Auto Hall: bons leviers de croissance mais le contexte demeure incertain

B.B | Le 14/4/2022 à 17:38
Le groupe a toutes les cartes en main pour garantir une bonne croissance en 2022. Notamment grâce au lancement de trois nouvelles marques de voitures distribuées et de sa diversification sur le marché de l’occasion. Le groupe tirera également profit du faible taux d’équipement au Maroc. Les perturbations des approvisionnements injectent de l’incertitude dans le marché et pourraient peser sur les performances du groupe en 2022.

Le groupe Auto Hall a beaucoup profité du bon rebond des ventes de véhicules neufs au Maroc. Pour rappel, en 2021, le marché automobile a affiché une croissance de 31,5% de ses ventes par rapport à 2020 et même 5,7% par rapport à une année normative comme 2019.

Sur la période, le groupe a affiché un chiffre d’affaires consolidé de 5,08 MMDH en hausse de 28,7% par rapport à l’année précédente. Le groupe a également bénéficié d’une forte amélioration de sa capacité bénéficiaire avec un résultat net qui s’affiche à 264 MDH, en forte hausse de 83%, poussé notamment par une vente immobilière. Hors cession immobilière, il se serait affiché à 181 MDH, soit en hausse de 25,7%.

Cette année, une croissance plus douce est attendue sur le marché automobile du neuf, de l’ordre de 5% à 15% selon l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM). Auto Hall dispose de nombreux arguments pour consolider sa croissance sur le marché. Mais cette année, l’incertitude persiste quant aux perturbations d’approvisionnement qui pourrait fortement ralentir la dynamique observée en 2021. D’ailleurs, ces craintes ont été catalysées par le conflit en Ukraine démarré fin février. Le cours du groupe a baissé de 10% en YTD à 92,6 dirhams. Une baisse amorcée depuis fin février 2022.

Source : leboursier.ma

Le groupe dynamise son portefeuille de marques distribuées

En 2021, le groupe marquait déjà sa volonté de grandir et accélérer sa croissance. Comme nous le rappelle un analyste de la place, « il y a chez le groupe une volonté de grandir, notamment avec l’accroissement du portefeuille de marque. Ils ont intégré en 2021 la marque Foton qui est axée sur les utilitaires. Ils ont aussi intégré fin d’année 2021, la société SDA qui opère sur la marque Maserati ».

Il convient aussi de préciser que le groupe a scellé en novembre dernier, un partenariat de distribution avec le groupe automobile chinois Cherry, numéro 1 des exportateurs chinois. « Ils savent répondre à la demande dans les marchés émergents et sauront gérer la demande marocaine. Sa commercialisation commencera mi-2022 » poursuit notre source. Le groupe capitalise également sur la bonne croissance et l’importance de son réseau. Actuellement, Auto Hall dispose de 67 show-rooms et table sur 100 show-rooms d’ici 2025.

Un taux d’équipement national encore faible et l’ouverture du marché de l’occasion

Auto Hall dispose également d’une bonne marge de progression quant à ses ventes étant donné le niveau actuel d’équipement automobile au Maroc. Cela laisse présager un dynamisme de vente soutenu pour satisfaire la demande dans les années à venir. Notre analyste explique que « selon les données du HCP, nous sommes à 175 véhicules particuliers et utilitaires pour 1 000 habitants. Cela demeure relativement bas, surtout comparé à l’Europe. De l’ordre de 4x inférieur ».

Pour continuer de booster ses ventes, le groupe s’est également attaqué à un nouveau marché, celui de l’occasion. Cela s’est matérialisé courant 2021 avec le lancement de la plateforme Autocaz. « Il s’agit de l’un des événements marquants de l’année. Ils ont lancé cela en avril  2021 et ont écoulé sur les 9 premiers mois, un total de 1 100 voitures. Malgré le fait qu’ils soient nouveaux sur le marché de l’occasion, le groupe dispose d’une forte expertise sur le marché automobile. Il sait choisir quelle type de voiture est recherchée sur le marché et dispose d’un large réseau de distribution qui va permettre d’effectuer les ventes rapidement » explique l’analyste.

Ce marché de l’occasion est aussi une opportunité de mitiger les risques potentiels sur le marché du neuf. Car actuellement, et particulièrement depuis le T4-2020, l’industrie automobile et ses acteurs subissent différentes répercussions de la crise, notamment la pénurie des semi-conducteurs et les incertitudes sur les approvisionnements, aggravées par la guerre en Ukraine.

Une conjoncture qui demeure incertaine

Depuis plusieurs mois, des problèmes d’approvisionnement se font ressentir, notamment concernant les semi-conducteurs, primordiaux dans la conception des automobiles. Cela installe une forte incertitude sur le marché. « Nous sommes actuellement dans le flou. Nous ne savons pas combien de temps continuera cette crise des semi-conducteurs, nous pouvons difficilement mesurer à quel point l’impact la guerre en Ukraine impacte aussi les livraisons » explique notre source. En effet, plusieurs constructeurs automobiles avaient délocalisé leur production dans des pays d’Europe de l’est, notamment l’Ukraine. Cela impactera très probablement les livraisons.

« Avant la guerre, ce qui était anticipé était une normalisation du marché à mi-2022. Avec l’impact de cette guerre, la partie perte de pouvoir d’achat et l’inflation, il est possible que l’effet de perturbations dure plus longtemps que prévu. La réalité, c’est que personne ne peut prédire combien de temps cela va durer » explique l’analyste. Car selon notre source, le problème principal provient de ses perturbations en approvisionnement qui ralentissent les décisions d’achats et allongement des délais livraisons clients et non d’un tassement de la demande. « Il y a de la demande, incontestablement, mais il y a des difficultés de la part des opérateurs à la satisfaire » conclut-il.

In fine, le groupe connaîtra de la croissance avec le lancement de sa nouvelle activité sur l’occasion et le lancement de la commercialisation de nouvelles marques. Mais cette croissance sera probablement mitigée par les perturbations exogènes du marché. Actuellement, il est difficile d’en connaître l’ampleur.

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