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Deux professionnels de la place estiment que la décision de quitter la bourse est difficile à prendre et que plusieurs sociétés préfèrent rester cotées et profiter des avantages de la bourse malgré l’illiquidté de leurs titres.

Nexans Maroc quitte la bourse, quid des autres valeurs illiquides ?

Par M. Ett. | LE 14-04-2021 16:45
Deux professionnels de la place estiment que la décision de quitter la bourse est difficile à prendre et que plusieurs sociétés préfèrent rester cotées et profiter des avantages de la bourse malgré l’illiquidté de leurs titres.

Les titres les plus liquides de la cote casablancaise, qui sont au nombre de 20, ont été regroupés, en décembre dernier, dans le nouvel indice de la Bourse, MSI20.

En face, nombreuses sont les valeurs qui sont illiquides et qui font toujours partie de la cote.

Nexans Maroc en fait partie. Cette valeur a pris la décision de quitter la bourse. Nexans Participations a déposé auprès de l’AMMC un projet d’offre publique de retrait (OPR) visant les actions Nexans Maroc, afin de demander sa radiation de la Bourse de Casablanca. Sa cotation est suspendue depuis le 24 mars. L’AMMC examine en cette période la recevabilité de ce projet.

Qu’en est-il des autres valeurs qui souffrent d’une forte illiquidité mais qui continuent quand même d’être cotées à la Bourse ? Doivent-elles quitter la bourse ?

Joint par LeBoursier, un analyste de la place estime que « la décision de quitter la bourse dépend de la société elle-même. Elle doit voir si elle a toujours un intérêt de rester en bourse malgré le manque de liquidité de son titre ».

Et d’indiquer : « la majorité des valeurs qui sont cotés au fixing sont illiquides. On trouve par exemple Unimer, Zellidja, Timar, SRM, Rebab Company, Central Danone, Balima, etc».

A noter que la cotation au fixing se traduit par la confrontation de tous les ordres préalablement introduits par les sociétés de bourse dans le système de cotation électronique et, le cas échéant, par la détermination d'un cours unique pour chaque valeur. Pour sa part, la cotation en continu se traduit par la confrontation de tous les ordres au fur et à mesure de leur prise en charge par le système de cotation électronique, et le cas échéant, par la détermination d'un cours instantané pour chaque valeur.

« Pour le cas de Nexans, il s’agit d’une décision stratégique, qui n’est pas liée forcément à son illiquidité. Cela fait des années que le titre Nexans est illiquide. Ce n’est pas récent. Mais, malgré cela, le titre a été maintenu en bourse », indique-t-il.

« Certes, il y a plusieurs valeurs qui sont illiquide. Mais il faut analyser au cas par cas. Et au final, la décision dépend de l’intérêt de chaque émetteur », trouve notre interlocuteur en admettant par ailleurs que le fait de rester coté en bourse en étant illiquide durant plusieurs années « n’a pas de sens ».

Un membre du directoire d’une société de bourse souligne que « la première cause de l’illiquidté d’un titre est la capitalisation de la société. Quand celle-ci est petite, son flottant en bourse est généralement faible. Automatiquement, le nombre des actions qui peuvent être échangées est très limité ».

Un deuxième élément vient impacter la liquidité des titres : le modèle économique de la société. « Par exemple, il y a des sociétés qui sont tout le temps déficitaires. Du coup, les investisseurs les évitent ».

Quitter la bourse n’est pas une affaire facile

Notre interlocuteur estime que la décision de quitter la bourse « n’est pas facile à prendre ».

Et d’expliquer : « C’est une décision qui doit être prise par le management de la société et par l’actionnaire majoritaire. Pour ce faire, ils doivent préparer une opération de retrait des actions qui n’est pas toujours possible. L’actionnaire majoritaire doit avoir les fonds nécessaires pour racheter les fonds détenus par les minoritaires. Le calcul du prix de retrait est compliqué à déterminer aussi. Il ne peut pas être calculé en prenant par exemple une moyenne de cours sur un trimestre ou une année, vu que ces valeurs sont illiquides, elles ne bougent pas ».

Vu la complexité de l’opération, « les émetteurs préfèrent rester cotés. Et généralement l’illiquidté de leurs titres ne les dérange pas. Au contraire, ils préfèrent que leur titre soit stable et qu’in ne fluctue pas », pense-t-il.

De plus, « en restant cotés, ils gardent les avantages offerts par la bourse, notamment en gagnant de la notoriété et de la visibilité ».

Quel impact sur le marché ?

Les valeurs qui ne sont pas liquides n’impacte pas vraiment le marché.

« Généralement leur pondération dans l’indice est très minime, du coup, ces valeurs n’ont pas beaucoup d’impact sur le marché. Leur cours ne fluctue pas. Et ceux qui les détiennent les gardent pour le long terme. Leur illiquidité impacte plus les investisseurs qui les détiennent que le marché. S’ils décident un jour de les vendre, ils ne pourront pas le faire rapidement », explique notre interlocuteur..

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