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Forte de sa présence internationale et de sa technologie brevetée en intelligence artificielle, la jeune startup peut désormais compter sur une levée de fonds de 10 millions de dirhams auprès de MNF II pour accélérer son expansion. 

 

Qui est Atlan Space, la startup qui a réalisé la plus grosse levée auprès de Maroc Numeric Fund II ?

 | LE 04-11-2020 16:10
Forte de sa présence internationale et de sa technologie brevetée en intelligence artificielle, la jeune startup peut désormais compter sur une levée de fonds de 10 millions de dirhams auprès de MNF II pour accélérer son expansion.

Dans une année 2020 où les startups connaissent une période particulièrement difficile, un financement pour le moins encourageant s'est concrétisé le 2 novembre. La startup Atlan Space spécialisée en intelligence artificielle (IA) dans le guidage des drones, a levé 10 millions de dirhams auprès de Maroc Numeric Fund II. Il s’agit du troisième et du plus gros investissement effectué par le fonds depuis sa création.

Atlan Space a été fondée en 2016 par Badr Idrissi et Younes Moumen. « Nous sommes tous les deux issus du monde des technologies. J’avais pour ma part commencé dans le technique en tant qu’ingénieur en télécommunications réseau avant de rapidement me tourner vers la vente. J’ai débuté chez Siemens, puis je suis passé par Nokia ou encore Microsoft. Younes quant à lui était directeur technique de plusieurs entreprises marocaines dans le secteur de la technologie et avait de l’expérience dans le développement de brevets et la propriété intellectuelle qu’il enseignait à l’Université Internationale de Rabat » nous explique Badr Idrissi, CEO d’Atlan Space.

Se lançant dans l’entrepreneuriat, les deux fondateurs cherchent un moyen de répondre aux problèmes de la pêche illégale, à laquelle ils ont été sensibilisés lors de la COP22 à Marrakech. 

L’utilisation de la donnée à des fins environnementales

La réponse se trouve en partie dans l’intelligence artificielle et l’imagerie par drone. La société se spécialise dans l’élaboration de logiciel d’IA embarquée visant à rendre les drones de leurs clients (ONG, entreprises privées ou gouvernements) parfaitement autonomes dans leur cartographie des activités de pêcherie et maritimes. Une technologie dont la société est entièrement propriétaire. « Leur technologie est le résultat de nombreuses années de développement et enregistre plusieurs brevets déposés au nom de la société, au Maroc et ailleurs » nous informe Omar El Hyani, directeur de l’investissement de Maroc Numeric Fund II.

L’objectif de la jeune pousse, « le développement à travers la technologie civile, de la surveillance de larges zones géographiques pour identifier des anomalies ou des risques environnementaux ou liés à la vie humaine » nous précise le CEO. Mais l’entreprise ne s’arrête pas là. « Nous avons réalisé que ce schéma pouvait également s’appliquer à la partie déforestation comme à la désertification ou l’activité minière illégale » poursuit le CEO.

Concrètement, comment cela fonctionne ? Badr Idrissi nous explique le fonctionnement de la technologie Atlan Space : « Elle repose dans un premier temps sur la navigation autonome. Une personne délimitera un champs de la zone à surveiller et automatiquement l’IA calculera si c’est 1 ou 10 drone qui doivent surveiller cette zone là et à quelle fréquence. Une fois le chemin identifié, tout est géré par l’IA, du décollage à l’atterrissage du drone. Ensuite, il s’agit ici de la collecte de photos (infrarouge, multispectral ou autre) et le traitement des anomalies associées à ces photos. Cela permet de savoir si un bateau, par exemple, se trouve à un endroit précis de façon légale ou illégale en identifiant son nom et son inscription homologuée sur la zone en question. Toutes ces données sont transmises en temps réel par l'IA à l’utilisateur. Il n’y a pas besoin d’attendre que le drone atterrisse pour récolter et traiter les données ».

Le succès à l’international

Leur technologie leur vaut un premier contrat avec le gouvernement Seychellois avec le soutien de National Geographic pour prévenir la pêche illégale dans l’archipel. Un premier aboutissement qui leur permet d’être repéré par le fonds d’investissement norvégien Katapult Ocean, accompagnant les startups ayant un impact positif sur les écosystèmes marins. « Nous avons été contacté par ce fonds après qu’ils aient vu ce que l’on faisait aux Seychelles. Il nous a proposé un programme d’accompagnement plus un investissement en seed d’un montant de 250 000 dollars l’année dernière (2,3 millions de dirhams) » détaille Badr Idrissi.

« Par la suite nous avons été contacté par d’autres acteurs internationaux, pas uniquement pour la pêche illégale, mais aussi dans des missions humanitaires pour les aider à surveiller de larges territoires géographiques » poursuit le CEO d’Atlan Space. La société a également déployé sa solution pour un client au Niger pour le répérage des migrants en détresse. Pour des raisons de confidentialité, Atlan Space a refusé de communiquer le nom de son client.

Cette présence à l’international est d’ailleurs une des raisons qui a poussées MNF II a miser sur la startup. « L’investissement a d’abord été drivé par l’équipe de très grande qualité et mené par deux experts complémentaires. Ce qui nous a surtout séduit c’est que la société a déjà démarré ses activités hors du Maroc alors qu’elle dispose d’une équipe 100% marocaine et basée au Maroc. Cela donne des perspectives de développement à l’international qui sont très rassurantes » nous confie Omar El Hyani.

Une levée de fonds pour faire face à la demande

Désormais l’ambition de l’entreprise est de poursuivre son trend de croissance et faire face à la demande internationale. « Nous recevons des requêtes de beaucoup d’acteurs internationaux. USA, Asie, Amérique Latine, Afrique… Il faut désormais que l’on puisse passer à l’échelle et que l’on fasse grossir l’équipe pour avoir les moyens de faire ce que l’on nous demande. Il faut savoir que nous avons affaire à des clients potentiels avec qui les négociations sont longues et il faut pouvoir discuter 6 ou 8 mois pour pouvoir signer quelque chose. C’est tout un process qui nécessite beaucoup de cash » explique Badr Idrissi.

Mais si la Covid-19 a engendré un ralentissement dans les discussions et les signatures de contrat, elle renforce encore plus les opportunités de son produit. « Le fait que l’on ne peut plus se déplacer et se rencontrer en face à face pour instaurer une confiance retarde les discussions et la concrétisation des contrats. Mais cette pandémie est propice à l’automatisation de process et la réduction de l’intervention humaine. Donc on pense que ce que l’on fait peut avoir du sens dans le contexte actuel » argumente le CEO.

Pour ce qui est de son activité sur le territoire national, le CEO nous confie que « pour le Maroc, nous avons une première commande pour un nouveau produit que nous lançons dans les prochaines semaines. C'est une nouvelle utilisation de la technologie avec un nouveau segment utilisateurs et de nouvelles fonctionnalités mais qui respecte notre vision de drone pour l'environnement et l'humanitaire ». Pas plus de détails sur le sujet, confidentialité oblige.

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