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Bourse: Le Maroc surperforme le MSCI Frontier Markets à fin avril

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Couvrant 85% du flottant du marché Casablancais, le MSCI Morocco a réalisé une performance de 5,16% depuis début 2018, largement supérieure à celle de l'indice de référence MSCI Frontier Markets qui s’élève à 1,88%. Néanmoins, la volatilité reste plus élevée au Maroc.

Couvrant 85% du flottant du marché Casablancais, le MSCI Morocco a réalisé une performance de 5,16% depuis début 2018, largement supérieure à celle de l'indice de référence MSCI Frontier Markets qui s’élève à 1,88%. Néanmoins, la volatilité reste plus élevée au Maroc.

Il est vrai qu’au cours de ces 4 premiers mois de l’année, l’indice marocain a surpassé son corollaire ; néanmoins, il faut noter qu’il s’agit d’un rattrapage par rapport à 2017.

En effet, la performance du MSCI Frontier Markets en 2017 s’élevait à 32,3%, soit 3 fois celle du MSCI Morocco qui se situait à 11,8%.

Ainsi, à fin avril 2018, l’indice retraçant les 11 importantes capitalisations marocaines affiche une performance annuelle de 18,7% contre 22,15% pour le Frontier Markets.

Le graphique ci-dessous illustre l'évolution du MSCI Morocco et du MSCI Fontier Markets entre 2003 et avril 2018:

Source: MSCI Morocco Index- Note avril 2018

L’Argentine et le Vietnam, principaux contributeurs à la performance du MSCI Frontier Markets en 2017

Dans une analyse récente relayée par le site international "Expert Investor", Oliver Bell, gestionnaire de portefeuille à T-Rowe Price (entreprise américaine de gestion d’actifs), explique qu’une grande partie de la croissance du Frontier Markets en 2017 a été tirée par l'Argentine et le Vietnam.

Il ajoute : "l'Argentine montre des signes d'amélioration et dispose d’un meilleur contexte politique, même si les marchés boursiers ne reflètent pas nécessairement tout ceci".

Une performance liée à la richesse des ressources surtout de l’Afrique

Pour sa part, Adrian Lowcock, directeur des investissements à Architas (société britannique de gestion des fonds), explique que les Frontier Markets sont le plus souvent motivés par des préoccupations nationales et non par des conditions macroéconomiques mondiales.

En conséquence, il indique que ceux-ci ne sont pas aussi étroitement liés aux marchés développés où les effets de la crise financière se font encore ressentir.

Selon la même source, Adrian Lowcok estime que la performance au niveau du Frontier Markets est imputable au potentiel de croissance "exceptionnel" et "très attrayant" pour certains types d'investisseurs, et ce, malgré les risques de liquidité des marchés, les risques politiques… y existants.

Il précise qu'il existe des caractéristiques communes aux pays de ce marché qui ont contribué à un niveau de rendement important. Il s'agit à titre d'exemple de la richesse en ressources naturelles principalement en Afrique surtout que celle-ci constitue une part importante dans l’indice MSCI Frontier Markets et abrite plus des deux tiers des réserves minérales du monde et plus de la moitié de l'or, du platine et des diamants.

Toutefois, M. Lowcock note que la performance du Frontier Markets reste extrêmement volatile.

Le marché marocain, plus volatile que le Frontier Markets

Dans ce sens, notons que l’écart-type pour le Maroc ressort à 13,5% sur les 3 dernières années. Le marché marocain est donc plus risqué que le Frontier Markets qui affiche un écart-type global de 10,88% sur la même période.

Les grandes et moyennes capitalisations marocaines rémunèrent mieux malgré la cherté du marché

Par ailleurs, en termes de rendement de dividendes, l’indice marocain dépasse légèrement son corollaire avec un Dividend-Yield de 4% alors que celui du MSCI Frontier Markets s’établit à 3,25% à fin avril 2018, et ce, malgré la cherté du marché marocain se traduisant par un PER de 20,8 fois les bénéfices. Pour le Frontier Markets, le PER est de l’ordre de 14,6 fois les bénéfices.

Pour rappel, le Maroc avait été déclassé vers le Frontier Markets en novembre 2013 après plus de 10 ans de présence dans l’indice MSCI Emerging Markets. Dans ce sens, les critères méthodologiques de cette classification au niveau des deux marchés résident dans la taille et la liquidité de ceux-ci. 

Notons qu’à fin avril 2018, le MSCI Frontier Markets inclut 29 pays dont l'Argentine, Bahrain, Bangladesh, Burkina Faso, Benin, Croatia et le Maroc. Ce dernier représente actuellement 8,16% de son indice de référence international.

Les valeurs composant cet indice, quant à elles, sont en nombre de 110 dont National Bank Of Kuwait, Vietnam Dairy Product, Vingroup JSC, Safaricom…

De son côté, le MSCI Morocco compte 11 valeurs dont Maroc Telecom représentant 28,4%, Attijiariwafa Bank qui y pèse 21,23%, LafargeHolcim avec 14,17%, BMCE avec un poids de 7,74%, BCP avec une pondération de 6,02%, Cosumar, qui vient d’être intégrée dans l’indice MSCI Frontier Markets avec une part de 5,52%...