de réserves mais qui n’influence que les anticipations du marché. Les opérateurs vont anticiper une appréciation du dirham. Lorsqu’il y a une augmentation des recettes, cela se répercute sur le marché de change à travers une vente des devises par les exportateurs pour les convertir en dirham. Avec des DTS, la banque centrale les garde chez-elle « , explique notre source.

A rappeler que le FMI a annoncé, le 2 août, que le conseil des gouverneurs du FMI a approuvé une allocation générale de DTS équivalente à 650 milliards de dollars (environ 456 milliards de DTS) en vue d’accroître les liquidités dans le monde.

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