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L'Association marocaine des investisseurs en capital anticipe des opérations de sortie des fonds de capital investissement via la Bourse de Casablanca. L’AMIC a dressé également quelques freins qui bloquent ce type d’opérations.

Les fonds d'investissement feront des sorties via la bourse en 2021 et 2022 (AMIC)

Par M. Ett. | LE 08-04-2021 12:54
L'Association marocaine des investisseurs en capital anticipe des opérations de sortie des fonds de capital investissement via la Bourse de Casablanca. L’AMIC a dressé également quelques freins qui bloquent ce type d’opérations.

La problématique des sorties des fonds du capital investissement qui ne transitent pas assez souvent par la bourse a été soulevée lors de la visio-conférence organisée par l'Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), mercredi 7 avril.

Omar Benchekroun, Consultant Senior, Fidaroc Grant Thornton, qui a présenté une étude sur l’évolution du capital investissement à fin 2020, a souligné qu’« il n’y a pas eu vraiment d’introductions en bourse résultant des sorties de fonds ces dernières années. Il y en a eu un peu entre 2012 et 2016 ».

Pour sa part, Farid Benlafdil, Directeur Associé chez Afric Invest a indiqué que « le mode de sortie souhaité par la majorité des sociétés de gestion de capital investissement est l’introduction en bourse ».

« Mais, malheureusement il y a de moins en moins d’IPO ces dernières années, pour plusieurs raisons », regrette-t-il.

Et d’expliquer : « Je pense que l’une des causes qui ne favorise pas les sorties via IPO est la taille des introductions en bourse qui n’est pas acceptée par les banques locales. Quand on parle d’une introduction en bourse d’une PME, c’est une opération entre 100 et 150 millions de DH. La commission des banques d’affaires n’est pas encourageante pour ce genre de transactions. Elle ne facilite pas ces opérations. J’ai pu observer cette tendance durant plusieurs années. Il y a des PME très intéressantes et des PME qui ont bénéficié du programme Elite de la bourse, elles ont donc tous les atouts pour s’introduire en bourse, mais malheureusement il y a toujours ce frein ».

Tarik Haddi, président de l’AMIC, estime, lui, que « la taille du ticket est problématique à plusieurs niveaux. D’un côté, Pour les banques d’affaires, soit elles exigent des tarifs exorbitants aux PME, soit elles ne proposent rien parce que cela ne leur rapporte rien. Dans ce cadre, nous avons fait des propositions pour qu’il y ait de l’assistance technique pour les PME pour encourager les banques d’affaires à venir intervenir à ce niveau-là ».

« D’un autre côté, il y a la taille pour les gestionnaires de portefeuilles. Par exemple, quand une assurance gère des lignes d’actifs cotés, elle ne peut pas désigner du personnel pour gérer des participations de 20 à 25 millions de DH. C’est là où nous avons proposé de la gestion déléguée pour que des OPCVM de fonds puissent voir le jour. Pour cela, nous travaillons avec la Bourse et l’AMMC », ajoute-t-il.

La situation devrait changer au cours des prochaines années, grâce à des mesures qui se mettent en place. « Je pense qu’en 2021 et 2022, il y aurait des opérations de portefeuille qui se feraient via des introductions en bourse suite à la mise en place de deux marchés supplémentaire en bourse, un pour les entreprises de tailles intermédiaire et un autre pour la PME. Cela va encourager les opérateurs du Private Equity et les entrepreneurs à aller vers ce marché », anticipe Farid Benlafdil.

A rappeler qu’en novembre dernier, et pour améliorer l’accès au financement des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) par le marché boursier surtout en cette période de relance, l’AMMC et la Bourse de Casablanca ont mis en place un nouveau compartiment dédié à cette catégorie d’entreprise.

La Bourse de Casablanca a également créé un marché alternatif, dans le cadre de son nouveau règlement général, entré en vigueur en décembre 2019, s’adressant exclusivement aux petites et moyennes entreprises.

Néanmoins, ces mesures ont été jugées insuffisantes pour motiver ces entreprises à réaliser des IPO et ne résolvent pas le problème de retard de développement du marché boursier

Il faut dire que globalement la bourse de Casablanca ne connait pas assez d’IPO, depuis plusieurs années. A rappeler que la Bourse n'a connu aucune introduction en 2017 et en 2019. En 2018, il ya eu deux recrues : Immorente Invest (11 mai 2018) et Mutandis (18 décembre 2018). En 2019, la bourse de Casablanca a bénéficié de la cession de 8% des parts de l’Etat dans Maroc Télécom. C’était la seule opération qui a animé la bourse en cette année. Deux semaines avant la fin de l’année 2020, Aradei capital s’est introduite pour marquer l’unique IPO de l’année.

>> Lire aussi : Le Capital investissement au Maroc a bien résisté à la crise en 2020 (AMIC)

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