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En montant comme en nombre d'opérations, les retraits par cartes bancaires marocaines ont diminué en 2020. Malgré les incertitudes, une stagnation voire une légère baisse des retraits devrait être observée en 2021, selon le CMI. 

Les Marocains ont retiré moins d'argent avec leurs cartes en 2020, une tendance qui se poursuivra en 2021 (CMI)

 | LE 21-01-2021 
En montant comme en nombre d'opérations, les retraits par cartes bancaires marocaines ont diminué en 2020. Malgré les incertitudes, une stagnation voire une légère baisse des retraits devrait être observée en 2021, selon le CMI.

En 2020 et pour la première fois, les opérations de retrait d'argent par cartes bancaires marocaines sur les guichets automatiques ont diminué. D’après les derniers chiffres du Centre Monétique Interbancaire (CMI), ils sont en baisse de 10,3% en nombre et de 2,9% en valeur par rapport à 2019. « Les retraits par cartes marocaines ont totalisé 283,6 millions d’opérations pour un montant de 278,3 milliards de DH », indique le CMI, malgré un encours de cartes en hausse de 6,3% sur l’année avec 17,2 millions d’unité.

En 2019, « les opérations de retrait par cartes marocaines sur les guichets automatiques au Maroc totalisaient 316,1 millions d’opérations pour un montant de 286,8 milliards de DH, en progression de +7,3% en nombre et +8,6% en montant par rapport à l’année 2018 ».

Craintes sanitaires et manque d’occasions de payer en cash

Cette tendance baissière inédite a été induite par les effets du confinement et de la crise sanitaire. Contacté, Mickael Naciri, directeur général du CMI nous explique : « C’est la première fois que les retraits au niveau des guichets automatiques baissent sur une année. Elle a été constatée pendant le confinement naturellement, puis s’est plus ou moins maintenue à cause des craintes sanitaires. Les gens ne voulaient pas sortir trop souvent pour aller retirer de l’argent. Par la suite, à la sortie du confinement, ce sont les paiements par cartes sur TPE et internet qui ont pris le relai, ce qui a réduit le nombre de retraits effectués ».

L’autre facteur de la baisse des retraits en 2020 est le manque d’opportunités d’achat du fait de la fermeture des commerces sur une partie de l’année. « La consommation a été ralentie car les petits commerces se sont retrouvés fermés pendant plusieurs mois », poursuit notre source.

Des retraits moins nombreux mais plus conséquents

Mais comme l’indiquent les chiffres du CMI, les retraits en nombre d'opérations (-10,3%) ont baissé plus qu'en valeur (-2,9%). Un phénomène qui s’explique par une anticipation des répercussions de la crise chez les citoyens, amenés à retirer de plus gros montants en cash pour avoir un matelas de sécurité.

« Les gens ont opté pour des retraits moins nombreux mais avec de plus grosses sommes. Par crainte, ils ont opéré de gros retraits au début du confinement, puis ensuite il fallait dépenser ces sommes en liquide » décrypte le directeur général du CMI.

Cela dit, malgré un recul des retraits par cartes en montant en 2020 (278,3 milliards de dirhams), le cash en circulation au Maroc a atteint des sommets. Les derniers chiffres de Bank Al Maghrib annonçaient 301,8 milliards de dirhams en circulation à fin novembre 2020, en hausse de 20,6% par rapport à fin novembre 2019. « Les retraits de cash ne concernent pas seulement le guichet automatique. Il y également pas mal de retraits qui se font aussi au niveau des agences bancaires pour des montants plus conséquents » explique Mikael Naciri.

Il faut aussi rappeler la distribution des 16,2 milliards de dirhams d’aides de l’Etat aux personnes de l’informel impactés par la crise. « Ces versements ont été récupérés en partie au niveau des guichets automatiques mais ils n’ont pas été fait par carte et ne sont donc pas dans nos chiffres » explique Mikael Naciri.

Une aubaine en demi-teinte pour le CMI

La baisse des retraits en 2020 signifie donc une sortie moins importante de l’argent du système bancaire. Une diminution qui signifie mécaniquement une plus grande utilisation des paiements par carte bancaire. En 2020, les paiements par cartes marocaines chez les commerçants affichent une progression de +8,5% en nombre et de +4,1% en montant par rapport à l’année 2019, avec 79,7 millions d’opérations pour un montant de 31,7 milliards de dirhams.

« Notre but est de faire évoluer les paiements électroniques de manière générale et d’élargir le réseau de commerces acceptant le paiement par carte. Il est clair que la pandémie a permis d’accélérer l’acceptation et l’usage du paiement par carte ce qui est une bonne nouvelle. D’ailleurs, il est vrai qu’il y a eu une croissance des paiements par carte bancaire marocaine au Maroc » explique le directeur général.

Cependant, cette résilience du paiement par carte cache des difficultés sur de nombreux secteurs d’activité. « Il ne faut pas oublier que l’on a une grande partie de notre parc qui est fermée et/ou qui fait face à des contraintes importantes, comme les hôtels-restaurants.»

Pas de hausse des retraits par carte prévue en 2021

En 2021, si la visibilité est encore faible quant à l’évolution de la pandémie, le directeur général du CMI nous confie : « Je pense que cette tendance de baisse des retraits se maintiendra en 2021. Peut-être pas avec la même ampleur, mais il y aura je pense une stabilisation des retraits à leur niveau d’aujourd’hui. Cela s’accompagnera probablement d’une poursuite de la croissance des paiements électroniques » explique Mikael Naciri. A titre d’exemple, les paiement en ligne par carte bancaires marocaines s’étaient envolés de 46% en 2020 à 5,7 milliards de dirhams. 

« Nous avons beaucoup d’espoir sur la relance interne à travers la consommation locale en 2021. Nos prévisions tablent sur un retour au même niveau d’activité que 2019, après le ramadan 2021. Cela dépendra de l’évolution de la pandémie, des campagnes de vaccination et de la reprise touristique » conclut Mikael Naciri.

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