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Depuis le début de l'année, le Bitcoin enchaine les records et attire de plus en plus d'investisseurs. Que ce soit via les plateformes géantes de trading spécialisées, par le courtage ou le gré à gré, il existe différentes façons d'acquérir du Bitcoin. Contacté par LeBoursier, un expert décortique le fonctionnement d’achat et de vente de cette crypto-monnaie.

Investir dans le Bitcoin : Ce qu'il faut savoir

 | LE 22-02-2021 18:23
Depuis le début de l'année, le Bitcoin enchaine les records et attire de plus en plus d'investisseurs. Que ce soit via les plateformes géantes de trading spécialisées, par le courtage ou le gré à gré, il existe différentes façons d'acquérir du Bitcoin. Contacté par LeBoursier, un expert décortique le fonctionnement d’achat et de vente de cette crypto-monnaie.

Autrefois monnaie confidentielle pour effectuer des achats sur le darkweb, le Bitcoin est désormais un actif financier qui a le vent en poupe. Avec une valeur qui a doublé depuis le début de l’année, franchissant la barre des 58 000 dollars dimanche 21 février, ce nouvel actif financier attire les investisseurs.

Mais au Maroc, le cadre légal déconnecte le pays du marché des cryptomonnaies. En 2017, un communiqué conjoint de l’AMMC, Bank Al Maghrib et le Ministère de l’Economie et des Finances rappelait les risques associés aux monnaies virtuelles, notamment :

  • L’absence de protection règlementaire pour couvrir les pertes en cas de défaillance des plateformes d’échange.
  • La forte volatilité du cours de change des monnaies virtuelles contre une devise légale pouvant mettre à risque l’utilisateur.
  • Le Non-respect des réglementations en vigueur, en particulier celles ayant trait aux marchés des capitaux et à la législation des changes

L’Office des changes, quant à lui, qualifiait dans un communiqué publié en novembre 2017, les transactions effectuées via les crypto-monnaies d’infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et amendes prévues par les textes en vigueur.

Une légère ouverture s'était amorcée deux ans plus tard, en novembre 2019. Bank Al Maghrib avait annoncé porter une attention aux StableCoins. Il s’agit d’une monnaie virtuelle basée sur la technologie blockchain (comme le Bitcoin), qui bénéficie des mêmes avantages que le Bitcoin, mais apporte une réponse au caractère volatile de ces derniers en liant leur valeur à des actifs réels.

Et ce mois de février, la MAP rapporte que Bank Al Maghrib a créé un nouveau comité institutionnel sur le sujet des crypto-monnaies. L'objectif étant d'identifier et analyser les apports d'une monnaie umérique Banque Centrale pour l'économie nationale.

Malgré un engouement de plus en plus pronconcé pour le Bitcoin dans le monde, le Maroc reste donc au stade d'observation. Cependant, plusieurs marocains décident d'ignorer les alertes des autorités et investissent depuis des années dans le bitcoin. Et avec un cours qui a doublé depuis le début de l'année, de nombreuses autres personnes seront tentées de le faire. Voici ce que nous savons sur l'acte d'investir dans cet actif.

Une monnaie fiable sur des plateformes sans garantie

Dans un premier temps, pour investir, il faut savoir où acheter du Bitcoin. Cette opération peut se faire via différents canaux. Notamment sur différentes plateformes en ligne dont la fiabilité n’est pas garantie.

Contacté, un spécialiste de la blockchain (technologie sur laquelle repose le Bitcoin, ndlr) nous explique que « pour vérifier l’authenticité des plateformes de trading en Bitcoin, il n’y a pas de formule. C’est principalement basé sur la notoriété et le volume journalier traité. Il faut choisir des plateformes qui sont basées dans des pays qui protègent un minimum le consommateur, mais garder en tête le fait que ce sont des entreprises et qu’elles peuvent faire faillite. Personne n’est à l’abri de cela, mais c’est au particulier de faire de la due diligence. Il n’y a pas de garantie fondamentale ».

Pour ce qui est de l’authenticité de la monnaie virtuelle, la technologie blockchain sur laquelle elle repose est sa garantie. « L’authenticité du bitcoin est garantie par la blockchain. Un détenteur de Bitcoin peut voir si une transaction d’achat, d’envoi ou de transfert a été validée ou non » explique notre interlocuteur.

Achetable en devises sur des plateformes spécialisées

S’il est désormais devenu très cher, le Bitcoin reste divisible et donc accessible. « Le bitcoin est divisible car il est très rare (limité à 21 millions d’unité, ndlr). Sachant qu’il a été conçu pour être un outil de paiement international, il est divisible jusqu’à 8 décimales. On peut donc acheter un dixième ou un millième de Bitcoin si on le souhaite ».

Concernant les aspects pratiques liés à l’achat et la vente du Bitcoin. Certaines plateformes permettent d'y faire des achats par carte bancaire internationale. Notre source explique: « Il y a différents moyens d’acheter du Bitcoin. Il y a des plateformes très connues comme CoinMama par exemple, qui permet de faire des achats par carte bancaire internationale Visa ou Mastercard par exemple. L'investisseur crée un compte utilisateur sur cette plateforme puis désigne la quantité d’argent à transformer en Bitcoin ».

C’est à partir de là que la plateforme demandera une adresse Bitcoin qui équivaut à un compte bancaire pour tout détenteur de Bitcoin, afin de recevoir et envoyer la monnaie virtuelle. Soit cette adresse est générée par la plateforme en question, soit le particulier en obtient une via un logiciel 'bitcoin client' comme Bitcoin Core. « Certaines plateformes demandent un justificatif d’identité. Ce n’est pas le cas pour Coin Mama. Par la suite, l’utilisateur reçoit la quantité de Bitcoin équivalente à la somme d’argent payée sur son adresse Bitcoin » explique notre source.

Le détenteur de Bitcoin peut également renforcer la sécurité de son portefeuille s’il considère la plateforme à risque. « Ce qui est intéressant dans le bitcoin, c’est que peu importe la plateforme sur laquelle traite l'investisseur, il a la possibilité de rapatrier ses Bitcoins vers un compte à froid. C’est un compte hors ligne qui se trouve chez soi comme le hardware-wallet doté d’une clé. L'investisseur peut rapatrier tous ses bitcoins pour les sécuriser s’il ne souhaite pas les laisser sur la plateforme » détaille notre source.

Mais les investissements dans les cryptomonnaies et notamment le Bitcoin, peuvent également se faire via des services de courtage financier. « Les courtiers en ligne tel que eToro par exemple permet, entre autres, de faire des investissements en devises en cryptomonnaie. Il est possible d’ouvrir un compte chez eToro et de déposer de l’argent par carte bancaire internationale qui sera ensuite géré par le courtier et placé dans les cryptomonnaies. L’utilisateur peut ensuite visualiser ses investissements via la plateforme en question » explique notre interlocuteur.

Des ventes effectuées sur des ‘marchés d’échange’ du Bitcoin

La vente des bitcoins s'effectue sur les même plateformes. Certaines sont devenues majeures dans les ordres d'achat et de vente du Bitcoin et agissent en véritable marché d'échange. « Il y a des plateformes d’échanges internationales qui sont très connues par les utilisateurs, dont les plus importantes sont par exemple Binance ou Bitfinex. Ce sont des plateformes où l'investisseur dépose ses bitcoins et commence à les vendre. Ces plateformes créent pour l'investisseur un compte bancaire chez elles. Il reçoit naturellement de l’argent en devise, généralement du dollar et détient la possibilité de lier son compte bancaire marocain pour rapatrier l’argent collecté suite à la vente des bitcoins sur cette plateforme. Binance ou Bitfinex par exemple, peuvent effectuer un virement bancaire directement sur un compte marocain », détaille notre interlocuteur.

Mais là encore, ce circuit est évité par les investisseurs marocains par peur de traçabilité. « La majorité des Bitcoins qui sont achetés ou vendus au Maroc sont faits sur le marché de gré à gré, principalement par peur du fisc et de l'administration des changes » confie notre source.

Gré à gré, le moyen le plus répandu au Maroc

Selon notre interlocuteur, le moyen d’échange le plus commun au Maroc reste le marché dit du gré à gré, dit ‘Over The Counter’.

Le principe est d’acheter un Bitcoin en cash. Cette possibilité est offerte aux particuliers par différentes plateformes qui mettent en relation acheteurs et vendeurs. « Il y a une plateforme bien connue des utilisateurs comme Localbitcoin qui permet aux vendeurs de mettre des annonces de vente de Bitcoin. Les acheteurs peuvent alors les contacter pour se rencontrer et payer la transaction en cash pour une quantité définie de Bitcoin. C’est un mode qui est intraçable et qui est largement utilisé au Maroc. Le bitcoin est versé sur l’adresse bitcoin de l’acheteur et la transaction en cash est effectuée sur place » explique notre source.

Cette méthode permet tant sur la vente que sur l’achat de bénéficier de l’anonymat et de la non traçabilité. « Quand quelqu’un achète et vend du Bitcoin sur une plateforme spécialisée comme Binance par exemple, un virement bancaire en provenance d’une instance spécialisée dans le Bitcoin peut éveiller les soupçons. Les particuliers privilégient le gré à gré ou le courtage car soit ils sont intraçables, soit il est difficile de s’avoir qu’il s’agit de gains provenant du Bitcoin » conclut notre interlocuteur.

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