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Total Maroc gagne 19,5% en six semaines : les raisons d'une envolée

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Cette performance efface une partie des grosses pertes cumulées sur l'année 2018 et intervient au moment même où le gouvernement s'apprête à mettre à exécution sa menace de plafonnement des marges. 

 

Jean-Louis Bonenfant, DG de Total Maroc
Cette performance efface une partie des grosses pertes cumulées sur l'année 2018 et intervient au moment même où le gouvernement s'apprête à mettre à exécution sa menace de plafonnement des marges.

Le titre Total Maroc a gagné 19,5% depuis le début de l’année. Une belle performance réalisée à un moment où le marché dans sa globalité n'a progressé que 0,1% sur la même période. 

Il se négocie actuellement à près de 1 100 dirhams.  

Depuis le début de l'année, 45.703 actions de Total ont changé de main pour un volume de plus de 49 millions de dirhams.

Source: LeBoursier

Voilà qui casse avec la tendance de 2018, année où le titre du distributeur pétrolier avait lâché près de 49% de sa valeur. Une chute libre qui se justifiait alors par les craintes des investisseurs face au prochain retour au plafonnement des marges des pétroliers. Une menace brandie par le gouvernement mais qui n'a toujours pas été exécutée.

C’est en mai 2018 que cette baisse avait été entamée, lorsque le débat sur le retour au plafonnement des prix des carburants a été lancé. Un débat qui a fait surface après le mouvement de boycott et la publication du rapport de la commission parlementaire sur les prix des hydrocarbures.

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Un sujet qui est toujours sur la table du gouvernement, le ministre des Affaires Générales ayant à maintes reprises annoncé que le plafonnement ne serait qu'une question de temps. Comme dans cette vidéo où il promet la mise en place de plafonds à la mi-mars au plus tard. 

Un effet de ratrappage de la forte chute de 2018

Qu'est ce qui justifie donc la reprise du titre en Bourse, sachant que les mêmes causes produisent (en principe) les mêmes effets ? Les investisseurs ne prennent-ils plus au sérieux les menaces de Lahcen Daoudi et du gouvernement ? 

«Les investisseurs se sont rendus en fait compte que le cours avait beaucoup chuté en 2018. Il s’agit donc d’un rebond », commente un analyste de la place. 

Un ratrappage donc de la baisse trop lourde et injustifiée de 2018. Mais il n'y a pas que cela, selon notre analyste : 

 «Même si les marges du pétrolier ont baissé par rapport aux niveaux réalisés en 2017, les réalisations 2018 resteraient "assez confortables", et le groupe pourrait maintenir également une distribution généreuse des dividendes », ajoute notre analyste pour justifier la reprise du titre en Bourse. 

Total fait en effet partie des valeurs les plus généreuses en termes de rendement. Et ce depuis son introduction en Bourse en 2015, année où elle a servi un rendement de 7,56%. Un taux qui a baissé à 4,02% puis à 3,09% les deux années suivantes, avant de remonter à 6,1% en 2018. Des taux qui restent globalement meilleurs que le dividend yield moyen de la place, estimé à 4,1% en 2018 par Upline. 

Plafonnement des marges : l'impact serait limité dans le temps

Quant à la question du plafonnement des marges, les investisseurs ont pris conscience selon notre analyste que ces mesures, si elles sont exécutées, ne seront que temporaires.

L’impact d’une éventuelle décision de plafonnement des marges ne pourrait durer plus qu’une année. Les mesures étant applicables sur une durée de 6 mois, renouvelable une seule fois. 

Une fois ce délai passé, les opérateurs pourront à nouveau fixer de leur niveau de marges librement.

«Il faudra laisser le marché revenir aux conditions normales d’exercice pendant un ou deux ans, et la même démarche pourrait être relancée si des pratiques anticoncurrentielles sont observées», signale notre analyste. 

Notre spécialiste estime toutefois que la situation reste floue tant que le Conseil de la concurennce n’a toujours pas émis son avis sur la question. Il devrait ainsi rendre son rapport le 14 février prochain tel que demandé par le gouvernement et ce, dans le cadre de l'article 4 de la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Selon cet article, "les dispositions des articles 2 et 3 ne font pas obstacle à ce que des mesures temporaires contre des hausses ou des baisses excessives de prix, motivées par des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé, soient prises par l'administration, après consultation du Conseil de la concurrence. La durée d'application de ces mesures ne peut excéder 6 mois prorogeable une seule fois par l'administration".

Par ailleurs, notre analyste estime qu’un éventuel plafonnement des marges et prix des distributeurs pétroliers créerait des conditions défavorables et pousserait les opérateurs à réduire leurs investissements que ce soit en matière de stockage (pour augmenter leurs capacités) ou d’innovation (rénovation des stations-service par exemple).