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La Bourse de Casablanca manque de dynamisme malgré les besoins d’investissement importants des institutionnels

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Au Maroc, le besoin d’investissement des institutionnels est de plus en plus important en raison de l'augmentation de leurs réserves et de l'impératif de les rentabiliser. Et pourtant la Bourse de Casablanca manque de dynamisme et le marché obligataire est en train de subir le même sort. Quelles explications ?

Au Maroc, le besoin d’investissement des institutionnels est de plus en plus important en raison de l'augmentation de leurs réserves et de l'impératif de les rentabiliser. Et pourtant la Bourse de Casablanca manque de dynamisme et le marché obligataire est en train de subir le même sort. Quelles explications ?

Les volumes traités à la Bourse de Casablanca s’effritent mois après mois. Depuis le début de l'année, ils totalisent un montant de 25,8 MMDH, en baise de 22,7%. En parallèle, la tendance générale des cours est baissière. Le Masi affiche une contre-performance de 10,6% depuis le début de l'année. Cette situation reflète un manque de dynamisme persistant.

En même temps, le besoin d’investissement des institutionnels (qui sont les plus actifs sur le marché) augmente eu égard à l'accroissement de leurs réserves et de l'impératif de les rentabiliser.

Comment expliquer ces évolutions contradictoires ? Le marché boursier marocain ne séduit-il plus les investisseurs ? Ces dernier s’orientent-ils plutôt vers le marché obligataire ? Y a-t-il un manque général d’opportunités de placement ?

La cherté de la Bourse et les contraintes réglementaires des institutionnels freinent les investissements

Interrogés sur ce point, certains professionnels du marché nous confirment que les institutionnels s’abstiennent d’investir actuellement même s’ils disposent d’un niveau de «cash» important. Ils imputent ceci directement au niveau de valorisation du marché boursier ainsi qu'aux contraintes réglementaires des investisseurs institutionnels.

En effet, malgré la baisse des cours ces derniers mois, la Bourse de Casablanca reste chère. Son PER (multiple de bénéfices) s'élève à 20,6 fois en 2017 contre 15,2 en Egypte et 17,1 en Arabie saoudite. Ce niveau de valorisation fait en sorte que les plafonds réglementaires d'investissement des institutionnels sur le marché actions sont vite atteints malgré les faibles quantités acquises.

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Cette situation, en plus de la perte de confiance des investisseurs et des mauvaises prestations des sociétés cotées, explique les faibles volumes actuels du marché. D’où l’orientation des investisseurs vers les marchés monétaires et obligataires, d’après certains professionnels.

Si c’est le cas, pourquoi les volumes traités sur le marché des taux sont en baisse également ? L’une de nos sources nous répond que les institutionnels peuvent effectuer des placements privés, ce qui n’apparait pas dans les statistiques du marché.

Néanmoins, ce constat n’est pas unanime.

"Tout le monde est dans l’expectative"

Un autre acteur du marché nous explique que ni le marché actions ni le marché obligataire n’attirent les institutionnels en ce moment. Les mêmes raisons ont été avancées pour la Bourse de Casablanca.

Pour le marché obligataire, notre interlocuteur évoque le manque de visibilité sur l’évolution des taux à court et à moyen terme. « Tout le monde est dans l’expectative», conclut-il.

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