Le Bitcoin sera toujours sensible aux annonces institutionnelles cette année (expert)

B.B | Le 3/1/2022 à 17:20
En 2021, le cours du Bitcoin a connu une épopée rebondissante devenant de plus en plus légitime et attrayant aux yeux de grands institutionnels. Cette année, la cryptomonnaie variera de plus en plus comme les marchés financiers classiques grâce aux lancements des fonds négociés en bourse liés à son cours. Le lancement de nouveaux produits financiers adossés au Bitcoin pourraient doper son cours en 2022, mais la forte volatilité demeure.

L’année 2021 a été pleine de rebondissements concernant la première cryptomonnaie. En début d’année, les annonces d’Elon Musk concernant l’acceptation de la cryptomonnaie comme moyen de paiement pour ses voitures Tesla et l’investissement de 1,5 milliard de dollars de la marque dans la monnaie numérique avaient fait exploser les cours, le faisant passer de 29.300 dollar au 1er janvier 2021 à plus de 63.000 dollars mi-avril. A travers les annonces spéculatives et d’institutionnels, le Bitcoin a connu en 2021, une notoriété mondiale. In fine, le Bitcoin a clôturé l’année 2021 avec en hausse de 58% à un peu plus de 46.000 dollars.

Une légitimité auprès de la finance, acquise en 2021

En 2021, les institutionnels du monde entier, notamment des grandes banques de la place américaine, se sont également penchés sur la cryptomonnaie et son potentiel.

Après une année 2020 morne où de grandes injections de liquidité avaient été effectuées, le rendement se cherchait. Comme nous l’expliquait dans un précédent article, Julien Prat, Co-porteur de la Chaire ‘Blockchain & B2B Platforms’, chercheur CNRS au Centre de recherche en économie et statistique de l’École Polytechnique à Paris: « beaucoup de liquidité ont été injectées par les banques centrales, particulièrement depuis la crise du Covid-19. Où est le retour aujourd’hui ? Dans la bourse et les cryptomonnaies ». Des banques comme BNY Mellon ont annoncé début 2021, le développement de services pour aider leurs clients à détenir, transférer et émettre des actifs numériques. Ces annonces ont contribué à démocratiser la cryptomonnaie et attiser la demande mondiale, particulièrement dans un contexte d’incertitude.

Contacté, Badr Bellaj, spécialiste de la Blockchain et des crypto-monnaies nous explique : « En 2021, l’un des facteurs qui a légitimé le Bitcoin a été l’inflation mondiale et les politiques monétaires. Dans ces circonstances, les investisseurs, notamment institutionnels cherchent à investir dans des assets qui résistent à cette inflation, des sortes de refuge. Il y a des signes d’instabilité financière qui poussent certains investisseurs à se protéger des risques, du fait que Bitcoin n’est pas contrôlé par une instance monétaire ayant un pouvoir décisionnel sur lui ».

Le pic historique du Bitcoin a d’ailleurs été atteint en octobre dernier à plus de 67.000 dollars après que la plus haute instance de régulation financière américaine, la SEC (Securities and Exchange Commission) ait annoncé qu’elle ne bloquerait pas le lancement des fonds négociés en bourse (ETF) liés au Bitcoin. Il s’agit ici d’un  indice qui se base sur des contrats à terme de Bitcoin dans l’objectif de le lier plus fortement à la finance classique.

Les incertitudes de fin d’année ont donc pesé sur son cours durant les deux derniers mois de l’année. « Bitcoin est désormais globalement corrélé à l’économie mondiale et aux marchés classiques. Les fermetures des frontières, le ralentissement de la croissance chinoise, et les nouveaux variants ont créé de l’incertitude sur le marché et une correction s’est opérée sur le cours en fin d’année » explique notre interlocuteur.

En 2022, à quoi doit-on s’attendre concernant cette monnaie virtuelle ?

Une évolution erratique toujours conduite par les annonces de l’écosystème en 2022

La volatilité est une constante concernant le Bitcoin. Fondamentalement, il est impossible de savoir comment sa valeur va évoluer d’ici 6 à 12 mois. Le cours est en effet fortement assujettis aux annonces et stimulus externes, comme cela a été démontré en début d’année 2021. Cela constitue un risque pour les investisseurs comme une opportunité.

« La progression ou le recul du cours de Bitcoin est principalement propulsé par l’écosystème que par sa valeur intrinsèque. L’offre et la demande mondiale ne sont pas vraiment prévisible. On ne peut pas justifier sa raison de consommation. L’idée est que ce sont les initiatives décidées en 2022 qui vont conduire son évolution à la hausse comme à la baisse, mais étant donné l’implication des institutionnels, une évolution à la hausse est prévisible » explique Badr Bellaj.

L’adhérence des institutionnels sera donc l’un des facteurs dominants sur l’évolution du Bitcoin cette année. Le retour sur investissements de la part de ces acteurs se doit d’être sécurisé. « Ils doivent assurer la pérennité de leurs investissements. Ces institutionnels ont le pouvoir de propulser le prix du bitcoin car cela rentre dans leurs intérêts. On voit que ces acteurs ont la capacité d’influencer les cours et d’engendrer de la confiance et plus de demande, ce qui résulte en une progression des prix » poursuit Badr Bellaj.

Il est également possible que de nouveaux produits financiers arrivent sur le marché, comme cela a été le cas avec l’annonce de la SEC ou l’acceptation officielle par une grande instance ou un pays comme le Salvador au mois de juin dernier. Des annonces qui seraient propices à une évolution à la hausse du cours. « L’apparition des ETF serait une bonne nouvelle pour le cours du Bitcoin, mais cela se fera néanmoins de façon non explosive. Nous avons vu que les annonces boostaient les cours, mais nous serons pas dans les proportions vécues en 2020 ou début 2021 » conclut notre interlocuteur.

lire aussi
  • Mehdi Michbal | Le 21/1/2022 à 9:47

    Un grand virage stratégique se prépare à Bank of Africa (Othman Benjelloun)

    EXCLUSIF. Ce virage est le résultat d’un travail effectué avec McKinsey depuis un an, nous confirme le PDG du groupe. Ses détails seront annoncés en mars, au moment du conseil d’administration de la banque. Il concerne selon lui toutes les activités du groupe en Afrique, sur un horizon de long terme.
  • B.B | Le 20/1/2022 à 18:14

    Immobilier : teintée d’incertitude, une croissance molle est attendue en 2022

    L’immobilier s’est bien redressé en bourse en 2021 après une forte chute en 2020. L’effet rattrapage s’est au global également amorcé sur les indicateurs des immobilières cotés. Mais cette année, une croissance molle est attendue du fait d’une faible visibilité et d’un pouvoir d’achat érodé des ménages. Les acteurs reste pendus aux éventuelles annonces du nouveau gouvernement concernant le secteur.
  • | Le 20/1/2022 à 18:08

    Bourse : la progression du marché devrait se situer entre 5% et 10% en 2022 (M.S.IN)

    La société de bourse M.S.IN anticipe une poursuite de la progression du marché boursier en 2022. Cette croissance devrait être comprise entre 5% et 10%. Analyse.
  • | Le 19/1/2022 à 18:10

    Une hausse de 8% du besoin de financement brut moyen du Trésor attendue en 2022 (AGR)

    AGR analyse les principaux postes de recettes et de dépenses de l’Etat dans le cadre de la Loi de Finances 2022. La hausse des recettes fiscales cette année devrait couvrir l’augmentation des dépenses courantes. Le solde ordinaire repasserait dans le positif pour la première fois depuis 2019. In fine, tablant sur un déficit budgétaire contrôlé en 2022, et sur la capacité du Trésor à se financer sur le marché domestique, le besoin brut de financement du Trésor devrait être de 159 MMDH.