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Les projections économiques et financière des analystes pour l’année 2021 doivent être manipulées avec précaution compte tenu des fortes incertitudes qui entourent la situation sanitaire nationale et le contexte macroéconomique marocain et mondial. 

Peut-on se fier aux prévisions des analystes dans ce contexte de fortes incertitudes ?

Par Mouna Ettazy  | LE 15-10-2020 
Les projections économiques et financière des analystes pour l’année 2021 doivent être manipulées avec précaution compte tenu des fortes incertitudes qui entourent la situation sanitaire nationale et le contexte macroéconomique marocain et mondial.

L’année 2020 est marquée par un niveau d’incertitude record. Elle a remis en question toutes les projections qui étaient établies avant le déclenchement de la crise du Covid-19. Personne n’a vu la pandémie venir, et personne n’a pu encercler ses retombées. C’est une crise sans précédent.

La situation sanitaire s’aggrave jour après jour au Maroc. Les projections économiques et financières pour le reste de cette année sont pessimistes. Celles de l’année 2021 sont entourées d’un grand degré d’incertitude à cause de l'évolution de la pandémie et des mesures que les autorités pourraient prendre pour y faire face.

Toutefois, les projections 2021 récemment publiées par les grandes sociétés de bourse et de recherche de la place, notamment Attijari Global Research et BMCE Capital Research semblent optimistes.

Rappelons qu’Attijari Global Research table sur une reprise de 11,3% en 2021 des bénéfices récurrents des sociétés cotées. Certes, elle n’omet pas de pointer le manque de visibilité et les perspectives qui sont mitigées pour la période 2020-2021, mais elle prévoit déjà une reprise de l’activité de plusieurs secteurs.

La société de recherche reste confiante par rapport à la résilience de 5 secteurs : Télécoms, agroalimentaire, distribution alimentaire, mines et nouvelles technologies. C’est au moment de traiter les prévisions pour le secteur bancaire qu’elle souligne « sous l’hypothèse d’une amélioration progressive du climat sanitaire et économique à compter de la fin d’année, les banques pourraient disposer en 2021 d’un gisement de reprise important leur permettant de redresser sensiblement leur capacité bénéficiaire ».

De son côté, BMCE Capital Research anticipe un rebond de 34,4% des bénéfices de 40 principales entreprises cotées à la bourse de Casablanca. La banque d’affaires parle déjà d’une phase ‘’post Covid-19’’ et ‘’post-crise’’ en anticipant des réalisations en forte progression en 2021. 

« Le bond escompté de +25,2% du RNPG [des industrielles du scope 40, ndlr] à MAD 15,4 Md serait porté essentiellement par la non-récurrence des dons COVID-19 (M MAD 2 024,8 en brut) et par la reprise de l’activité de la plupart des secteurs cotées en phase post COVID-19 », anticipe BMCE Capital.

Elle évoque l’hypothèse d’une reprise d’activité en parlant des prévisions pour les valeurs financières : « l’amélioration escomptée de +6,1% du PNB des financières à MAD 55,5 Md tient compte de l’hypothèse d’une reprise d’activité davantage soutenue à partir de la fin du T1 2021 », peut-on lire sur le document.

Ces projections sont élaborées dans un contexte marqué par une incertitude exceptionnelle. A moins de 2 mois de la fin de l’année 2020, la situation sanitaire au Maroc n'est toujours pas rassurante. 

De plus, la reprise espérée au deuxième semestre 2020 a été cassée. Elle sera probablement lente ou retardée au début de l’année 2021. C’est en tous les cas ce qui ressort des différentes projections macroéconomiques. Même les institutions économiques et financières nationales n’arrivent pas à se projeter en 2021 avec aisance. 

Une actualisation régulière des projections est exigée

Lors de la dernière réunion du Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib, tenue le 22 septembre, Abdellatif Jouahri a parlé avec une grande prudence. Les projections macroéconomiques de Bank Al-Maghrib dévoilée ont été plus sombres qu’en juin dernier. Le Wali de BAM écarte désormais le scénarion de reprise en V et précise que les principales révisions apportées aux précédentes projections s’expliquent par un redémarrage plus lent de l’activité économique et la mise en place de certaines restrictions locales ou sectorielles suite à la recrudescence des infections et, aussi, une poursuite de la fermeture quasi-totale des frontières pour les voyageurs. 

Il avait également souligné « la persistance du niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées notamment à l’évolution de la pandémie et à ses conséquences aussi bien au niveau national qu’international ce qui exige une actualisation régulière des données ». 

A rappeler que Bank Al-Maghrib anticipe une hausse du PIB de 4,7% en 2021

Dans ses prévisions, le HCP anticipe que : « Le retour de la croissance vers son sentier d’évolution s’opérerait progressivement à partir de 2021, avec une hausse prévue du PIB de 4.4% par rapport à 2020 ».
Le gouvernement, lui, reste le plus optimiste en prévoyant un rebond de 4,8% en 2021.

Ainsi, les projections économiques et financières pour 2021 sont incertaines. L’optimisme des prévisions élaborées concernant la reprise économique et le rebond des réalisations des sociétés cotées en 2021 reste très fragile. Il est conditionné par plusieurs hypothèses (Vaccin, levées des restrictions, ouverture totale des frontières,…). Ce contexte requière donc l’établissement de plusieurs scénarios d’évolution des indicateurs économiques et financiers et, aussi, une actualisation continue des prévisions. 

Comme l’avait dit Abdellatif Jouahri,  « c'est normal d'avoir des incertitudes, et c'est le cas partout dans le monde ». Mais, il importe de rester vigilant. Les investisseurs doivent rester prudents. Ils doivent prendre leur précaution avant d’investir notamment en misant sur les secteurs qui ont fait preuve de résilience en période de crise et en diversifiant leurs portefeuilles.

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