Delattre Levivier : Une évolution du cours anormalement forte depuis quelques jours

B.B | Le 9/11/2021 à 19:04
Autrefois en sauvegarde judiciaire, le groupe a été placé en avril dernier en redressement judiciaire du fait d’une situation de cessation de paiement. Au premier semestre 2021, le déficit du groupe a été presque multiplié par 2,5 par rapport à la même période en 2020. Mais en bourse, le cours affiche une hausse de 64% en YTD. Une progression spectaculaire amorcée fin octobre et qui ne trouve pas de fondement.

Coté à la place casablancaise depuis avril 2008, Delattre Levivier Maroc (DLM) connaît depuis quelques années, une situation pour le moins difficile.

Cette année encore, la situation s’est détériorée pour DLM. Les résultats du groupe au premier semestre ont affiché des pertes supérieures à celles affichées à fin juin 2020 ainsi qu’un chiffre d’affaires en baisse. Mais l’ex-fleuron de la métallurgie nationale, tout comme Stroc Industrie, voit en bourse des évolutions haussières étonnantes depuis quelques semaines.

Une situation financière qui ne s’améliore pas

Le groupe avait été placé en sauvegarde judiciaire en décembre 2019. A l’instar de Stroc Industrie, placé également sous sauvegarde, c’est DLM qui avait demandé à être placé sous cette procédure, étant dans une situation financière tendue et n’étant pas en mesure d’honorer ses engagements. Il est à préciser que cette procédure « suspend ou interdit » toute action en justice de la part des créanciers de DLM dont la créance a son origine antérieurement audit jugement. Il arrête aussi les saisies appliquées sur ses biens.

Mais cette année, après une période 2020 marquée par la crise sanitaire et économique, le groupe a été placé en redressement judiciaire le 26 avril 2021. Ce basculement a été opéré suite à la constatation par la tribunal que DLM était en cessation de paiements.

Au premier semestre 2021, le groupe a présenté des résultats semestriels en dégradation par rapport à la même période l’an dernier. Le chiffre d’affaires du groupe s’affichait à 59,5 millions de dirhams, en baisse de 58% par rapport au premier semestre 2020. Le résultat net part du groupe sur la période, quant à lui, s’enfonçait encore plus dans le rouge à -46,6 millions de dirhams. Un an auparavant, le déficit était de -19,2 millions de dirhams.

Mais en bourse, depuis la fin du mois d’octobre, une envolée surprenante est observable sur le cours de bourse du groupe. A l’instar des mouvements haussiers observés sur la valeur Stroc Industrie. Une hausse des volumes échangés est observable avec un pic atteint le 4 novembre dernier.

Source: Bouse de Casablanca

Une envolée non fondée

Depuis le début de l’année, le cours enregistre une progression largement au-dessus de celle MASI. Quand l’indice casablancais affiche une hausse d’un peu plus de 19% en YTD, DLM enregistre une hausse de plus de 64% à l’ouverture de la séance du 9 novembre. Le titre était à 35,99 dirhams au 4 janvier et traite désormais à 58 dirhams à l’ouverture de la séance.

Source : leboursier.ma

Mais cette hausse fulgurante est en réalité très récente. Après avoir enregistré une stagnation de plusieurs mois entre mai et octobre, le cours a entamé un ascension fulgurante à partir du 22 octobre, prenant presque +6% à chaque séance. Une ascension qui ne trouve pas de fondements clairs.

Contactée, une source au sein du groupe nous explique : « nous avons remarqué la progression et nous n’avons aucune explication sur les raisons qui pourraient l’expliquer ». Notre source souligne en plus de cela : « il n’y a pas d’action de notre fait qui expliquerait cela, donc je dois dire que nous sommes assez surpris ».

Dans les faits, aucune annonce d’investissement ou de projets n’aurait pu doper l’optimisme des actionnaires. Comme le rappelle notre interlocuteur, « suite à l’annonce du redressement judiciaire, nous sommes actuellement dans une période d’observation qui devrait se terminer par la décision du syndic sur le futur de l’entreprise. Cela sera présenté au tribunal d’ici un mois ou deux maximum. Tant que ce rapport n’est pas sorti, il n’y a pas de nouveauté chez nous ou d’éléments à commenter, à part que nous travaillons à ce redressement ».

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