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Contacté par LeBoursier, Lotfi Sekkat, PDG de CIH Bank, nous parle, entre autres, des perspectives d’évolution de la banque au second semestre, de la hausse des impayés et de la stratégie suivie dans ce contexte de crise.

Hausse des impayés, difficultés du secteur immobilier,… Lotfi Sekkat préfère rester optimiste

Par Mouna Ettazy  | LE 08-10-2020 18:36
Contacté par LeBoursier, Lotfi Sekkat, PDG de CIH Bank, nous parle, entre autres, des perspectives d’évolution de la banque au second semestre, de la hausse des impayés et de la stratégie suivie dans ce contexte de crise.

Après un premier semestre marqué par une bonne performance commerciale combinée à une chute du RNPG de 70% à cause de la contribution de la banque au fonds spécial Covid-19 et de la hausse du coût du risque ; CIH Bank devrait connaître un deuxième semestre similaire au premier sur le plan commercial, d’après les déclarations de Lotfi Sekkat, PDG de la banque, à LeBoursier.

« En termes d’activité commerciale, le second semestre sera du même cru que le premier », nous-a-t-il indiqué.

Toutefois, « les effets et les impacts de la crise seront concentrés sur ce deuxième semestre plus que le premier. Dans ce sens, il est clair qu’en termes du coût du risque, nous allons continuer notre démarche anticipative du risque et du provisionnement ».

Une aggravation de la hausse des impayés est donc anticipée. « La hausse des impayés risque de s’aggraver au cours du deuxième semestre, mais cette situation est sous contrôle. De plus, le dispositif qui a été mis en place pour les particuliers impactés par la crise, à savoir la mise en œuvre du moratoire sur les échéances de crédits bancaires, a donné un petit souffle aux clients et les paiements ont vite repris à la fin de l’échéance fixée », rassure-t-il.

Le secteur immobilier est ‘’sur la bonne voie’’ 

En ce qui concerne la forte exposition de la banque sur le secteur immobilier, Lotfi Sekkat affirme que « le secteur immobilier a été fortement impacté par la crise sur deux plans : les bureaux commerciaux qui ont dû fermer et qui du coup n’ont pas pu exercer leur activité et l’arrêt total des travaux immobilier. Ces impacts ont duré pendant la période du confinement. Maintenant, nous assistons à une reprise du secteur qui a été entamée depuis le déconfinement. Les ventes sont au rendez-vous ». 

« J’ai le sentiment que l’immobilier est le premier marché qui a rapidement repris son activité normale contrairement à d’autres secteurs qui ont été eux aussi fortement impactés par la crise et qui n’arrivent pas à relancer leur activité, comme le secteur du tourisme. Je ne trouve pas que le secteur immobilier est le plus impacté par la crise », commente-t-il. 

Et de souligner : « certes, il est encore tôt pour cerner l’impact global et réel de la dégradation de ce marché. Et on est encore dans une zone d’incertitude, mais je trouve que ce secteur est sur la bonne voie. Je reste plutôt optimiste ». 

Les banques doivent continuer de renforcer leur résilience face à la crise

Les banques se placent en première ligne dans cette crise pour répondre aux demandes des entreprises et des particuliers qui rencontrent des difficultés à cause des effets de la pandémie. Lotfi Sekkat est conscient de la lourdeur de cette responsabilité. Il affirme que « les banques subissent les impacts de la crise d’une façon directe vu que les clients sont touchés. Il n’y a pas de solution magique pour faire face aux dégâts de la crise. Notre rôle, en tant que banque, est d’accompagner ces clients pour dépasser cette crise et, ainsi, soutenir l’économie du pays ». 

Il n’omet pas de souligner le rôle joué par les produits de financement de la relance économique dans cette crise. Il estime que « les produits qui ont été lancés pendant cette crise nous aideront à dépasser ce cap difficile, notamment les offres « Relance » et « Oxygène ». Ce dispositif vient d’être complété par des offres spécifiques à des secteurs qui sont touchés par la crise, notamment l’immobilier. C’est une chose positive ».

A rappeler que le Comité de veille économique (CVE) mis en place, lundi 5 octobre, une nouvelle variante du produit « Damane Relance » dénommée « Damane Relance Promotion Immobilière ».

Le PDG de CIH trouve que les banques de la place sont assez résilientes face à la crise. Il estime que « nous avons un système bancaire assez fort. Il faut continuer à renforcer cette résilience afin de pouvoir accompagner les clients et soutenir ainsi l’économie du pays ». 

Pour ce qui est de la stratégie adoptée par la banque dans cette période de crise, le PDG de CIH nous déclare que « notre stratégie reste inchangée ». 

Et d’expliquer : « CIH a depuis quelques années fait un choix stratégique important axé sur la digitalisation. Cela consiste principalement à avoir des processus digitaux qui fonctionnent en temps réel. Ce choix est maintenant conforté par le contexte que nous vivons actuellement et qui exige une rapidité dans le traitement des opérations ».

Hormis la digitalisation, la banque se concentre sur l’affermissement de son PNB afin de faire face à la montée des risques et, aussi, sur la maîtrise des charges. « Nous continuions aussi à chercher à développer notre PNB d’une manière saine afin de faire face à une montée des risques. Nous cherchons également à mieux repenser la maîtrise de nos charges d’exploitation. Je crois que cette démarche doit être suivie par toutes les banques. C’est le moment de faire cet exercice de réflexion pour maitriser les charges et renflouer le PNB afin de dépasser cette phase difficile », conclut-il.

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