BCP : Alpha Mena change sa recommandation d’‘accumuler’ à ‘alléger’

B.B | Le 13/10/2021 à 19:34
La bancaire a vu une bonne tenue de ses indicateurs au premier semestre 2021, poussés par la non récurrence du don au fonds Covid. Le groupe continue de disposer d’un bon niveau de liquidité. Les prises de participations dans Maroc Leasing et Maghreb Titrisation pourraient fournir des dividendes additionnels. Mais le groupe connaitra une dégradation de la qualité de ses actifs et peinera à générer de la croissance rentable.

Dans une note diffusée le 12 octobre, Alpha Mena a réagi aux performances semestrielles du groupe Banque Populaire.

Autrefois recommandé à l’accumulation, la société de recherche conseille désormais d’alléger le titre dans les portefeuilles. Le groupe a légèrement sous performé le secteur depuis le début de l’année. En YTD, le titre affiche une progression de 9,33% à l’ouverture de la séance du 13 octobre à 273 dirhams le titre alors que le secteur affiche une hausse de 13,63% sur la période.

Source : leboursier.ma

A l’instar du secteur, les indicateurs semestriels ressortent en bonne amélioration, notamment grâce à la non-récurrence du don au fonds Covid. Cependant, pour la société de recherche, « la valeur bancaire a épuisé son potentiel et qu’elle ne justifie plus ce niveau de valorisation, plus chère qu’en 2019 sur la base du P/B ». Elle anticipe une stagnation du titre à 273 dirhams d’ici 6 mois.

Des performances conformes aux attentes et une liquidité avantageuse

Pour la société de recherche, aucune surprise n’est à constater sur les six premiers mois de l’année. Les performances du groupe sont conformes aux projections d’Alpha Mena avec un PNB qui atteint 10,2 milliards de dirhams, en hausse de 1,5% par rapport à la même période l’an dernier. Le RNPG de son côté atteint 1 548 millions de dirhams en hausse de 52,5% notamment grâce à la non récurrence du don de 500 MDH et à une baisse de 27% du coût du risque. « Ces indicateurs confirment la reprise de l’activité à l’instar de l’ensemble du secteur mais demeurent inférieurs aux niveaux pré-crise sanitaire (2019) » explique la société de recherche.

Le groupe dispose néanmoins d’une situation avantageuse en terme de liquidité par rapport aux autres banques marocaines. Une situation qui s’explique par « la progression des ressources de 3,2% à 342 milliards de dirhams contre une augmentation de 1,7% pour les crédits à 259 milliards de dirhams » selon la société de recherche. Dans une récente note, CFG Bank soulignait également le fait que la BCP disposait d’un faible ratio prêts/dépôts. Pour CFG cela signifie que le groupe dispose d’une « capacité à rattraper toute croissance potentielle de prêts après la crise COVID-19, avec un coût de financement inférieur ».

Une consolidation sur le marché domestique

Au début du mois de juillet, le groupe a affiché sa volonté de renforcer sa présence sur le secteur en rachetant les participations de CIH Bank dans Maroc Leasing et Maghreb Titrisation. In fine, la participation de BCP dans Maroc Leasing et Maghreb Titrisation sera respectivement de 87,1% et 53,6%. L’objectif annoncé de la banque lors de l’opération était « d’optimiser les synergies avec ces deux filiales et consolider leurs gouvernances ».

Cela sera également une opportunité de bénéficier de dividendes supplémentaires intéressants. Pour Alpha Mena, « un focus sur Maroc Leasing confirme que l’activité du loueur marocain a souffert bien avant la crise COVID-19, mais la reprise de son activité signifie également une augmentation des dividendes étant donné sa stratégie de distribution généreuse ». Cela pourrait bien bénéficier au groupe BCP, dépendamment de l’intensité de la reprise sur le secteur leasing.

Une exposition plus prononcée aux créances en souffrances

La banque souffrira cette année d’une dégradation de la qualité de ses actifs, à l’instar du secteur. Dans une récente note, l’agence de notation américaine Fitch Ratings rappelait que ce phénomène allait toucher toutes les banques du pays, notamment à cause du retrait progressif des mesures d’aides de l’Etat et de l’exposition des banques aux secteurs fortement impactés (commerce de détail, tourisme, industrie, etc…).

Mais la société de recherche rappelle la bancaire demeure la plus exposée du secteur aux crédits en souffrance. Pour Alpha Mena, « le vrai challenge de BCP est d’assurer une croissance (organique et externe) rentable, peu consommatrice en fonds propres ». Cette hausse des crédits en souffrance viendrait impacter négativement les bénéfices du groupe et in fine, la créations de fonds propres supplémentaires. « La valeur intrinsèque pâtit déjà d’une valorisation chère mais également d’un ROE historiquement inférieur à son benchmark » conlut la société de recherche.

 

 

 

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