Page d'accueil Bourse

Bachir Tazi : "La baisse du marché en ce début d'année n'est pas une surprise"

medias24

La Bourse de Casablanca a lâché 2,9% sur la première semaine de 2019. Pour le directeur de CFG Bank Capital Markets, cette tendance est tout à fait normale au vu des mauvaises nouvelles qui se succèdent et de l'attentisme des opérateurs de la place. Une baisse qu'il tient toutefois à relativiser au vu de la faible volumétrie du marché. 

 

 

La Bourse de Casablanca a lâché 2,9% sur la première semaine de 2019. Pour le directeur de CFG Bank Capital Markets, cette tendance est tout à fait normale au vu des mauvaises nouvelles qui se succèdent et de l'attentisme des opérateurs de la place. Une baisse qu'il tient toutefois à relativiser au vu de la faible volumétrie du marché.

Le marché boursier marocain a démarré l’année 2019 sur une note baissière, poursuivant son trend de 2018. 

A l’heure où ces lignes sont écrites, le MASI, principal indice de la cote casablancaise, affichait déjà une contre-performance annuelle de 2,51 %

Evolution du MASI (1 mois)

Pour sa part, le FTSE CSE Morocco 15, l’indice qui regroupe les 15 plus grandes capitalisations du marché, a reculé de 3,31 % depuis le début de l’année.

‘’Une baisse pas du tout surprenante’’, selon Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets.

‘’D’abord, le newsflow actuel au Maroc n’est pas très positif. Les mauvaises nouvelles concernant les sociétés cotées se multiplient. La preuve : les profit warnings qui ont été publiés récemment, alertant sur une éventuelle baisse des résultats de quelques sociétés pour l’année 2018, liés soit au recul de l’activité soit aux contrôles fiscaux subis par les entreprises’’, explique-t-il.

Rien que ce mercredi matin, deux profit warnings ont été diffusés. Ils concernent Disway et Salafin.

Disway explique le repli de ses bénéfices par la baisse du chiffre d’affaires de sa filiale tunisienne, Disway Tunisie, et par le repli de son résultat financier, ainsi que par le redressement fiscal subi par la firme au Maroc.

Salafin, quant à elle, devrait voir son résultat net de l’année 2018 baisser à cause d’une charge exceptionnelle et non récurrente liée au dénouement d'un contrôle fiscal dont elle a fait l’objet au cours de l’année écoulée.

Deux alertes précédées par celle du groupe Addoha, dont les résultats vont subir une forte chute en 2018. Et par la revue à la baisse des prévisions de résultats de Résidences Dar Saada, de Saham Assurances ou encore de Maghreb Oxygène

Difficile de rassurer le marché dans ces conditions.

‘’Ces éléments militent pour un début d’année négatif et pour une poursuite de la baisse du marché à court terme’’, estime M. Tazi.

S’ajoute à cela le fait que ‘’le newsflow à l’international n’est pas non plus très positif, vu les tensions et la volatilité qui marquent actuellement les marchés internationaux’’, indique notre interlocuteur. Il estime ‘’ normal qu’il y ait un effet de contagion sur le marché marocain, bien qu’il soit limité et marginal par rapport à ce qui se passe sur les marchés développés. L’impact de ce qui se passe à l’échelle internationale sur le marché marocain est surtout psychologique’’. 

‘’ Le newsflow global est actuellement négatif. Il n’y a pas de quoi se réjouir’’, estime Bachir Tazi en rappelant que ‘’c’était déjà le cas à la fin de l’année 2018. Maintenant, la baisse se poursuit’’.

A rappeler que l’année 2018 s’est terminée sur une contre-performance du MASI de 8,27% contre une hausse de 6,39% en 2017. 

        >> Lire aussi : Les sociétés cotées ont perdu 50 milliards de DH de leur valeur en 2018

‘’La baisse du marché est à relativiser’’

Bachir Tazi tient toutefois à relativiser cette baisse. Pour deux raisons : 

La faible volumétrie du marché. ‘’Cette baisse se fait sur très peu de volume. Le volume échangé doit tourner à peu près entre 40 et 50 millions de dirhams par jour en moyenne depuis le début de l’année. Alors que la moyenne quotidienne sur l’année 2018 tournait autour des 180 MDH"

Les politiques d’investissement des professionnels du marché ne sont toujours pas finalisées : ‘’Cette période de début d'année représente généralement une phase creuse chez les professionnels du marché, notamment les institutionnels et les managers, parce qu’elle coïncide avec l’implémentation des nouveaux budgets, la tenue des comités d’investissement, etc.’’.

‘’Les professionnels du marché n’ont pas encore acté leur politique d’investissement pour l’année qui commence’’, indique Bachir Tazi. 

Ce qui pourrait changer la donne

La relance du marché à court et à moyen terme dépendra, en grande partie, des résultats des sociétés cotées qui vont être publiés d'ici fin mars.

"La période de publication des résultats devrait commencer dans peu de temps. Cela va donner un peu plus de visibilité aux investisseurs", indique notre interlocuteur. 

Et d’ajouter : "afin de relancer le marché, il faut également un newsflow positif et une stabilisation des marchés à l’international".