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Les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib montrent une amélioration des indicateurs monétaires à fin mars 2021. Joint par LeBoursier, Ahmed Zhani, économiste en recherche macroéconomique et taux à CDG Capital commente et explique la hausse des dépôts et des crédits bancaires et la baisse du cash en circulation.

Ahmed Zhani commente l’amélioration des indicateurs monétaires à fin mars

Par M. Ett. | LE 03-05-2021 16:08
Les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib montrent une amélioration des indicateurs monétaires à fin mars 2021. Joint par LeBoursier, Ahmed Zhani, économiste en recherche macroéconomique et taux à CDG Capital commente et explique la hausse des dépôts et des crédits bancaires et la baisse du cash en circulation.

Les statistiques de Bank Al-Maghrib publiés à fin mars dégagent des signes d’amélioration des indicateurs monétaires.

Le cash en circulation poursuit sa baisse pour le second mois consécutif en reculant de 2 milliards de dirhams par rapport à fin février. Pour leur part, les dépôts bancaires augmentent de 11,8 milliards de dirhams en un mois. Pendant la même période, l’encours du crédit bancaire a augmenté de 1,9%.

Joint par LeBoursier, Ahmed Zhani, économiste en recherche macroéconomique et taux à CDG Capital, commente : « il y a une amélioration de l’évolution de la masse monétaire mais elle reste toujours impactée par la crise du Covid ».

Et d’expliquer : « Si on compare les chiffres actuels avec ceux enregistrés avant la crise, on voit qu’il y a une certaine amélioration en termes de taux de cash en circulation, mais un peu moins pour la distribution des crédits. Le taux de croissance des crédits reste modéré, il continue sur le même rythme d’évolution que l’année dernière. On voit qu’il y a plus de distribution des crédits trésorerie que d’équipement. Donc, on est plus dans une logique de de maintien des entreprises en vie que de création de nouvelles entreprises ou d’investissement ».

Pour sa part, « l’évolution des crédits aux ménages connait une certaine décélération des crédits à la consommation ce qui reflète le ralentissement de la consommation ».

« Pour les crédits immobiliers, on observe que ça ne bouge pas trop, ce qui reflète la morosité du secteur », ajoute-t-il.

Les dépôts à vue sont privilégiés en période de crise

Pour ce qui est de la masse monétaire au sens général, « l’agrégat M3 reste sur un niveau d’évolution relativement élevé. Cela s’explique par le fait que Bank Al-Maghrib veut accompagner la sphère monétaire et financière en cette période. Cela se voit à travers ses injections hebdomadaires. La banque centrale sert presque la totalité de la demande des banques contrairement aux années passées où elle injectait moins. BAM s’aligne en cette période plus sur la demande que sur le besoin. Dans ce contexte, l’agrégat M3 continue d’augmenter. Il a marqué une hausse de 9% en 2020, contre une moyenne de 4-5% observée au cours de ces dernières années », indique notre interlocuteur.

La hausse des dépôts concerne surtout les dépôts à vue. « Il y a une hausse de la masse monétaire qui est accompagnée d’une liquidité de plus en plus accentuée. Cette masse s’oriente plus vers les dépôts à vue que vers les dépôts à terme. Cette tendance s’explique par la crise et la préférence pour le cash et également par le niveau de taux qui a fortement baissé. La baisse du taux directeur s'est reflétée au niveau des taux créditeurs. C’est une transmission normale. Mais, qui dit baisse des taux dit moins d’intérêts pour l’épargne et plus d’intérêt pour garder le cash, surtout pendant cette période de crise, il y a des opportunités qui peuvent se manifester par exemple dans le marché immobilier ou le marché actions. Les gens préfèrent donc garder le cash que de le placer dans des produits avec des taux bas. C’est le revers de la médaille de la politique expansionniste de BAM. Certes, la baisse des taux encourage la distribution des crédits mais elle décourage l’épargne taux », souligne-t-il.

Notre interlocuteur trouve que « la baisse du cash est conjoncturel. Il y avait une forte hausse de la circulation du cash en 2020 et maintenant on observe un léger retour. Mais ce n’est pas un retour à l’évolution normale qui était observée avant la crise ».

En ce moment, l’économie marocaine est loin de sortir des séquelles de la crise. « On est loin d’un retour à la normale que ça soit en termes de l’évolution de la masse monétaire qu’en termes de l’évolution de la structure ou des composantes de cette masse monétaire. On devrait rester sur un taux d’accroissement de la masse monétaire relativement élevé et sur une liquidité plus accentuée de cette masse », continue-t-il.

Dans ces conditions, Ahmed Zhani estime que « la voie la plus appropriée pour la stabilisation des ressources financières en cette période de crise c’est plus tout ce qui est assurance et recapitalisation ».
 

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