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Le Trésor intensifie son recours au marché domestique à cause de la poursuite de la détérioration des comptes de l’Etat, conjuguée au durcissement des conditions de financement à l’international, explique Attijari Global Research dans son point mensuel sur l’évolution du budget de l’Etat.

Voici les causes de la hausse du recours du Trésor au marché domestique de la dette

 | LE 16-11-2020 16:19
Le Trésor intensifie son recours au marché domestique à cause de la poursuite de la détérioration des comptes de l’Etat, conjuguée au durcissement des conditions de financement à l’international, explique Attijari Global Research dans son point mensuel sur l’évolution du budget de l’Etat.

Dans son dernier point mensuel sur l’évolution du budget de l’Etat, Attijari Global Research explique le fort recours du Trésor au marché domestique, qui a été observé dernièrement, par la poursuite de la détérioration des comptes de l’Etat et le durcissement des conditions de financement à l’international.

Les comptes de l’Etat poursuivent leur détérioration et ce, « en dépit d’un contexte marqué par l’assouplissement des mesures du confinement et la reprise progressive de l’activité économique à partir du 3ème trimestre 2020 », souligne Attijari.

A rappeler que le déficit budgétaire s’est établi à 50,5 milliards de DH à fin octobre 2020, en hausse de 38,5% ou 14 milliards de DH par rapport à l’an dernier. De son côté, le solde ordinaire reste déficitaire à -13,4 milliards de DH contre un excédent de 12,7 milliards de DH une année auparavant. « Cette situation reflète un effet ciseau de plus en plus prononcé entre les recettes et les dépenses ordinaires », commente AGR.

Le déficit budgétaire devrait s’amplifier d’ici la fin de cette année. Attijari explique qu’« à deux mois de la fin d’année, le déficit budgétaire n’a atteint que 61% de celui prévu par la LFR 2020 contre 95% en octobre 2019 ». Ce retard est lié au « décalage apparent des dépenses d’investissement, variable d’ajustement du Trésor ».

A noter que l’investissement était en retrait de 6,1% à 49,78 milliards de DH à fin Octobre 2020. Les dépenses d'investissement dégagent un taux de réalisation de 70,3% à fin octobre 2020, contre 92,1% une année auparavant. 

Selon les estimations de la société de recherche, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de cette année devrait s’établir à 45,8 milliards de DH tenant compte d’un reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor estimés par la LFR à 26,7 milliards de DH et des tombées du Trésor restantes à fin 2020 réalisées exclusivement sur le marché intérieur, à hauteur de 19,1 milliards de DH.

Face à cette situation, et avec le durcissement des conditions de financement à l’international « après le mouvement d’abaissement des notations souveraines de plusieurs pays émergents y compris le Maroc » ; le Trésor devrait poursuivre sa forte mobilisation du marché domestique. 

Attijari a revu à la baisse ses prévisions pour le recours du Trésor au marché extérieur. Ce dernier ne devrait pas dépasser les 14 milliards de DH d’ici la fin de cette année. Par conséquent, le Trésor mobilisera le marché intérieur à hauteur de 31,9 milliards de DH d’ici la fin de cette année, soit 16 milliards de DH en moyenne par mois.

Tenant compte de ces prévisions, la dette du Trésor devrait atteindre 831 milliards de DH en 2020. Ses composantes devraient évoluer comme suit :

> La dette intérieure devrait dépasser 640 milliards de DH en 2020, en hausse de 9,3% par rapport à son niveau observé en 2019. Celle-ci tient compte d’une levée nette du Trésor à fin octobre 2020 de 41,9 milliards de DH ;

> La dette extérieure du Trésor devrait augmenter de 17,4%, passant de 161,5 en 2019 à 189,6 milliards de DH en 2020. Elle devrait représenter une part de 22,8% de la dette globale du Trésor en 2020, contre une moyenne de 21,4% durant la période 2017-2019.

Au vu de tout ce qui précède, le taux d’endettement du Trésor devrait dépasser le seuil des 78% en 2020 contre 64,9% en 2019, d’après les estimations d’AGR qui ajoute : « Rapporté au PIB, l’endettement intérieur devrait croître de 9,4 pts, passant de 50,9% en 2019 à 60,3% en 2020. Pour sa part, le taux d’endettement extérieur devrait avoisiner le seuil des 18% en 2020 contre 14,0% en 2019 ».

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