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Marché boursier: l’exigence de rentabilité des investisseurs se stabilise (Attijari)

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La prime de risque du marché actions calculée par Attijari Global Research, suivant une approche par sondage, ressort à 6% et traduit une stabilisation de l’exigence de rentabilité des investisseurs. Détails.

La prime de risque du marché actions calculée par Attijari Global Research, suivant une approche par sondage, ressort à 6% et traduit une stabilisation de l’exigence de rentabilité des investisseurs. Détails.

Selon la dernière note de recherche trimestrielle (décembre 2018) d’Attijari Global Research (AGR), la prime de risque historique du marché actions affiche une baisse de 1,7 point par rapport à la même période de l’année précédente ; la prime de risque prospective dégage une hausse de 1,1 point, et, enfin, la prime de risque par sondage demeure stable.

La prime de risque retenue par l’équipe d’AGR est celle qui découle de l'approche par sondage. Celle-ci vise à déterminer la rentabilité annuelle exigée par les investisseurs en Bourse et ce, sur un placement supérieur à 5 ans. A cet effet, un questionnaire a été adressé à un échantillon d’investisseurs représentatif et valable statistiquement. 

Dans le détail, pour le calcul de la prime de risque, la société de bourse a identifié 4 principales catégories d’intervenants avec des pondérations différentes (Voir tableau ci-dessous).

Prime de risque calculée en se basant sur la méthode de sondage 

Source: AGR

La prime de risque du marché actions marocain ressort ainsi à 6% selon la méthode du sondage. Celle-ci correspond à la moyenne pondérée des primes de risque calculée pour chaque catégorie d’investisseurs.

AGR souligne que les pondérations accordées tiennent compte du niveau d’interventionnisme des différents acteurs sur le marché ainsi que d’une appréciation de leur degré d’influence. 

La société de bourse trouve que l’approche par sondage semble la plus adaptée au marché boursier marocain puisqu’elle fait l’objet d’un consensus des différents acteurs. Cette méthode tient compte également de plusieurs aspects qualitatifs qui sont négligés par les autres approches, à savoir : 

> L’impact du contexte politique, régional et international sur l’aversion au risque des différents intervenants sur le marché financier ; 

> Un marché boursier marocain relativement limité en termes de diversification à l’international ; 

> Un manque d’opportunités d’arbitrage en matière de placement au niveau local.

La prime de risque historique calculée par l’équipe AGR - selon la méthode du Taux de croissance annuel moyen (TCAM)- ressort à 6,6% sur une durée moyenne de 10 ans (Voir tableau ci-dessous).


Synthèse des résultats retenus selon la méthode basée sur l'historique

Selon AGR, ce niveau est justifié par le repli de la rentabilité moyenne de l’indice MASI sur un horizon de 10 ans, passant de 13,4% à 11,6%. Parallèlement, le rendement moyen des BDT 10 ans s’élève à 5% durant la même période.

Le rapport d’AGR précise que cette méthode est basée sur l’hypothèse suivante : "Pour un placement futur, un investisseur exigerait un rendement au moins équivalent à celui observé historiquement sur le marché". 

Le principe de cette démarche consiste à déterminer, sur la base des données historiques, la rentabilité moyenne brute de l’indice boursier du pays et celui des obligations souveraines du même pays, considérées sans risque. La prime de risque est alors déduite de l’écart moyen entre ces deux rentabilités brutes.

L’équipe AGR pense que la prime de risque historique est relativement moins représentative pour le cas du marché Actions marocain puisqu’elle devrait être observée sur une période longue afin d’être pertinente, soit statistiquement un minimum de 30 ans.

La société de bourse explique que "l’objectif étant de normaliser le rendement du marché Actions, à l’image des marchés développés qui reposent sur des séries de données couvrant près d’un siècle. En tant que place financière jeune, la Bourse de Casablanca ne semble pas encore rentrer dans ce cas de figure".

En suivant la méthode prospective, basée sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs, et en supposant que la valorisation du marché à un instant donné n’est que la traduction des attentes des investisseurs par rapport à la performance des entreprises cotées ; la prime de risque ressort à 7,1%.

Synthèse des résultats retenus selon la méthode prospective

Cette prime de risque prospective repose sur l’actualisation des résultats nets prévisionnels du marché. Son calcul repose sur les hypothèses suivantes : 

>Pour les valeurs cotées à la Bourse de Casablanca, AGR retient pour la période 2018-2020 un TCAM de la masse bénéficiaire de 5,7%. Cette hypothèse ne tient pas compte de la société Samir étant donné la suspension durable de cette valeur en Bourse. Au-delà de cette date, et à horizon 2028, AGR retient un TCAM de 4%, correspondant à l’évolution normative du PIB au Maroc. 

> Cette hypothèse prend en considération la maturité croissante des grandes capitalisations du marché, dont la croissance à long terme devrait rejoindre celle de l’économie marocaine. Un taux de 3% est retenu, correspondant au niveau normatif appliqué pour les pays comparables au Maroc.

> Un taux sans risque (BDT à maturité 10 ans) de 3,1% observé à la date de réalisation de l’étude.