HCP : Croissance du PIB de 2,9% en 2022 et reprise économique progressive

Anass El Rhazi | Le 19/7/2021 à 19:46
Le Haut-Commissariat au Plan vient de présenter son Budget Économique Exploratoire pour 2022, dans lequel il présente une révision de la croissance nationale en 2021, ainsi que les perspectives pour l'année 2022. Détails.

Le HCP a basé ses perspectives économiques pour 2022 sur quatre hypothèses, à savoir, la reconduction des dispositions budgétaires en vigueur en 2021, une campagne agricole moyenne, la quasi-stabilisation des prix des matières premières et l’augmentation de la demande mondiale adressée au Maroc de 6,7% en 2022 après 9,3% en 2021. L’institution nuance toutefois ces estimations en raison des incertitudes liées à l’évolution de la pandémie et à l’aboutissement du processus de vaccination aux niveaux national et international.

Poursuite du relèvement de l’économie nationale

Sur la base de ces hypothèses, il est prévu que le PIB croît de 2,9% en 2022, contre une reprise estimée de 5,8% en 2021.

Ce ralentissement prévu est en partie imputable à la perspective d’une baisse de la valeur ajoutée du secteur primaire. En effet, après la campagne agricole exceptionnelle de 2020/2021 avec une production estimée de 98 millions de quintaux (+206%) et sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne, la valeur ajoutée agricole devrait baisser de 2,9% après un rebond de 17,5% attendu en 2021.

Le PIB non agricole devrait quant à lui s’accroitre de près de 3,6% en 2022 au lieu de 4,1% en 2021. Cette hausse est attribuable, d’un côté, à « l’amélioration des secteurs du BTP, des mines et des performances des industries de transformation, en liaison principalement avec l’amélioration attendue de la demande extérieure » et d’un autre, à « à une poursuite de récupération du secteur tertiaire sous l’effet du redressement des services marchands, particulièrement ceux du tourisme, du transport et du commerce en raison de l’ouverture prévue des frontières en 2022. »

La demande intérieure pour soutenir la croissance

Du côté de la demande, l’évolution de la demande intérieure devrait ralentir à 3,4% en 2022 contre 6,4% en 2021. Elle continuera néanmoins à soutenir l’activité économique nationale grâce au raffermissement de l’investissement brut (+4,7%, limitant sa contribution à la croissance à 1,4 points en 2022 au lieu de 4 points en 2021) et à la consommation finale nationale (+2,9%, contribuant pour 2,2 points à la croissance économique en 2022).

En face, la demande extérieure adressée au Maroc devrait se consolider en 2022 et soutenir les échanges extérieurs de l’économie nationale qui devraient retrouver leur niveau d’avant crise, et ce, grâce à l’amélioration des perspectives de croissance économique mondiale, induisant ainsi, un raffermissement des échanges commerciaux.

Les exportations devraient également poursuivre leur sentier de croissance suite à la reprise des activités exportatrices pour afficher une amélioration de 9% au lieu de 10,8% en 2021. De leur côté, les importations devraient s’aligner aux exportations avec une augmentation de 9,1% au lieu de 11,5% 2021. Ainsi, la contribution de la demande extérieure nette à la croissance économique nationale serait à nouveau négative en 2022 de 0,8 point du PIB.

L’endettement à des niveaux gérables

Concernant les finances publiques, le HCP prévoit un déficit budgétaire élevé malgré sa légère atténuation, pour se situer à 6% du PIB en 2022 au lieu de 6,3% attendu en 2021. Notons cependant que cette prévision est faite sous l’hypothèse du maintien de l’effort d’investissement du Trésor à près de 6,2% du PIB.

Face à cette situation, le taux d’endettement du Trésor devrait poursuivre sa tendance haussière, passant de 76,4% du PIB en 2020, à 77,3% en 2021 puis à 79% en 2022. Quand on ajoute à cela la dette extérieure garantie (14,9% du PIB en 2022), la dette publique globale serait portée à hauteur de 93,9% du PIB au lieu de 92,7% attendu en 2021.

L’institution souligne toutefois « l’endettement des Etats est le lot aujourd’hui de tous les pays. Le nôtre reste, selon nous, à des niveaux encore gérables. Des solutions sont possibles pour en réduire le poids sur notre potentiel de croissance ou tout au moins d’en innover, dans ce sens, le mode de gestion. ».

Rappelons enfin que le Budget Économique Exploratoire constituera pour le prochain gouvernement un cadre de référence pour la fixation d’objectifs économiques, notamment dans le cadre de la loi de finances 2022.

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