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Les banques cotées à la bourse de Casablanca affichent une forte baisse de leurs cours. A la dégradation prévue de l’activité bancaire et du coût du risque en 2020 à cause de la crise du Covid-19, est venue s'ajouter la suspension de la distribution des dividendes au titre de l’exercice 2019. 

 

Bourse : La suspension de la distribution de dividendes a pesé sur les banques cotées

Par M. Ett. | LE 07-07-2020 16:33
Les banques cotées à la bourse de Casablanca affichent une forte baisse de leurs cours. A la dégradation prévue de l’activité bancaire et du coût du risque en 2020 à cause de la crise du Covid-19, est venue s'ajouter la suspension de la distribution des dividendes au titre de l’exercice 2019.

Les valeurs bancaires ont été fortement impactées à la bourse de Casablanca.

Au 7 juillet, l’indice boursier regroupant ces valeurs affiche une baisse de 25,92% depuis le début de cette année. Il s’agit de la 5ème plus forte baisse des indices sectoriels cotés.
La baisse de cet indice dépasse largement celle du MASI (-16,32% en YTD).

Certes, le contexte global du secteur bancaire reste difficile à cause, en grande partie, de la chute de l'activité économique qui devrait impacter la distribution de crédits (croissance prévue de 1,9% en 2020 et de 2,6% en 2021), ainsi que de la dégradation du profil de risque des entreprises et des ménages suite à la crise du Covid-19 ce qui augmenterait les créances en souffrance et dégraderait le coût du risque des banques. Mais, plusieurs mesures ont été adoptées afin d’épauler ce secteur qui constitue un vecteur essentiel pour la relance économique nationale.

A rappeler qu’en anticipant une détérioration de la liquidité bancaire, Bank Al-Maghrib a pris des mesures d’assouplissement afin de renforcer les capacités des banques nationales, notamment pour alimenter le marché interbancaire (nouvelle ligne de refinancement des banques, pensions livrées à long terme,…) et pour tripler la capacité de refinancement des banques auprès de la banque centrale. De plus, les règles prudentielles des banques ont été assouplies.

Par ailleurs, la Banque centrale a baissé, pour la deuxième fois consécutives en cette année, le taux directeur qui est passé de 2% à 1,5%.

Le taux directeur, représentant le coût de refinancement des banques auprès de la Banque centrale, qui conditionne l’évolution du coût de l’argent aussi bien pour le secteur privé que l’Etat ; influence positivement la demande du crédit. La banque centrale a également décidé de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques.

D’après les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, le crédit bancaire s’est maintenu à fin mai. Son encours s’est établi à 926 milliards de DH, en hausse de 6,5% ou de 56,4 milliards par rapport à mai 2019.

Bank Al-Maghrib a indiqué, dans un communiqué diffusé suite à la tenue de la 11ème réunion du Comité de Coordination et de surveillance des risques systémiques, que l’exercice de macro stress test effectué en juin 2020 fait ressortir à cette date la résilience des banques au choc induit par la crise du Covid-19.

Qu’est ce qui explique donc la forte baisse des valeurs bancaires ?

Les mesures de soutien au secteur qui ont été adoptées semblent ne pas être suffisantes pour rassurer les investisseurs. 

Selon un analyste de la place, « la baisse des banques en bourse s’explique par deux principaux points : le résultat net du secteur prévu en baisse à cause de la forte hausse anticipée du coût du risque et, aussi, par la suspension de la distribution des dividendes jusqu’à nouvel ordre après les recommandations de Bank Al-Maghrib. Cette décision a beaucoup pesé sur ces valeurs ».

« Pendant la période de la chute des cours à la bourse, la baisse de l’indice bancaire était corrélée à celle du MASI. Mais, quand le marché commençait à afficher quelques signes de redressement, le secteur bancaire n’a pas pu en profiter à cause de la suspension de la distribution des dividendes », continue notre interlocuteur.

Et d’expliquer : « les investisseurs qui se positionnent sur les valeurs bancaires sont à la recherche du rendement. Maintenant que les dividendes à distribuer cette année au titre de l’exercice 2019 sont suspendus et que ceux qui seront distribués l’année prochaine ne sont pas garantis, à la limite ils seront en baisse à cause de l’activité qui va se dégrader cette année ; les investisseurs ont allégé leurs positions sur le secteur bancaire».

Attijariwafa bank dégage en effet la plus forte baisse de cours en comparaison avec les autres banques cotées. Ce titre s’est déprécié de 29,64% depuis le début de l’année en cours pour descendre à 351,10 DH ce mardi 7 juillet.

Evolution du cours d’Attijari

Graph Attijariwafa Bank P

Il est suivi par Bank of Africa, BMCI et BCP qui ont lâché respectivement 25,52% à 143 DH, 23,08% à 550 DH et 20,36% à 221 DH.

Pour leur part, Crédit du Maroc et CIH ont perdu 19,92% à 448,45 DH et 16,42% à 249,90 DH, en ordre respectif.

« C’est la baisse de la valeur Attijari qui a le plus pesé sur la dégradation de cet indice. Cela s’explique par le fait qu’elle est la deuxième plus grosse capitalisation de la place. Beaucoup d’investisseurs sont positionnés sur cette valeur. Automatiquement, quand la panique a frappé le marché casablancais, les investisseurs ont commencé à vendre leurs titres et Attijari était parmi les premières valeurs impactées par ce mouvement de vente à chaud ».

Le marché en manque de dynamisme

Un autre analyste estime « qu'en général, le marché manque de dynamisme en cette période. Cela se voit à travers la volumétrie qui est en baisse. Ainsi, quand il va y avoir un retour effectif des investisseurs, les valeurs bancaires vont surement en profiter ». 

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