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Ce reprofilage ne va pas demander une nouvelle émission d’obligations, d’après Fayçal Idrissi Qaitouni, directeur général de Résidences Dar Saada, joint par LeBoursier. Un analyste de la place estime que ce type d’opération est une chose raisonnable, spécialement dans le contexte actuel.

Résidences dar Saada reprofile son emprunt obligataire à cause de la crise

Par M. Ett. | LE 04-11-2020 15:38
Ce reprofilage ne va pas demander une nouvelle émission d’obligations, d’après Fayçal Idrissi Qaitouni, directeur général de Résidences Dar Saada, joint par LeBoursier. Un analyste de la place estime que ce type d’opération est une chose raisonnable, spécialement dans le contexte actuel.

Dans un avis de réunion, diffusé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), on apprend que les détenteurs des obligations de Résidences Dar Saada sont convoqués en Assemblée générale des Obligataires, le vendredi 4 décembre 2020, afin de délibérer sur le reprofilage de l’emprunt obligataire d’un montant initial de 250 millions de DH, émis en date du 5 octobre 2017. 

Cette opération s’explique par « l’impact de la crise sanitaire actuelle sur l’activité de la société et sa trésorerie », peut-on lire sur l’avis de réunion. L’avis de réunion ne précise pas les modalités de cette opération. 

Il s’agit en fait du deuxième avis de réunion des obligataires publié concernant cette opération. Au niveau de la première convocation, qui date du 1er octobre dernier, il y avait une deuxième résolution qui soulignait : « A défaut d’approbation de la première résolution portant sur le reprofilage, prorogation jusqu’au 7 décembre 2020 du délai de paiement de la prochaine échéance du capital restant ».

Fayçal Idrissi Qaitouni, directeur général de Résidences Dar Saada, joint par LeBoursier, nous déclare qu’ « on va reprofiler le capital restant dû de cet emprunt, compte tenu des impacts de la crise sanitaire ».

Et de préciser : « le reprofilage est déjà acté. C’est juste ses termes qui sont en train d’être arrêté ».

Le DG de Résidences Dar Saada explique la publication de deux avis par le fait que « tout le schéma était en cours de validation ». 

Est-ce que le reprofilage va être réalisé à travers une nouvelle émission d’obligations ? « Non, il n’y aura pas de nouvelle émission. C’est dans le cadre du même crédit. C’est juste un petit reprofilage qui porte sur un petit report du délai de paiement », indique-t-il.

Pour le moment, le DG de l’immobilière ne peut pas communiquer sur les modalités de cette opération « tant que ce n’est toujours pas public », affirme-t-il.

A rappeler que Résidences Dar Saada a enregistré une forte dégradation de ses indicateurs financiers au premier semestre. Son chiffre d’affaires consolidé a chuté de 23% à 473 millions de DH à cause des retards dans la livraison des projets induit par la crise sanitaire. Pour leur part, les préventes du groupe ont reculé de 65,2%. Et l’immobilière a soldé le premier semestre avec un déficit de 36 millions de DH.

Les immobilières optent de plus en plus pour des opérations de reprofilage de la dette

Addoha devrait, elle aussi, reprofiler sa dette prochainement. Cette immobilière compte en effet convertir 600 millions de DH de billets de trésorerie en obligations. Ses actionnaires devront statuer sur cette opération le 9 novembre. Addoha est habituée à ce type d’opération. 

Alliances, la troisième immobilière cotée à la bourse de Casablanca, a, elle aussi, eu recours à cette opération en décembre 2019, dans le cadre de son plan de restructuration financière.

Un analyste de la place estime que cette pratique « n’est pas surprenante, surtout dans le contexte actuel. Ces sociétés préfèrent transformer la dette en des crédits à long terme pour ne pas avoir à payer maintenant. C’est une chose raisonnable, qui peut être bénéfique à ces entreprises puisqu’elles vont limiter leurs charges d’intérêt à court-terme ».

« Certes, cela confirme qu’elles ont des difficultés à payer, mais ça on le savait déjà. Cette opération va les laisser respirer un peu », pense-t-il. 

Les difficultés du secteur immobilier ne datent pas d’hier. Les immobilières étaient déjà fragilisées et connaissaient des pressions sur leur trésorerie bien avant cette crise. Celle-ci n’a fait qu’empirer la situation. 

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