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Depuis le 1er janvier, le Maroc et le Royaume-Uni appliquent l’accord d’association régissant leurs échanges commerciaux après le Brexit. Les deux pays souhaitent désormais aboutir à un accord de libre-échange. Des opportunités se dressent pour le Maroc notamment dans la volonté du Royaume-Uni de raccourcir les chaines d'approvisionnement pour atteindre ses marchés. Rabat compte également capitaliser sur sa position stratégique de porte d'entrée vers l’Afrique de l’Ouest où le Royaume-Uni est peu présent.

Maroc-Royaume Uni : Perspectives favorables de développement économique post Brexit dressées par les deux parties

Maroc-Royaume Uni : Perspectives favorables de développement économique post Brexit dressées par les deux parties
Photo de la signature en octobre 2019 de l'accord d'association Maroc-Royaume Uni
 | LE 17-02-2021 16:44
Depuis le 1er janvier, le Maroc et le Royaume-Uni appliquent l’accord d’association régissant leurs échanges commerciaux après le Brexit. Les deux pays souhaitent désormais aboutir à un accord de libre-échange. Des opportunités se dressent pour le Maroc notamment dans la volonté du Royaume-Uni de raccourcir les chaines d'approvisionnement pour atteindre ses marchés. Rabat compte également capitaliser sur sa position stratégique de porte d'entrée vers l’Afrique de l’Ouest où le Royaume-Uni est peu présent.

Le 11 février, un webinaire organisé par la Chambre de Commerce Britannique au Maroc a été organisé sous le thème "Post-Brexit : Nouvelles Opportunités pour l’économie Marocaine ?".

Depuis le 26 octobre 2019, un accord d’association a été signé entre les deux pays pour s’assurer que les échanges se poursuivent de manière normale après la sortie formelle de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne (UE) au 1er janvier 2021. L'Accord restitue, l'ensemble des effets que les deux pays s'accordaient mutuellement, dans le cadre de l'Accord d’Association Maroc-UE. Le 18 janvier, l’administration des douanes et des impôts indirects publiait une liste de produits bénéficiant d’avantages tarifaires à l’importation.

Désormais, dans le cadre d’une nouvelle relation, les deux pays souhaitent améliorer leur rapprochement économique et le Maroc dispose de plusieurs cartes pour attirer les investisseurs britanniques. En plus de cela, la nouvelle relation maroco-britannique s’affranchit de la relation commerciale qui était celle du Maroc et celle de l’UE.

Désormais, les deux pays souhaitent aller plus loin dans l’accord d’association qui les lie et comptent se diriger à terme vers un accord de libre-échange. L’ambassadeur du Royaume-Uni, Simon Martin, présent à l’événement a indiqué à l’occasion : « Il y aura probablement d’ici 2 mois la première réunion officielle de haut niveau dans le cadre de cet accord pour commencer à changer les structures que nous avons héritées de l’accord d’association. L’ambition est d’améliorer et d’augmenter nos échanges commerciaux avec le Maroc ».

Le Maroc, un partenaire fiable pour accéder au marché européen

Dans ce webinaire, Ali Seddiki, directeur général de l’industrie au Ministère de l’industrie et du Commerce reconnait que la présence des britanniques dans le domaine industriel au Maroc, reste limitée : « Sur le périmètre industriel, il n’y a pas d’entreprises britanniques qui produisent au Maroc. Certains groupes l’étaient partiellement, comme Bombardier, néanmoins il n’y a pas eu d’implantation industrielle majeure en provenance du Royaume-Uni » constate-t-il.

Mais le Brexit jouera selon lui un rôle positif dans les relations économiques Maroc-Royaume Uni. Il explique, « certains secteurs vont bénéficier du Brexit. Ce sont ceux où les avantages compétitifs du Maroc sont prépondérants. A savoir, le secteur manufacturier comme le textile et l’automobile où le Maroc dispose d’un avantage en terme d’intensité de travail dans les usines. Ces secteurs importants pour le Royaume-Uni vont pouvoir bénéficier d’un avantage fort s’ils s’installent au Maroc dans le but de cibler le marché européen, qui reste un de leur marché prépondérant ». Mais le pays compte également attirer les investisseurs avec la qualité de sa force de travail. « Nous avons d’ailleurs inauguré hier une usine aéronautique qui fait de l’usinage de pièces de moteurs d’avion. C’est un des types d’usinages les plus complexes du secteur et cette entreprise est gérée à 100% par des ingénieurs marocains. Voilà l’offre de valeur marocaine, la qualité de son capital humain et son travail de compétitivité » poursuit Ali Seddiki.

Pour le moment, l’accord commercial conclu entre l’UE et le Royaume-Uni ne contient aucun droit de douane ni quotas sur les biens qui respectent les règles d'origine appropriées, le Maroc se tient prêt pour un changement. « Ces changements peuvent concerner notamment les mesures de protection, qu’elles soient tarifaires ou non tarifaires. Même si le Royaume-Uni garde une relation forte avec ses partenaires européens, le Maroc a des choses à offrir dans le cas où de nouvelles barrières venaient à se dresser entre le Royaume-Uni et l’UE. On parle notamment de taxe carbone aux frontières sachant que le Maroc, rappelons-le, dispose des énergies renouvelables les plus compétitives au monde » explique le directeur de l’Industrie.

Avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE, le Maroc a également une carte à jouer sur l’agriculture et ses exportations vers ses partenaires britanniques. « Avec l’ensemble d’enjeux liés à la politique agricole commune, qui pouvait freiner les relations Maroc-Royaume-Uni, il y a aujourd’hui, dans le contexte post Brexit un potentiel intéressant pour la transformation des produits de l’agriculture et la création de nouvelles passerelles. Il y a une volonté de faire monter en qualité et en volume la production agroalimentaire marocaine pour en faire bénéficier les britanniques » détaille Ali Seddiki.

D'autres opportunités se dessinent pour le Maroc, notamment catalysées par la crise de la Covid-19.

L'opportunité du raccourcissement de la supply chain

Dans le contexte post Brexit, la crise sanitaire pourrait également jouer en faveur du Maroc dans la stratégie de raccourcissement des chaines de production.

Simon Martin a souligné l’importance de la proximité des chaines de production depuis le début de la crise. « Il y a de la production de textile dans certaines zone du Royaume-Uni, mais en général nous avons exporté ce processus dans les marchés plus avantageux. La crise nous a permis de voir que les chaines d’approvisionnement trop éloignées représentent un risque. Le Maroc permet aux concepteurs de textiles britanniques de réagir plus vite aux changements de demande sur notre marché local. Nous pouvons imaginer que cette collaboration se renforcera dans l’objectif de raccourcir les chaines de production. Nous encouragerons cela » explique-t-il.

Dans cette nouvelle relation, la piste de développement de nouvelles lignes commerciales est également sur la table. Stephen Orr, président de la Chambre de Commerce Britannique au Maroc et Vice-Président de Spirit Aerosystems Maroc explique : « Dans le secteur de l’aéronautique, depuis le Brexit, nous ne voyons pas de grandes complications dans les échanges de marchandises qui traversent l’Europe pour aller au client final. Mais cela donne des pistes de réflexion sur l’élaboration de nouvelles routes maritimes notamment. Par exemple un bateau reliant directement Tanger à l’Angleterre ou en Irlande du Nord. Cela va très certainement venir ».

Le Maroc, une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest

Autre avantage que le Maroc peut tirer dans le contexte post Brexit est bien son rôle de porte d’entrée vers le continent africain. Notamment l’Afrique de l’ouest où la présence de l’industrie et des services britanniques reste limitée.

L’ambassadeur du Royaume-Uni a notamment rappelé la récente prise de participation de CDC, financé par le gouvernement britannique, au sein de Bank of Africa pour la somme de 200 millions de dollars en juin 2019.  « La seule raison pour cela est que cette institution bancaire marocaine est présente et s’engage dans les projets de développement dans les pays africains où les banques britanniques ne sont pas présentes. Mon gouvernement a identifié le Maroc comme le canal pour diriger ce développement en Afrique » a rappelé l’ambassadeur. 

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