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Le manque de visibilité et le problème de l’illiquidté en bourse pénalisent les investisseurs qui n’arrivent pas à réagir face aux résultats semestriels publiés, d'après deux investisseurs de la place. 

Résultats des sociétés cotées : la capacité des investisseurs à réagir semble limitée

Par Mouna Ettazy  | LE 03-10-2020 11:19
Le manque de visibilité et le problème de l’illiquidté en bourse pénalisent les investisseurs qui n’arrivent pas à réagir face aux résultats semestriels publiés, d'après deux investisseurs de la place.

La chute de la masse bénéficiaire des sociétés cotées au 1er semestre 2020 était attendue par les investisseurs en bourse. Pour rappel, les bénéfices des sociétés cotées ont chuté de 56% au premier semestre à cause des impacts de la crise du Covid-19.

Contacté par LeBoursier, le directeur général d’une holding de participations de la place, présente dans le tour de table de plusieurs sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, -et qui a une stratégie d’investissement moyenne et long-termiste -, affirme : « On a enregistré des pertes sur plusieurs valeurs mais, globalement, les résultats semestriels réalisés sont assez conformes à nos attentes vu la crise par laquelle on passe ».

Sur le même registre, le directeur d'investissement d'institutionnel de la place nous indique que « certes, on ne pouvait pas anticiper avec exactitude l’ampleur des impacts de la crise, mais la baisse des résultats était attendue. Et puis, ce sont les résultats semestriels qui reflètent l’impact réel de la crise. On n’a pas pu apprécier cet impact lors des publications du 1er trimestre parce que la crise n’avait touché que le mois de mars ».

Le problème de la liquidité des titres s’aggrave

Les investisseurs n’arrivent pas à réagir face aux résultats publiés. « On n’arrive pas à réajuster nos portefeuilles d’actions en temps réel parce que la bourse souffre d’un problème de liquidité. Ce problème s’est aggravé avec la crise actuelle. La preuve, les volumes en bourse sont devenus très faibles. Les transactions sont quasiment à l'arrêt. Dans ces conditions, on subit et les bonnes nouvelles et les mauvaises, sans pour autant pouvoir réagir », le DG de la holding.

En se basant sur l’historique des volumes échangés sur la bourse de Casablanca durant le 3ème trimestre de l’année (période de publication des résultats T2 et S1), le volume moyen quotidien des échanges se situe à 77,7 millions de DH. Pendant la même période de l’année précédente, le volume moyen des échanges oscillait autour de 225 millions de DH. Les échanges ont donc baissé de plus de 65% au 3ème trimestre.

Notre source souligne que «même quand on repère un titre qui mérite d’être acheté, on n’arrive pas à le faire. Et si on veut se débarrasser d’un titre, il n’y a personne pour l’acheter ».

Ainsi, « tant que la bourse est illiquide, on ne peut pas effectuer des mouvements. Le problème émane du fait que les introductions en bourse des entreprises n’ont pas été bien encouragées. On reste avec le même nombre d’entreprises cotées qu’il y a vingt ans. Il n’y a pas de papiers frais. Les investisseurs n’ont pas où mettre leur argent. On a asséché quasiment tout le flottant au fur et à mesure des années. Avec ces conditions, les particuliers sont pratiquement absents de la bourse », analyse-t-il.

A rappeler que la dernière introduction à la bourse de Casablanca, réalisée par Mutandis, remonte à fin 2018. Cette IPO succédait à celle de Immorente Invest (mai 2018). L’année 2019 n’a connu aucune introduction. Et 2020 semble ne pas être propice pour ce genre d’opération.

Le directeur d'investissement, lui, estime que les investisseurs font face à des dilemmes en cette période de crise. « En tant qu’investisseur, on est face à un dilemme en cette période. Entre investir dans le taux, qui n’offre pas beaucoup de rentabilité, et investir dans l’action, tout en sachant que ça reste un investissement risqué, il s’avère difficile de trancher. L’arbitrage dans cette situation dépend de l’aversion au risque et du profil de chaque investisseur, et de la proportion de chaque classe d’actif dans l’investissement total », explique-t-il.

Un autre dilemme s’ajoute à l’équation. « Ce qui complique davantage l'arbitrage c'est la capacité d’investissement très limitée par rapport aux années précédentes en raison du manque de liquidités dû au retard pris dans le recouvrement et de l'annulation ou la suspension de la distribution de certains dividendes », ajoute-t-il.

Des titres continuent de présenter des opportunités d’investissement malgré la baisse des réalisations des sociétés cotées. « C’est clair qu’il y a des opportunités sur lesquelles on peut se positionner en bourse, notamment les valeurs bancaires qui restent des titres intéressants et qui connaissent des baisses de cours. Il est intéressant de les acheter en ce moment pour réguler le coût moyen pondéré et constituer des plus-values latentes dans le futur », continue notre interlocuteur.

Toutefois, « même si on passe par des opportunités, on reste limités à cause du problème de la liquidité combiné à un manque de visibilité », insiste-t-il.

Notre interlocuteur tient à préciser que «la publication des résultats n'a pas forcément impacté les décisions des investisseurs, notamment les institutionnels qui adoptent une stratégie long-termiste. En effet, malgré la dégradation des résultats, ces investisseurs restent positionnés sur les valeurs fondamentalement solides à long terme ».

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