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Les clients de la CTM peuvent désormais acheter leurs billets d’autocar en utilisant le paiement mobile au niveau de ses agences. Joint par LeBoursier, Reda Douihri, Directeur des Activités Supports à CTM, explique pourquoi cette solution a été lancée et les raisons qui le poussent à croire en son développement au Maroc. 

Paiement mobile : La CTM l'a lancé, voici pourquoi elle y croit

Par M. Ett. | LE 17-02-2021 18:33
Les clients de la CTM peuvent désormais acheter leurs billets d’autocar en utilisant le paiement mobile au niveau de ses agences. Joint par LeBoursier, Reda Douihri, Directeur des Activités Supports à CTM, explique pourquoi cette solution a été lancée et les raisons qui le poussent à croire en son développement au Maroc.

La CTM dispose, depuis le 8 février 2021, des solutions de paiement mobile au sein de ses agences. La société offre à ses clients la possibilité de payer via téléphone mobile en utilisant soit le code QR ou le paiement NFC (Near Field Communication ou paiement sans contact).

La compagnie promeut cette solution sur les réseaux sociaux comme étant une méthode de paiement rapide et sécurisée qui présente plusieurs avantages dont le respect des mesures sanitaires.

Joint par LeBoursier, Reda Douihri, directeur des activités support à CTM, nous indique que :« notre objectif est d’offrir à notre clientèle un nouveau moyen de paiement, à côté de l’espèce, le TPE et le paiement en ligne. Nos clients qui sont dotés de wallets sur leur téléphone peuvent désormais payer leurs billets d’autocar à travers cette solution ».

Cette solution est disponible uniquement sur les terminaux de paiement au niveau des agences CTM. « Il s’agit des mêmes terminaux que nous utilisons pour le paiement par carte, à savoir les TPE. La seule différence est qu'avec le paiement mobile, au lieu de payer par carte, on a soit la possibilité de scanner un code QR avec l’application du paiement mobile que le client a sur son téléphone, soit il rapproche son téléphone à ces terminaux pour un paiement NFC et la transaction se fait. Il faut donc être présent au niveau de l’agence », nous indique notre interlocuteur.

Cette solution, qui est interopérable, a été préparée en partenariat avec le CMI. « Cette technique de paiement est basée sur l’interopérabilité avec toutes les solutions mobiles, toutes les banques et tous les opérateurs téléphoniques », précise-t-il.

Ce mode de paiement ne coûte rien pour l’utilisateur. « Le prix du billet ne change pas quand on utilise cette solution. C’est nous qui supportons la commissions que nous versons aux banques ou au CMI. C’est la même chose pour le paiement mobile ».

La crise sanitaire favorisera le développement du paiement mobile

Quelques clients de CTM ont déjà commencé à utiliser le paiement mobile pour l’achat de leurs billets d’autocar, d’après Reda Douihri qui souligne par ailleurs que « cette solution connaitra un succès une fois que le paiement mobile sera généralisé pour l’ensemble de la population. C’était très important pour nous d’offrir cette solution à notre clientèle. Nous voulons encourager le paiement mobile et accompagner son déploiement au Maroc ».

Et de continuer : « Maintenant, il faudrait peut-être un peu plus de temps à la clientèle pour pouvoir adopter cette solution mais on est sûr qu’elle connaitra un engouement, surtout dans le contexte actuel. Nous avons pu observer, qu’avec la pandémie, les ventes digitales ont augmenté d’une manière assez importante. Les gens sont maintenant encouragés à effectuer leurs paiements via internet. Le paiement mobile va dispenser les gens de manipuler du cash en cette période de pandémie. C’est une solution qui aura du succès à l’avenir ».

« Quand on compare, il y a très peu de cash qui circule au niveau des compagnies de transport dans plusieurs pays. Au Maroc, on se dirigera certainement vers cette tendance. On l’a vu en Afrique subsaharienne où le paiement mobile marche d’une manière très fluide. Il n’y a pas de raison pour qu’au Maroc ça ne marche pas », estime notre source.

Et puis, avec la crise qu’on vit, « un changement des habitudes de consommation est en train d’être opéré ». Cela jouera donc en faveur du développement de cet écosystème.

Il importe de rappeler que la crise liée du Covid, a fait augmenter le nombre de portemonnaies mobiles en 2020, mais le nombre des transactions est resté faible.

Jusque là, lente évolution de l’écosystème du paiement mobile au Maroc

Le paiement mobile se déploie progressivement mais lentement au Maroc.

Les solutions de paiement mobile ont commencé à être lancées par différents opérateurs depuis 2018, mais l’interopérabilité faisait défaut. Cette solution permet d’effectuer des transactions entre les wallets de différents opérateurs.

Le démarrage de l’interopérabilité dans le paiement mobile est devenu effectif depuis début juin 2020, comme nous l’avait annoncé Ismail Bellali, directeur général adjoint chez le CMI, dans un article précédent.

Malgré la mise en place de l’interopérabilité, l’écosystème du paiement mobile n’est toujours pas complet à cause de la réticence des commerçants d'adhérer à ce mode de paiement.

Rappelons qu’afin d’encourager les petits commerçants, le gouvernement a introduit une incitation fiscale dans la loi de finances rectificative 2020, adoptée fin juillet dernier, consistant en l’exonération totale du chiffre d'affaires réalisé par paiement mobile.

Rappelons également que les transferts du programme Tayssir se feront par paiement mobile. Et c’est le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, qui a insisté pour que les aides du programme Tayssir soient acheminées via paiement mobile pour permettre à cet écosystème de se développer et montrer à large échelle aux Marocains les avantages et le fonctionnement de cet outil.

Le Wali de BAM avait en effet exprimé son mécontentement, lors du conseil tenu en septembre 2020, par rapport au retard du déploiement du paiement mobile. Il avait souligné que « nous avons 1,5 million de wallets, tous les tests du switch ont été effectués, le GIE des opérateurs a été constitué. Maintenant, les parlementaires, dont certains dénoncent la création d'une nouvelle catégorie de commerçants avec des avantages fiscaux, doivent être partie prenante pour faire naitre cet écosystème. Il faut qu'ils soutiennent le paiement mobile en adoptant des incitations fortes pour encourager les commerçants à adhérer à l'écosystème ».

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