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Les plus fortes variations

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A cause de la crise sanitaire, sur les 75 sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, seulement 12 ont évolué positivement depuis le début de l'année. A la hausse comme à la baisse, voici 6 variations parmi les plus norables.

Mines, technologies, immobilier, banques... voici les plus fortes variations en bourse à fin août

 | LE 03-09-2020 14:44
A cause de la crise sanitaire, sur les 75 sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, seulement 12 ont évolué positivement depuis le début de l'année. A la hausse comme à la baisse, voici 6 variations parmi les plus norables.

Depuis le début de l'année, le Masi lâchait près de 17% de sa valeur au 31 août. En terme de capitalisation, la place boursière casablancaise affichait à la même date un recul de 16,28%. Mais dans cette tempête boursière, certaines valeurs ont montré plus de résilience et ont su profiter des opportunités. En voici trois qui ont compté parmi les plus fortes variations positives depuis le 1er janvier.

La SMI profite de l’explosion du cours de l’argent (+53,06%)

Avec un cours qui s’est apprécié de plus de 53% depuis début 2020, la Société Métallurgique d’Imiter a enregistré la meilleure performance de la place, passant de 1 568 dirhams l’action à 2 400 dirhams l’action.

Lors de la publication de ses résultats financiers du second trimestre, la firme a présenté un chiffre d’affaires en hausse de 4% sur le T2 2020 à 261 millions de dirhams, et ce, malgré un léger recul de la production. Un résultat principalement tiré par la forte hausse du cours de l’argent, en croissance de 16% depuis le début de l’année, engendré par l'afflux des investisseurs vers les métaux précieux en temps de crise. « Sachant que la société ne produit que de l’argent, il y a un potentiel haussier certain. Il y avait déjà une tendance haussière de long terme observée sur cette valeur depuis son profit warning en 2018. La reprise est largement actée depuis et se voit catalysée par la hausse des cours de l’argent », nous explique un analyste de la place.  

Disway a joui des forts besoins en équipement informatique (+21,84%)

Avec un cours qui s’est apprécié de près de 22% depuis le début de l’année, passant de 333 dirhams l’action à une valeur de 405 dirhams l’action au 31 août 2020, Disway enregistre l'une des meilleures performances de la place.

L’entreprise a en effet profité d’une conjoncture apportée par le coronavirus où le confinement a poussé de nombreuses entreprises à inviter leurs collaborateurs à pratiquer le télétravail et ainsi augmenter les besoins en équipements informatiques. Dans ses résultats du T2 2020, la firme a d’ailleurs annoncé un CA semestriel en hausse de 3,3%, atteignant 826 millions de dirhams contre 799 millions de dirhams un an auparavant. Des résultats boostés par la demande accrue durant le mois de mars. « La demande des entreprises a fortement poussé les vente à la hausse, mais désormais, l’action a atteint les 400 dirhams, il reste à voir s’il y aura un essoufflement d’ici les prochains mois » confie au Boursier un analyste de la place. En effet, les indicateurs du second trimestre de l’entreprise montre également une baisse de 4,1% du chiffre d’affaires sur le T2, largement plus exposé au confinement que le T1 2020.

HPS : marché prometteur et valeur sûre (+18,67%)

En croissance de près de 19%, HPS était échangée à 4.450 dirhams l’action au 31 août 2020 contre 3.750 dirhams au début de l’année.

« Il faut savoir que c’est une valeur de forte croissance. Si vous observez son évolution au cours des dernières années, vous verrez qu’elle double presque de valeur tous les ans » explique l’analyste. Affichant lors de ses derniers résultats un revenu récurrent en hausse de plus de 12% sur le premier semestre, la firme peut compter sur la progression de ses activités processing en croissance de près de 18%. « Sans crise du Covid-19, le cours aurait beaucoup plus augmenter. La société est sur un marché qui prend de plus en plus de place (paiements digitalisés), et sachant que les transactions non-cash augmentent de 15% à 20% tous les ans, l’activité ne peut aller qu’à la hausse » poursuit l’analyste.

Sur une dynamique plus représentative du marché boursier actuel, de nombreuses sociétés font face à un manque de visibilité et des répercussions sévères de la crise sur leurs cours de bourse. En voici trois qui ont compté parmi les plus fortes variations à la baisse depuis le 1er janvier.

Résidences Dar Saada: le confinement et les difficultés sectorielles plombent le cours (-56,8%)

La promotion immobilière, déjà dans l’expectative et la difficulté, n’a pas été épargnée par les effets de la Covid-19. Chute des préventes et des livraisons, chantiers à l’arrêt… Les répercussions se sont faites ressentir chez Résidences Dar Saada qui a accusé une chute de 24% de son CA et de 65% de ses préventes, passant de 2 502 unités au S1 2019 à 870 unités au S1 2020.

Le cours en bourse de l’entreprise a accusé la plus lourde chute de la place casablancaise avec un effondrement de près de 57%. Echangée à 56 dirhams l’action au début d’année 2020, le cours était de 24,18 dirhams l’action au 31/08. Contacté, un analyste nous confie que « à la base, il y avait un gros problème de visibilité sur ce qui allait se passer sur ce secteur. Notamment avec la fin des avantages fiscaux sur les logements sociaux qui représentent 70% du CA du groupe. Le gouvernement n’a pas encore communiqué sur le sujet, donc sans ses avantages, l’avenir parait sombre ». L’analyste poursuit, « qui plus est, l’arrêt des chantiers et l’impact financier sur les ménages rajoute une grande difficulté et une incertitude sur l’avenir de RDS ».

Risma : victime des restrictions sanitaires (-50,6%)

Echangée en début d’année à 170 dirhams l’action, le cours passait au 31 août 2020 à 84 dirhams l’action. Une chute de 50,6% du cours, largement causée par les restrictions durant la crise sanitaire.

 

Entre fermetures des frontières et des hôtels, l’activité de Risma, comme l’ensemble du secteur hôtelier a été fortement impactée. Dans son communiqué financier du second trimestre 2020, la société a affiché un CA consolidé en retrait de 53% sur S1 2020 et un taux d’occupation en chute de 30 points sur la même période. « Naturellement avec les lignes aériennes et les frontières fermées, il n’y pas de touristes, donc des hôtels fermés. Aujourd’hui encore, les hotels sont à un taux d’occupation de 20% » explique l’analyste. Une conjoncture fortement nuisible d’autant plus qu’à la fin de l’exercice 2019, la société affichait des indicateurs dans le vert avec un RNPG en hausse de 39 millions de dirhams sur l’année. « La société menait une politique d’assainissement depuis 2 ans et au moment où elle redressait la barre, la crise est arrivée » poursuit l’analyste.

Bank of Africa : Anticipation d’un lourd provisionnement  (-32,29%)

Alors que toutes les banques pâtissent de la crise sanitaire, Bank Of Africa est celle qui, d’un point de vue boursier, a accusé la plus lourde chute avec près d’un tiers de valeur perdu entre le 1er janvier et le 31 août. Echangée à 192 dirhams au début de l’année, l'action est descendu à 130 dirhams l’action.

La banque a affiché lors de ses derniers indicateurs trimestriels un PNB en croissance de 3,4% sur le S1 2020 ainsi qu’une hausse de près de 8% de ses crédits à la clientèle. Mais la crainte d'un résultat net en forte baisse à cause des impayés a ralenti les investisseurs bien avant la publication de ces indicateurs. Un analyste de la place explique au Boursier, « Le PNB est certes en légère hausse, mais les perspectives de résultats ne sont pas du tout réjouissantes. Comme pour beaucoup de banques le résultat sera en forte baisse car il y aura une dégradation de la qualité du portefeuille, ce qui poussera à provisionner. BoA est peut être plus sanctionnée car elle a un portefeuille plutôt fourni d'actifs immobiliers provisoires. Donc son effort de provisionnement risque d’être plus important que pour d’autres banques ».

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