Banques cotées : le résultat net part du groupe devrait progresser de 63% en 2021 (CDG Capital Insight)

| Le 24/7/2021 à 6:36
CDG Capital Insight prévoit que le secteur bancaire devrait bénéficier de conditions monétaires toujours assez favorables. En face, les tensions sur le risque d’impayés devraient persister en 2021. Le secteur garde par ailleurs un bon potentiel de croissance en Afrique. Analyse.

Le secteur bancaire est parmi les secteurs privilégiés par CDG Capital Insight, d’après sa dernière note d’analyse, intitulée « vers une consolidation du marché actions » ; pour investir en bourse cette année.

Dans cette note, les analystes anticipent que les crédits bancaires devraient bénéficier de conditions monétaires toujours assez favorables. En face, les tensions sur le risque d’impayés devraient persister en 2021. Le secteur garde par ailleurs un bon potentiel de croissance en Afrique.

Plus en détails, CDG estime que ce secteur devrait bénéficier d’une toile de fond assez favorable, grâce notamment à la reprise de la croissance économique, la poursuite des mesures de soutien et de relance ainsi qu’une politique monétaire qui demeure globalement expansionniste.

« Toutefois, la poursuite de la détérioration de la qualité des actifs devrait pousser les banques à être plus exigeantes en resserrant leurs critères de risques quant à l’octroi des crédits ».

L’environnement global demeure risqué. « Cependant, nous pensons que les banques marocaines continuent à faire face à un environnement difficile avec des tensions continues sur la qualité de leurs d’actifs », souligne CDG Capital.

La montée des créances en souffrance constatée en 2020 devrait se maintenir.

Mais, les analystes de CDG pensent que les banques marocaines disposeront d’une aptitude à générer une croissance des bénéfices pour l’année 2021, profitant d’une base comparable favorable.

Dans ce sens, ils anticipent une hausse de 3,3% du PNB des banques cotées pour s’établir à 64,7 milliards de DH. Le coût du risque se maintiendrait un niveau élevé, mais en baisse de 12,7% par rapport à 2020.

Evolution du PNB du secteur

Les analystes tablent ainsi sur une croissance de 63% du résultat net part du groupe des banques marocaines cotées au cours de l’exercice 2021.

« La bonne tenue prévue du PNB couplée à la non-récurrence de la contribution au fonds Covid 19 devraient largement compenser les tensions sur le coût du risque, qui devrait à notre sens se maintenir à un niveau élevé, légèrement en baisse par rapport à celui de l’année 2020 », anticipent-ils.

Le potentiel de croissance en Afrique est au rendez-vous

Le secteur bancaire africain devrait continuer à offrir un potentiel important, d’après les anticipations de CDG.

« Les perspectives économiques sont prometteuses globalement, les taux de pénétration restent très bas et les niveaux de rentabilité sont assez élevés. Toutefois, nos banques marocaines évoluent dans un environnement des affaires encore instable et qui présente un ensemble de risques liés principalement à la fragilité des cadres réglementaires en vigueur, au coût élevé du risque et au renforcement des pressions concurrentielles ».

Ce potentiel est concentré spécialement dans la région UEMOA. CDG souligne que les banques dans cette région ont fait preuve d’une grande résilience face à la crise, malgré les effets de la pandémie.

« Pour l’année à venir, nous pensons que le système bancaire de la région UEMOA devrait continuer de bénéficier de perspectives de croissances économiques assez prometteuses avec des niveaux qui dépassent les 5% en moyenne selon les dernières prévisions du FMI. Ceci devrait se traduire à notre sens par une bonne tenue de l’activité d’intermédiation avec notamment une hausse de l’encours de crédits de 7,9% en 2021e contre 7,3% en 2020, selon nos prévisions. Par rapport aux indicateurs de risque, nous tablons sur un scénario assez prudent avec une légère détérioration du taux d’impayé et un coût du risque qui devrait se maintenir à un niveau élevé », anticipent les analystes.

Recommandations

Les valeurs bancaires couvertes par CDG se négocient à 22,6x leur capacité bénéficiaire en 2021e. Les analystes soulignent que ce niveau est supérieur au niveau moyen historique de 19,2x.« Néanmoins, le secteur bancaire se traite à un ratio P/B de 1,6.x ses fonds propres en 2021e, légèrement inférieur à son niveau moyen historique de 1,9x », précisent les analystes.

Parmi les banques cotées, le groupe CDM présente le meilleur potentiel de croissance, d’après CDG.« Avec des niveaux de P/E et P/B de 14x et 0,8x respectivement en 2021e, le CDM bénéficie des niveaux de valorisation attractifs comparés aux moyennes du secteur, tout en ayant des fondamentaux solides », expliquent les analystes.

CDG Capital recommande ainsi de renforcer Attijariwafa bank et BCP dans les portefeuilles, de conserver BMCI et d’acheter Bank of Africa et CDM.

Synthèse des recommandations

Source: CDG Capital Insight.

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