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Avec une position géographique stratégique, une main d’œuvre qualifiée et des écosystèmes industriels robustes, PCNS décrypte comment le pays est devenu un pilier africain de l’industrie automobile. Avec une capacité de production qui passera à 700 000 véhicules par an en 2023, et des acquis industriels forts, le Maroc pourra faire face aux incidences de l'après Covid-19.  

 

Les raisons du succès automobile marocain selon le Policy Center for the New South

 | LE 05-11-2020 16:27
Avec une position géographique stratégique, une main d’œuvre qualifiée et des écosystèmes industriels robustes, PCNS décrypte comment le pays est devenu un pilier africain de l’industrie automobile. Avec une capacité de production qui passera à 700 000 véhicules par an en 2023, et des acquis industriels forts, le Maroc pourra faire face aux incidences de l'après Covid-19.

Le PCNS a publié un rapport sur les performances du Maroc en tant qu’acteur de l’industrie automobile continentale. Il dresse l’évolution depuis les années 60, le développement dans la stratégie industrielle automobile et le renforcement de son attractivité pour faire du Maroc un leader africain du secteur. Et malgré la crise induite par la Covid-19, pour le PCNS, la position du pays sur cette industrie ne sera pas remise en question. Bénéficiant d’un positionnement géographique extrêmement avantageux et d’une main d’œuvre qualifié et accessibles aux constructeurs étrangers, ces avantages compétitifs demeureront.

Avec des constructeurs de renom comme Renault et PSA, le pays a également su développer un écosystème de relais industriels pour monter en compétence et en valeur ajoutée dans l’industrie automobile. Alors que le pays avait une capacité de production de 100 000 véhicules par an jusque dans les années 2000, la donne a évolué très rapidement suite à différents plans d’accélérations. Avec la récente inauguration de l’usine PSA le 21 juin 2019, la cadence de production et d’exportation automobile ne peut que s’accélérer. « Avec une capacité de production devant atteindre en 2023 au moins 700 000 unités par an, le Maroc a atteint la taille critique de la résilience, conforté par la variété des stratégies qu’il peut proposer à partir de Renault Melloussa et PSA Kenitra » pointe le rapport du PCNS.

Attirer les grands constructeurs

PCNS rappelle les principaux développement ayant contribué à l’essor du secteur automobile dans le pays. Ils sont principalement articulés autour de la ville de Tanger. Bénéficiant d’une position stratégique et de zones franches, l’endroit est un hub stratégique pour l’amorce du développement local et à l’export.

Dans un premier temps, la nouvelle stratégie industrielle et le Plan Emergence lancé en 2005 marqueront les débuts de la fabrication de la Renault Dacia avec un premier objectif de 30 000 véhicules par an dans l’usine Somaca (société marocaine de construction automobile) de Casablanca.

Mais c’est avec le large développement du low-cost entrevu par Carlos Ghosn, ancien directeur de Renault Nissan, que les choses vont décoller après la construction de l’usine de Melloussa en 2012. La capacité de production du Maroc augmente de 340 000 véhicules supplémentaires par an. « Au départ, la capacité attendue de production était de 30 véhicules/ heure. En 2014, après le passage à la phase 2 de l’extension des lignes de production, la capacité a été multipliée par 2, une phase trois suivra » précise le rapport. Un développement qui permettra la création de 6 000 emplois directs et 30 000 emplois indirects.

Un succès qui a naturellement fait prendre conscience du potentiel Maroc à PSA. Le constructeur y implante son usine de production à Kenitra en 2014 dans un objectif de produire 200 000 véhicules et 200 000 moteurs d’ici 2023. Avec 500 millions d’euros d’investissement, le groupe l’inaugure le 21 juin 2019.

Les arguments du Maroc pendant la période le font alors passer en première position sur le continent dans la filière des voitures de tourisme. « En effet, durant cette période, la filière leader Sud-africaine stagne, permettant au Maroc d’être le leader africain dans la filière des voitures de tourisme. De même, concernant le numéro 3 africain, l’Egypte, elle connait, à partir des années 2011-2012, une baisse drastique de sa production, divisée par trois » rappelle PCNS.

Capitaliser sur les écosystèmes industriels

Cette première implantation de Renault à Melloussa puis de PSA à Kenitra ont largement contribué à accélérer le développement. « Et ce, à partir de filières spécialisées, à forte valeur ajoutée, comme celle des faisceaux, des câbles, des coiffes de sièges, des pièces de rechange, de l’électronique embarquée, des systèmes de climatisation, etc » explique le rapport.

Le câblage représente l’un des relais principaux dans la filière automobile marocaine. En 2014, 39 800 emplois étaient créés par les quatre premiers équipementiers automobiles du pays. En 2016, le secteur représentait plus de 87 000 emplois. L’engagement sur 2020 est de faire que le secteur génère un chiffre d’affaires de de 2,5 milliards d’euros.

L’autre relais de poids concerne l’écosystème intérieur véhicules et sièges qui employait en 2014, 10 500 personnes pour un chiffre d’affaire de 300 millions d’euros. « L’engagement 2020 est de faire progresser le Chiffre d’affaires de 700 millions d’euros, les emplois de 19 500 et le taux d’intégration de 39% » indique PCNS.

Désormais, l’automobile est « stratégique dans le développement industriel du Royaume. La filière automobile est celle qui créé le plus d'emplois industriels, avec un taux de couverture de ses échanges extérieurs de plus de 70 %. C'est, aussi, une filière tournée à 90 % vers l'exportation, dont 80 % à destination de l'Europe, avec une valeur ajoutée locale en constante augmentation » pointe le rapport.  

Concernant ces exportations le Maroc tend également à se diversifier dans les produits à plus forte valeur ajoutée. Comme l’indique le rapport, les exportations automobiles marocaines en 2011 étaient composées du câblage à 75% et seulement à 12% par la construction automobile. En 2018, la part du câblage est passée à 41% et la construction automobile à 47%. « Durant la période 2014-2018, l’implantation de Renault-Nissan et le développement des écosystèmes qui l’accompagnent vont doper les exportations, les faisant passer de 42,7 milliards de DH en 2014, à 72,3 milliards en 2018 » précise PCNS. Sur la même période, les écosystèmes automobiles ont créé 85 000 emplois.

Avec la croissance du secteur et les opportunités sur le territoire africain, la tendance ne s’arrêtera pas là, malgré la crise de la covid-19.

Capacité de production en hausse et opportunités continentales

D’ici 2023, le rapport ne manque pas de signaler que la capacité de production automobile du Maroc passera, à minima, à 700 000 véhicules par an. 200 000 véhicules dans l’usines de PSA Kenitra, 340 000 dans l’usine de Renault Tanger et 160 000 au niveau de l’usine Somaca de Casablanca.

Une opportunité pour le Maroc de profiter également d’un marché africain qui s’ouvre. Comme le pointe le rapport, « ce fort potentiel de développement s’explique par le retard pris au cours des dernières décennies par certains pays, comme l’Afrique du Sud ou l’Algérie, qui ont vu leur production automobile stagner ou régresser, et par l’évolution démographique d’un continent qui pourrait atteindre les 2,4 milliards d’habitants en 2050 ». Car le continent qui a accumulé du retard dans la production industrielle d’automobile en a cependant un besoin grandissant.  

Le rapport n’omet pas de souligner que de nombreuses multinationales dans l’automobile ont désormais des ambitions africaines de développement. « En 2020, les grands noms de la construction automobile commencent à s’installer, ou à se réinstaller en Afrique subsaharienne, confirmant le potentiel de développement de la filière automobile africaine ». une carte à jouer pour le Maroc dans le développement de son industrie.

« Son positionnement géographique sera toujours celui d’être la plaque tournante d’un accès à un double marché, celui à destination de l’Europe et celui à destination de l’Afrique. Ce dernier marché, à fort potentiel, est aussi une chance pour le Maroc » conclut le rapport de PCNS.

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