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Bourse: Un reclassement de l’Argentine dans l'indice MSCI peut relancer le marché marocain

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L'atonie et l'attentisme continuent de dominer le marché Casablancais. Les indices de la place creusent de plus en plus leurs pertes. Comment expliquer cette tendance baissière? A-t-elle une fin? Jusqu'à quand va-t-elle se poursuivre? Et qu'est-ce-qui pourrait éventuellement relancer le marché? Réponses de Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets.

L'atonie et l'attentisme continuent de dominer le marché Casablancais. Les indices de la place creusent de plus en plus leurs pertes. Comment expliquer cette tendance baissière? A-t-elle une fin? Jusqu'à quand va-t-elle se poursuivre? Et qu'est-ce-qui pourrait éventuellement relancer le marché? Réponses de Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets.

A la clôture de la séance de ce mardi 5 juin, le Masi, indice principal de la place, affichait une contre-performance de 1,09% depuis le début de l’année. Le volume échangé sur le marché central, durant cette période, s’élève à plus de 14 MMDH contre 17,8 MMDH un an auparavant, soit un retrait de plus de 21%.

De son côté, le FTSE CSE Morocco 15, incluant les 15 plus grandes capitalisations du marché, a reculé de près de 5% depuis début 2018, ce qui prouve que ce sont les "grosses valeurs" qui tirent le marché vers le bas depuis un moment.

Ce n’est pas fini. Cette baisse devrait se poursuivre à cause de l'incertitude des opérateurs et de l’absence de nouveaux catalyseurs susceptibles de donner un nouveau souffle au marché, nous indique Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets.

Selon notre interlocuteur, les incertitudes qui pèsent encore sur le marché marocain sont liées, entre autres, à la situation géopolitique à l’international et ses impacts sur le dollar et le cours du pétrole (le baril va dépasser 80 dollars selon les anticipations de certains économistes).

Ensuite, l’imprévisibilité du mouvement de boycott au Maroc risque d’impacter significativement la psychologie des investisseurs et donc la situation du marché, estime M.Tazi. De plus, "une propagation à d’autres marques et d’autres secteurs n’est pas exclue".

Un autre facteur en rapport avec l’industrie des hydrocarbures risque de favoriser l’atonie du marché, il s’agit du plafonnement des marges des distributeurs de carburants décidé par le gouvernement et en cours de déploiement.

"Même si cela concerne directement une seule valeur cotée (Total Maroc), un impact psychologique sur le reste de la cote est inévitable", souligne Bachir Tazi.

Pour toutes ces raisons, "c’est tout à fait normal que le marché continue de baisser ou, au mieux, se stabiliser", indique notre interlocuteur.

Il poursuit: "Surtout qu’en face, il n’y aucun élément positif pour relancer le marché". 

Ce qui peut relancer le marché 

Selon M. Tazi, les éléments qui peuvent éventuellement inverser la tendance du marché sont :

   > Une clarification de la décision du gouvernement concernant le retour au plafonnement des marges commerciales des distributeurs pétroliers. "Il faut que l’investisseur soit fixé pour qu’il puisse «pricer» correctement".

   > Une visibilité sur l’évolution du cours du Brent et des taux d’intérêt aux Etats-Unis et en Europe.

   > "L’organisation de la Coupe du Monde en 2026 par le Maroc pourrait être un vrai catalyseur pour le marché, même si nos chances demeurent très faibles".

Deux échances à surveiller 

Aussi, selon notre source, deux échéances sont à surveiller : la première est le 20 juin, date à laquelle l’Argentine pourrait quitter le MSCI Frontier Market pour intégrer le MSCI Emerging Market.

En effet, des consultations au sein du MSCI ont eu lieu en vue de reclasser l'Argentine dans le compartiment Emerging Market. "Si la décision se confirme, cela peut bénéficier au marché marocain vu que sa pondération dans l’indice MSCI Frontier Market va s'apprécier", explique Bachir Tazi.

La 2e échéance est celle de la publication des résultats semestriels (en juillet pour les banques et à partir de la mi-août pour les autres sociétés cotées).

"Si les résultats sont bons, cela peut donner un nouvel élan au marché", conclut M. Tazi.