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Pour CDG Capital, la baisse de la demande, couplée à une augmentation de la capacité de production, devraient impacter l'activité des cimenteries à court terme. Toutefois, elle prévoit un redressement de la situation à long terme compte tenu des bons fondamentaux du secteur.

Ciment : les perspectives du secteurs restent favorables à long terme (CDG Capital)

Par I.B. | LE 30-06-2020 16:17
Pour CDG Capital, la baisse de la demande, couplée à une augmentation de la capacité de production, devraient impacter l'activité des cimenteries à court terme. Toutefois, elle prévoit un redressement de la situation à long terme compte tenu des bons fondamentaux du secteur.

L’industrie du ciment, déjà impactée par le ralentissement général du secteur immobilier, témoignera d’une baisse de 20,1% de la demande de ciment en 2020, selon les prévisions de CDG Capital qui viennent de consacrer une étude au secteur.

Ainsi, l'utilisation des capacités de production devrait se situer autour de 51% à 53%, atteignant ainsi le niveau le plus bas jamais enregistré par cette industrie.

CDG Capital a élaboré deux scénarios de reprise après la crise du Covid-19 :

 >> Scénario 1 : Une reprise lente en 2021 puis d'une reprise plus robuste. 

 En 2021, la reprise des volumes devrait être plus tirée par les infrastructures. La demande de ciment provenant de l’auto construction, de l'immobilier commercial et des investissements industriels mettra plus de temps à se rétablir et restera impactée même au cours de l’année 2021.

D'ailleurs, la croissance du secteur immobilier qui représente environ 80% de la demande de ciment devrait être affectée. Ainsi, la demande de ciment provenant de l'immobilier continuera d'être modeste car le secteur est en difficulté depuis cinq ans déjà et aucun signe d’amélioration n’est véritablement d’actualité.  

Pour la période 2019-2021, CDG Capital prévoit une appréciation des volumes de l’ordre de 25,3% en glissement annuel à 13,6 MT, ce qui impliquerait un TCAM de 0,04%.

>> Scénario 2 : Une une reprise très lente

En 2021, les finances publiques devraient subir des pressions budgétaires et cela suite à une baisse des recettes fiscales impactées principalement par des résultats en repli des entreprises marocaines. Ainsi, il pourrait y avoir des coupes dans les dépenses d'infrastructures. Cela mettra un terme aux nouveaux investissements dans ce segment, affectant ainsi la demande nationale de ciment. 

D’autre part, la pandémie a impacté les revenus des ménages. Ces derniers seront contraints d’annuler leurs investissements immobiliers. De ce fait, le deuxième scénario table sur une appréciation des volumes de l’ordre de seulement 14,9% en glissement annuel à 12,5 MT, ce qui impliquerait un TCAM de -4,2% pour la période 2019-2021.

Par ailleurs, concernant les prix du ciments, CDG Capital rappelle malgré la baisse des coûts et d’un repli important des volumes, les cimenteries vont maintenir le même niveau de prix pratiqué en 2019, en raison de la situation oligopolistique qui caractérise le marché marocain.

 Capacité nette de production du Ciment : CDG Capital prévoit une croissance à 25 MT par an au Maroc

Le scénario à LT de CDG Capital prévoit une croissance continue du marché du ciment au Maroc en raison d’un contexte général favorable (démographie, urbanisation, dépenses d'infrastructure). Cette projection de la croissance sera conforme à la corrélation positive entre le PIB / habitant et les taux de pénétration du ciment en fonction du stade de développement économique d’un pays.  En effet, l’urbanisation croissante et la croissance démographique régulière à 1,5% continuent de soutenir les perspectives de ce secteur.

Par ailleurs, le Ministère de l’Habitat révèle un déficit en logements de près de 385.300 unités dans le milieu urbain, avec une forte concentration dans les régions de Casablanca et de Rabat. Evidemment, ces perspectives ne seront soutenues que si des mesures sont prises en faveur du pouvoir d’achat pour stimuler la demande en logements.

Toutefois, CDG prévoit en parallèle une augmentation de 4,8 millions de tonnes de la capacité de production du ciment au Maroc à moyen terme : dont 25% devraient être mis en service à court terme. Cela équivaut à 24% de la capacité totale de l'industrie à la fin de l'année 2019. Par conséquent, la capacité nette passera à 25 millions de tonnes dans les années à venir.

Plus précisément, 75% de cette capacité supplémentaire sera destinée à la région Casablanca-Settat, où se concentre près de 23% de la consommation totale de ciment et concernera principalement :

- LafargeHolcim Maroc, qui a lancé la construction d’une usine dans la région de Souss – Massa, dotée d’une capacité de production de 1,6 MT de ciment. Selon le dernier communiqué du groupe, le démarrage de l’usine est attendu pour le dernier trimestre 2020.

- Ciments du Maroc, qui  a finalisé l'acquisition, auprès du groupe Anouar Invest des sociétés : Atlantic Ciment pour un projet de construction et d'exploitation d'une usine de production de ciment d’une capacité de 2,2 millions de tonnes par an (Province de Settat); et Cimsud qui exploite une unité de broyage à Laâyoune avec une capacité de 500 KT,

- La société Tekcim a décidé de construire une nouvelle cimenterie, situé dans la province d’El Jadida et dont la capacité de production est de 1,4 millions de tonnes de ciment par an.

Par conséquent, la situation de surcapacité devrait continuer à s’aggraver à court terme mais elle ne devrait être que temporaire. A moyen terme, la demande de ciment devrait rattraper cette augmentation de l'offre.

La banque d'investissement souligne que cette surcapacité potentielle devrait exercer une pression sur les prix du ciment à mesure que les taux d'utilisation chutent.

 " Cependant, nous pensons que les principaux groupes cimentiers devraient être proactifs pour faire en sorte que la menace de la rentabilité soit contenue par une meilleure gestion de la production, des prix et des éventuelles exportations de clinker en Afrique.  L’éventuelle probabilité d’une guerre des prix dépendra du comportement des différents participants à ces marchés ,qui est difficile à évaluer aujourd’hui, et du niveau sous-jacent de la demande.” souligne la banque d’investissement dans cette étude.

>> Lire Aussi : La consommation nationale de ciment devrait baisser de 18,2% en 2020 (CFG bank)

 

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