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Différents commerçants et professionnels affirment que la crise a boosté la demande de coffres forts sur les mois de mars et avril 2020. Une tendance toutefois moins forte qu’en 2019, année marquée par la crainte des contrôles fiscaux, mais qui confirme toutefois la panique de la population lors de l'entrée en vigueur du confinement général.

 

Les particuliers ont fait augmenter les ventes de coffres forts en début de crise

 | LE 12-10-2020 14:30
Différents commerçants et professionnels affirment que la crise a boosté la demande de coffres forts sur les mois de mars et avril 2020. Une tendance toutefois moins forte qu’en 2019, année marquée par la crainte des contrôles fiscaux, mais qui confirme toutefois la panique de la population lors de l'entrée en vigueur du confinement général.

Dans les moments d’incertitude, les ménages ont tendance à thésauriser pour faire face aux aléas de la conjoncture. C'était le cas cette année, avec la crise du Coronavirus. Différents commerçants et distributeurs de coffres forts contactés par Le Boursier, nous confient qu’une hausse des ventes a été constatée sur les mois de mars et avril en raison de la panique induite par la pandémie. Cette tendance va de pair avec l’explosion du cash en circulation depuis le début de la crise. Les dernières statistiques monétaires de Bank Al Maghrib du mois d'août montrent une circulation fiduciaire en hausse de 22% depuis le début de l’année, atteignant 305 milliards de dirhams. Une quantité de cash en hausse, poussée certes par les aides de subsistances versées en cash à quelques 4 millions de ménages, mais surtout par la peur et l’incertitude des citoyens envers l'avenir économique.

La demande boostée par la panique chez les particuliers

En 2019, un boom des ventes de coffres forts avait eu lieu suite aux craintes des contrôles de l’administration fiscale par certains acteurs économiques. Le trend en 2020 est très similaire. Selon des chiffres fournis par l'Office des Changes, 13,3 millions de dirhams de coffres forts et armoires fortes en tôle épaisse ont été importées au Maroc sur les six premiers mois de l'année 2019. Sur la même période en 2020, les importations sur ces produits s'élèvent à 13,2 millions de dirhams. Mais cette année, la clientèle et les raisons d'achat ont changé.

Les différentes mesures exceptionnelles prises par les autorités après la détection des premiers cas de Covid-19 au Maroc ont cassé la confiance des ménages envers l’avenir économique. La fermeture des frontières et le confinement ont créé un environnement anxiogène inédit sur le début de l’année. « Il y a eu un vent de panique qui a été observé sur le début du mois de mars jusqu’à mi-avril. Nous avons constaté une augmentation de la demande des clients particuliers sur cette période en ce qui concerne les coffres forts. Les gens cherchaient à sécuriser leur argent chez eux par peur de ne plus y avoir accès à cause des mesures de restrictions qui tombaient chaque jour », nous explique un professionnel des coffres forts sous le sceau de l’anonymat. Une dynamique qui cependant s’est essoufflée sur le reste de l’année. « Cette tendance n’a pas duré longtemps, simplement quelques jours ou semaines, le temps que les autorités remettent le calme nécessaire et la communication en route pour rassurer les gens » poursuit notre source.

Une opinion partagée par Samir Mdarhri, directeur général de Sanash Sécurité à Casablanca, spécialisé dans les solutions de sécurité. « L’idée d’un monde confiné a semé le trouble. Les gens ont commencé à paniquer. Ils ne savaient plus s’ils allaient avoir accès aux banques avec le confinement. Il y a eu une frayeur de manquer d'argent et ne plus pouvoir subvenir aux besoins de base » explique notre interlocuteur.

A cette panique s’est ajoutée la peur de rencontrer des difficultés de paiements avec les autres moyens de règlement classiques comme le chèque ou la carte bancaire. « Quand vous êtes en télétravail ou bloqués chez vous sur une longue durée, que vous craigniez d’avoir des problèmes avec votre carte bancaire lors de paiements pour aller faire vos courses, le cash reste le moyen le plus sur pour subsister à vos besoins » explique Samir Mdarhri.

Une demande captée principalement par l’informel

Mais cette hausse de la demande des particuliers, caractérisée par l’effet de panique induit par la crise sanitaire a principalement bénéficié au secteur informel, assure notre interlocuteur. « Sur cette année 2020, la clientèle est constituée de l’ensemble des catégories socio-professionnelles. Même les gens qui disposent d’un petit matelas de sécurité en terme de liquidité ont opté pour un coffre. Ils ont la volonté de payer le moins possible et se dirigent vers l’informel pour éviter de s’affranchir de la TVA. Ils préfèrent passer par des revendeurs sur Derb Ghallef par exemple qui ne disposent ni de patentes, ni de certifications de sécurité sur le matériel vendu » explique le directeur de Sanash Sécurité. Pour un coffre-fort à usage domestique acheté dans le secteur informel, notre interlocuteur nous apprend que « les prix ne dépassent pas les 5 000 dirhams au noir. Alors qu’un coffre du même usage acheté chez un professionnel, certifié grade 1, commence à 7 000 dirhams hors taxes ».

La demande en coffres forts des entreprises en chute avec la crise

Mais si la demande chez les particuliers a augmenté au début de la période de crise, celle des entreprises n’a pas suivi le même rythme. Pour les professionnels du milieu formel, principalement spécialisés dans la vente aux entreprises, l’activité concernant les coffres forts a connu un net recul.

Le ralentissement des appels d’offres des grandes sociétés, notamment des banques, a causé un vide dans l’activité. « Après la cloture des budgets au mois de mars, les appels d’offres pour les équipements en coffres forts dans les grandes sociétés commencent généralement à arriver. Pour une banque, l'appel d'offres concerne entre 50 et 100 coffres en général. Cette année, le processus a été retardé voire annulé pour beaucoup d’entre elles à cause des temporisations sur le développement des réseaux physiques » conclut Samir Mdarhri.

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