Comment la Covid-19 impacte la bourse (Etude)

| Le 9/1/2022 à 18:24
Les bourses africaines ont été impactées plus par les variations des prix internationaux du pétrole et du taux de change plutôt que par la hausse des cas Covid-19. Telle est la conclusion tirée d’une étude analysant l’impact de la pandémie sur les rendements des marchés africains, dont le Maroc.

Au moment du déclenchement de la pandémie du Covid, plusieurs marchés boursiers internationaux ont connu une panique engendrant une baisse des cours des actions.

A rappeler que la chute du MASI, lors du début de la crise en mars 2020, avait atteint -27% en l’espace de 24 séances seulement. Par la suite, le marché a pu éponger plus de 89% de ses pertes avant la fin de l’année 2020 pour solder l’année avec une baisse de 7,27%.

La question qui se pose est de savoir quelle dimension de la pandémie est capable de provoquer des effets dévastateurs sur les marchés boursiers, notamment sur le rendement des actions ? Cette question a été soulevée par deux chercheurs, Elias A. Udeaja un et Kazeem O. Isah, qui ont mené une étude, diffusée sur NCBI (Centre américain pour les informations biotechnologiques), afin de voir l’impact de la crise du Covid-19 sur les bourses africaines.

En raison des données qui sont limitées, cette étude empirique n’a pu couvrir que 12 pays, à savoir la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc, la Namibie, le Nigéria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Ouganda et la Zambie.

Différents indices boursiers ont été explorés. L’indice composite BRVM (BRVMCI) est utilisé dans le cas de la Côte d’Ivoire, l’indice des prix de la bourse égyptienne EGX 30 (EGX30) dans le cas de l’Égypte et l’indice composite GSE (GSE-CI) pour le Ghana. Les autres sont le Kenya NSE 20 Index (NSE20), le Moroccan All-Share Index (MASI) pour le Maroc, le FTSE NSX Overall (FTN098) pour la Namibie, le NSE All-Share Index (NSEINDEX) pour le Nigeria, Total Sénégal SA (TTLS) pour le Sénégal , l’indice FTSE/JSE Top 40 (JTOPI) pour l’Afrique du Sud, l’indice de la Bourse de Tunis (TUNINDEX) pour la Tunisie, Uganda All-Share (ALSIUG) pour l’Ouganda et LSE All-Share (LASILZ) pour la Zambie.

En plus des données Covid-19 (cas confirmés/décès), d’autres éléments ont été pris en compte pour analyser l’évolution des marchés boursiers à savoir les taux de change et les prix du pétrole.

L’étude menée a montré que la pandémie a des effets restrictifs sur la performance des marchés boursiers dans les économies africaines. Cela dit, ces effets restrictifs de la pandémie sont importants sur les marchés boursiers principalement lorsque Covid-19 est mesuré en nombre de cas confirmés.

Il a été également démontré qu’indépendamment des différentes phases de l’épidémie de Covid-19, l’Afrique du Sud s’est classée au premier rang des pays avec la plus forte incidence de Covid-19 en Afrique, à la fois en termes de nombre de cas confirmés et de décès. Cependant, alors que le Maroc et la Tunisie se classaient deuxième et troisième en termes de nombre de cas de Covid-19, c’est l’Egypte qui s’est classée deuxième en termes de nombre de décès dus au Covid-19.

Il a été conclu que la réaction de la baisse des rendements des actions face au Covid-19 est principalement due au nombre de cas confirmés plutôt qu’au nombre de décès.

De plus, la baisse des rendements est sensible aux différentes phases du virus.

« Pendant la phase épidémique du virus, nous trouvons les effets négatifs de Covid-19 sur les rendements boursiers principalement attribuables aux changements des prix internationaux du pétrole et des taux de change. Par exemple, l’hypothèse répandue d’une réaction négative des rendements boursiers au Covid19 est également valable pour les économies étudiées dans cette étude, mais uniquement lorsque le virus a été pleinement déclaré comme pandémique », soulignent les chercheurs.

Il a été déduit que la baisse des rendements boursiers pendant la phase épidémique du Covid-19 semble être principalement attribuable aux variations des prix internationaux du pétrole et des taux de change. « Dans l’ensemble, nous trouvons les preuves statistiques de la baisse de la réponse des marchés boursiers au Covid-19 principalement à court terme et à la phase pandémique du virus. C’est-à-dire que les variations des prix internationaux du pétrole et du taux de change semblent être responsables de la baisse de la dynamique des marchés boursiers en Afrique pendant la phase épidémique de l’épidémie de Covid-19 », concluent-ils.

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