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La consommation de ciment atteindrait son plus bas niveau durant ces quinze dernières années, pour s’établir à 11,2 MT en 2020, d’après les anticipations des analystes de CFG bank. Ils estiment ainsi que le potentiel de croissance des cimentiers cotés resterait limité. Analyse.

La consommation nationale de ciment devrait baisser de 18,2% en 2020 (CFG bank)

 | LE 26-06-2020 12:25
La consommation de ciment atteindrait son plus bas niveau durant ces quinze dernières années, pour s’établir à 11,2 MT en 2020, d’après les anticipations des analystes de CFG bank. Ils estiment ainsi que le potentiel de croissance des cimentiers cotés resterait limité. Analyse.

Dans un contexte marqué par la crise du Covid-19, la consommation nationale de ciment devrait accuser une baisse de 18,2% en 2020, avec notamment une baisse de 25,6% au premier semestre, d’après les anticipations des analystes de CFG bank au niveau d’une note de recherche  sur le secteur cimentier au Maroc.

La consommation de ciment atteindrait son plus bas niveau durant ces quinze dernières années, pour s’établir à 11,2 MT, selon les prévisions des analystes. 

« Les deux premiers mois de l’année 2020 ont été marqués par une croissance relativement soutenue de la consommation de ciment (+4,4% YoY à fin février), et ce principalement grâce à un faible niveau de précipitation permettant aux chantiers de continuer sans interruption », soulignent-ils.

Et de continuer : « cependant, la propagation de la pandémie de Covid-19 au Maroc, et notamment la déclaration de l'état d'urgence sanitaire et l’instauration du confinement auront eu raison de ce trend positif. En effet, dès le mois de mars, la croissance de la consommation cumulée de ciment est passée en zone négative, avec une baisse de -7,3% à la fin du premier trimestre.

A rappeler que les ventes de ciment ont chuté de 50% en mai. Sur les 5 premiers mois de l'année 2020, les ventes se sont élevées à 4,3 millions de tonnes contre 5,8 millions de tonnes durant la même période de l'année précédente, soit une baisse de 25,99%.

Pour le deuxième semestre 2020, ils anticipent une baisse limitée à 11% de la consommation du ciment grâce à une légère reprise de la consommation dès juillet

Et d’ajouter : « nous pensons, par ailleurs, que les investissements publics ne seront pas revus significativement à la baisse, et ce, afin de limiter l’impact de la baisse du PIB en 2020 et sur les années à venir ».

Selon le scénario conservateur de CFG, la consommation de ciment ne devrait retrouver un niveau proche de 2019 qu’en 2022.

En dehors de l’impact de la pandémie du Covid-19, un autre facteur devrait peser sur ce secteur. « La fin des avantages fiscaux au segment de l’immobilier social dans leurs formes actuelles est prévue à fin 2020, et cela devrait avoir un impact significatif sur la consommation de ciment. En effet, la fin de ces avantages fiscaux dans leurs formes actuelles devrait avoir un impact majeur sur le secteur de la promotion immobilière et ainsi sur la demande nationale en ciment dès 2021 », expliquent-ils.

« Le gouvernement devrait annoncer de nouvelles incitations afin de soutenir les ménages désireux d’acquérir des logements sociaux, et dépendamment des mesures annoncées, l’impact sur la consommation en ciment pourrait être plus ou moins important, et pourrait nous conduire à revoir nos prévisions de croissance sur les années à venir », précisent-ils.

La croissance à LT du secteur se situerait à 2,3% par an

CFG anticipe une reprise en 2021, mais souligne que « la croissance du secteur devrait revêtir un caractère modéré et rester inférieure aux niveaux observés sur la dernière décennie ».

Et d’expliquer : « nous sommes en effet convaincus que la consommation de ciment a connu au cours de la dernière décennie un important effet de rattrapage, et que de facto la croissance à long terme du secteur resterait limitée ». 

Ainsi, en se basant sur les différents scénarii prévisionnels considérés, les analystes de CFG estiment la croissance à long terme du secteur dans une fourchette comprise entre 1,6% et 3,1%.

« Pour notre part, nous retenons le scénario central d’une croissance à long terme de 2,3% par an », indiquent-ils.

Le potentiel de croissance des cimentiers cotés resterait limité

Tenant compte du contexte global, et malgré la reprise escomptée de la croissance du secteur, « le potentiel de croissance top-line des opérateurs resterait limité avec un taux de croissance annuel moyen estimé à 0,6% sur la période 2019-2022 pour LafargeHolcim Maroc et pour Ciments du Maroc », anticipent les analystes.

Ils tablent sur un taux de croissance annuel moyen du RNPG de 1,5% pour Ciments du Maroc et de 5,9% pour LafargeHolcim Maroc pour la période 2019-2022.

Les analystes de CFG recommandent de conserver les titres LafargeHolcim et Ciments du Maroc

« L’action LafargeHolcim se paie actuellement à 11,7x et 10,1x L’EV/EBITDA [valeur/revenus d'entreprise avant intérêt, impôt, dépréciation, et amortissement, ndlr] 2020 et 2021, des niveaux de valorisation qui nous semblent justifiés ».

Selon les prévisions de CFG, le cours du titre LafargeHolcim Maroc devrait se situer à 1.526 DH. Il a un potentiel de hausse de 7,7% en comparaison avec le cours observé à la clôture de la séance du jeudi 25 juin (1.416 DH). 

« Nous pensons que l’action Ciments du Maroc est actuellement correctement valorisée (…) le titre se paie en multiples induits par notre valorisation à 12x et 10,5x l’EV/EBITDA 2020 et 2021 respectivement ».

Le cours de Ciments du Maroc devrait s’établir à 1.534 DH, soit un potentiel de hausse de 8% en comparaison avec le cours observé à la clôture de la séance du jeudi 25 juin (1.420 DH).
 

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