IPO de Majorel à Euronext : les motivations de l’opération

Hayat Gharbaoui | Le 7/9/2021 à 16:33
Saham et son partenaire Bertelsmann envisagent d'introduire à Euronext leur filiale commune Majorel au cours du second semestre 2021. Si les contours de l'opération ne sont claires, ses motivations le sont. Majorel vise le Top 3 mondial.

Le groupe Majorel, filiale du groupe Saham et son partenaire Bertelsmann (50-50), envisage une introduction à l’Euronext d’Amsterdam au second semestre 2021.

L’annonce a été faite ce mardi 7 septembre, confirmant les informations relayées par Médias24 en juin dernier. « L’IPO est la piste la plus probable. La société étant luxembourgeoise, pays à travers lequel elle gère tous ses actifs dans le monde, l’introduction se fera probablement dans une bourse européenne, probablement à l’Euronext », nous expliquait une source proche du dossier.

Le communiqué publié à l’occasion de l’annonce officielle de l’introduction en bourse donne peu de détails sur le montage de l’opération ou sur ses raisons profondes. Au Maroc, certains interprètent l’annonce comme une rupture avec Bertelsmann ou une volonté de Moulay Hafid Elalamy de se désengager de Majorel via une cession d’actions par la bourse et d’empocher au passage entre 1 à 1,5 milliards d’euros. Le groupe serait valorisé aux alentours de 3 milliards d’euros.

« Absolument pas », nous réponds une source proche du dossier balayant d’un revers de la main les deux conjectures. « Bertelsmann et Saham sont à 50/50. Si Saham est dilué, Bertelsmann le sera au prorata. Ils seront tous les deux au même niveau », poursuit notre source.

Une IPO dont les contours restent à définir

Les contours de l’opération ne sont pas clairs. Il est avancé dans le communiqué que « les actions détenues par Bertelsmann et le Groupe Saham seront proposées aux investisseurs institutionnels dans le cadre d’un placement privé. Un consortium composé des banques américaines JP Morgan , Citigroup et du français BNP Paribas est mandaté, l’objectif étant d’avoir une cotation à la bourse Euronext d’ Amsterdam ».

 » Le placement privé est destiné à inclure des actions existantes issues de la détention des actionnaires existants de la Société ainsi que des actions existantes dans le cadre d’éventuelles sur-souscriptions, couvertes par une option de «greenshoe» offerte par les Actionnaires Cédants, qui peut être offert à certains investisseurs institutionnels ».

« Greenshoe » ou option de surallocation d’actions, c’est une une technique boursière accordant une option à la banque chef de file, portant sur davantage d’actions que prévu. En cas de forte demande de la part des investisseurs, la banque pourra en exerçant son option allouer plus de titres ou d’obligations aux investisseurs. Et à l’inverse, en n’exerçant pas son option, elle soutiendra le cours. C’est un mécanisme ou une technique de stabilisation de cours.

On comprend que le schéma actuel arrêté est une cession de parts. Mais jusqu’à quel niveau les deux partenaires sont-ils prêts à aller? « Ce n’est pas encore totalement figé, cela dépend du retour des investisseurs et du marché« , nous explique notre source.

Et d’ajouter, « tout dépendra de ce que le marché dicte à la fin. Cela peut se faire sous forme d’une augmentation de capital ou d’une cession de titres à % limité, comme il se peut que l’opération soit un mix des deux ».

Ce qui est certain à ce stade, c’est qu’il s’agit « d’une IPO.  Le placement se fera préalablement à la première date de cotation, avec des investisseurs institutionnels qualifiés« , nous assure-t-on.

Pour ce qui est d’une éventualité cotation de la filiale marocaine Majorel à la bourse du Maroc, notre source réponds qu’il s’agit d’une option inenvisageable car « aujourd’hui le Maroc représente moins de 8% de Majorel ».

Les motivations de l’IPO

Au-delà des aspects techniques de cette introduction, ses motivations renseignent sur l’ambition du groupe et de ses actionnaires de se positionner dans le top 3 mondial. Pour Saham, il s’agit aussi de se positionner comme le premier opérateur marocain, après Maroc Telecom, à être coté dans une bourse internationale.

Sur le plan stratégique pour Majorel, l’opération vise, selon notre source, à « améliorer la visibilité de Majorel sur le marché, car tous ses concurrents dans le top 10 mondial, à l’exception d’un,  sont cotés ».

Elle leur permettra « d’avoir accès au marché des capitaux sur les années qui arrivent, pour financer des acquisitions et fusions », nous explique-t-on. « C’est un marché en consolidation, et le fait d’être coté permettra à Majorel d’être un acteur majeur dans cette consolidation et de grandir  plus vite », ajoute-t-on.

Cette consolidation du marché dont parle notre source est visible depuis quelques mois. Sitel a racheté Sykes il y a quelques jours. Sur les six derniers mois, trois concurrents de Majorel ont opéré leur introductions en bourse : Taskus, Telus International et Concentrix.

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