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Un an après la forte chute des cours à la Bourse de Casablanca engendrée par la crise sanitaire, Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets, nous livre les 5 principaux enseignements à retenir du comportement du marché boursier et la réaction des acteurs pendant cette crise sans précédent.

Bourse : Voici les enseignements à tirer de la crise Covid (Bachir Tazi)

Par M. Ett. | LE 18-03-2021 16:55
Un an après la forte chute des cours à la Bourse de Casablanca engendrée par la crise sanitaire, Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets, nous livre les 5 principaux enseignements à retenir du comportement du marché boursier et la réaction des acteurs pendant cette crise sans précédent.

Bachir Tazi dresse 5 principales conclusions à tirer après un an de la chute des cours en bourse à cause de la pandémie du Covid.

1. Le marché marocain reste efficient ;

2. Les investisseurs locaux soutiennent le marché ;

3. L’investisseur marocain sait jouer le long terme ;

4. Les sociétés cotées ont fait preuve de résilience ;

5. Les intervenants sur le marché et les autorités se sont démontrés flexibles.

Il y a exactement un an, la bourse de Casablanca connaissait un mouvement de panique exceptionnel.

Le 18 mars 2020, le MASI, principal indice de la cote casablancaise, avait atteint son niveau le plus bas en descendant à 8.987,89 points, soit une chute de 26,7% depuis le 2 mars 2020, date d'annonce du premier cas de Covid au Maroc. Sa variation depuis le début de l'année est passée du vert (+0,7%) à -26,1%.

Le marché a entamé un redressement progressif depuis, qui se poursuit actuellement. Les principaux indices de la cote sont dans le vert depuis début 2021.

Evolution du MASI 

Graph MASI

Voici les explications de Bachir Tazi sur les enseignements à tirer de cette crise.

Le marché marocain reste efficient

« Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le marché marocain reste quand même efficient. Même si les investisseurs ont paniqué, provoquant une baisse des indices boursiers, juste après, le marché a commencé à intégrer et à pricer progressivement toutes les mesures entreprises par le gouvernement marocain pour contrer la pandémie et soutenir l’économie, ainsi que toutes les décisions prises par la Banque centrale en termes de politique monétaire pour épauler l’économie. S’ajoute à cela l’amélioration progressive de la situation sanitaire ».

« On voit clairement que le marché, contrairement à ce qui se disait, connaît une certaine efficience dans la durée. Il peut ne pas l’être pendant une courte durée, mais il l'est sur le moyen et le long terme. Certes, il n’est pas encore arrivé au degré d’efficience de certains marchés développés, mais il a gagné quand même en efficience et maturité. Pour moi, cela constitue la plus importante conclusion », estime-t-il.

Rappelons que la chute du MASI, lors du déclenchement de la crise en mars 2020, avait atteint -27% en l’espace de 24 séances seulement. Par la suite, le marché a pu éponger plus de 89% de ses pertes avant la fin de l’année 2020 pour solder l’année avec une baisse de 7,27%. Le principal indice de la cote a en effet emprunté une tendance haussière depuis fin septembre 2020, (hausse de +10,4% à fin novembre).

La reprise du marché a été expliquée en grande partie par la soutenabilité d’un contexte de taux bas au Maroc, les annonces concernant les campagnes de vaccination, et par le retour de la distribution des dividendes des banques.

Les investisseurs locaux soutiennent le marché

Malgrè la crise, les investisseurs étrangers n’ont pas fui le marché marocain, mais ce sont les investisseurs locaux qui l’ont le plus soutenu. « Quand on voit les statistiques du volume échangé par catégorie d’investisseurs sur le marché marocain tout au long de l’année 2020, on voit clairement que ce ne sont pas les étrangers qui drivent le marché mais c’est plutôt les locaux. La contribution des étrangers a en effet beaucoup baissé en 2020, contrairement aux années précédentes », souligne notre interlocuteur.

Les personnes physiques marocaines et étrangères, qui ont souhaité profiter de la volatilité du marché, étaient en effet légèrement acheteuses nettes sur le marché actions. De leur côté, les personnes morales étrangères ont été vendeuses nettes. Les personnes morales marocaines ont surtout acheté par l’intermédiaire des OPCVM, d’après le profil des investisseurs publié par l’AMMC au 4ème trimestre 2020.

A noter que ce sont les OPCVM qui ont enregistré le volume d’achat le plus important avec 12,7 milliards de DH sur la période et ont effectués des achats nets de 1,07 milliard de DH et ce, grâce principalement à l’implication des investisseurs institutionnels marocain. Au final, les institutionnels locaux ont joué un rôle de stabilisateur, et les particuliers les ont suivis.

L’investisseur marocain sait jouer le long terme

« L’investisseur marocain, qu’il soit institutionnel ou particulier sait jouer le long terme, dans le sens où ; malgré le contexte qui était très incertain à court terme, durant et après le mois de mars 2020, personne ne pouvait prédire ce qui allait se passer le lendemain ; il y avait des investisseurs institutionnels et même particuliers qui se sont mis à acheter parce qu’ils visent le long terme, contrairement à ce qu’on pourrait penser », indique notre source.

La résilience et la réactivité des sociétés cotées sont saluées

En ce qui concerne le comportement des sociétés cotées en 2020, Bachir Tazi trouve que « d’un point de vu fondamental, toutes les sociétés cotées, quasiment sans exception, ont montré une belle réactivité quant à la gestion de la crise. Elles ont fait preuve de résilience. Certes, elles connaissent des difficultés ponctuelles, mais à aujourd’hui, sur la cote de Casablanca, nous n’assistons pas à des faillites en série ou à une dégradation très alarmante de la situation d’une société cotée ».

Ainsi, « malgré l’impact de la crise, la réaction et la réactivité des sociétés a fait que cet impact est resté limité et qu’elles arrivent à attirer leur épingle du jeu, elles continuent même à afficher des résultats pour la plupart certes en baisse mais qui restent positifs. De plus, la plupart des sociétés cotées continue de verser des dividendes. Le spectre de faillites en cascade on ne l’a finalement pas vu », souligne-t-il.

Rappelons que la baisse du chiffre d’affaires de la cote casablancaise s’est limitée à 5% à fin décembre 2020. Dans une année de crise sans précédent, cette baisse n’est pas si catastrophique.

Flexibilité et accompagnement des intervenants du marché

« Que ça soit la bourse de Casablanca, l’AMMC, la Banque centrale, l'ACAPS, et les sociétés de bourse, tous les acteurs et régulateurs ont montré une certaine flexibilité et un certain professionnalisme dans la gestion de la crise », pense notre interlocuteur.

L’AMMC a réduit les seuils maximum de variation des cours en bourse pour limiter leur chute à cause de la crise Covid. Cette décision est entrée en vigueur il y a un an, plus précisément, mardi 17 mars 2020. Les seuils sont toujours limités à ce jour.

Pour sa part, la Bourse de Casablanca s'est mise aux horaires adoptés pendant le mois de ramadan pour la cotation des titres, mardi 24 mars 2020, pendant la phase de panique qu'a connue le marché. L'horaire normal de négociation des instruments financiers a été rétabli mercredi 1er juillet 2020.

L’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance (ACAPS) a, elle aussi, joué un rôle pour limiter un peu l’impact de la crise notamment sur les compagnies d’assurance, à partir du mois d’avril dernier. Elle avait décidé, entre autres, d'adopter un ensemble de mesures d'assouplissement qui couvre la provision pour dépréciation des valeurs de placements, la provision pour risque d'éligibilité ainsi que les provisions pour créances et primes impayées.

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