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Les perspectives d’évolution des levées sur le marché de la dette privée au Maroc s’avèrent prometteuses pour les années 2020 et 2021, tenant compte des effets de la crise du Covid-19 qui ont pesé sur l’équilibre des différentes entreprises et l’accentuation prévue du déficit de liquidité du système bancaire, d’après les prévisions de CDG Capital.

Perspectives prometteuses pour le marché de la dette privée

 | LE 13-07-2020 
Les perspectives d’évolution des levées sur le marché de la dette privée au Maroc s’avèrent prometteuses pour les années 2020 et 2021, tenant compte des effets de la crise du Covid-19 qui ont pesé sur l’équilibre des différentes entreprises et l’accentuation prévue du déficit de liquidité du système bancaire, d’après les prévisions de CDG Capital.

Après le fort accroissement des levées brutes sur le marché de la dette privée en 2019, et dans un cadre marqué par une crise économique générée par la pandémie du Covid-19, les perspectives du marché de la dette privée, pour les deux années 2020 et 2021 sont prometteuses, d’après les anticipations des économistes de CDG capital Research.

Leur prévision tient compte de l’importance des tombées (remboursements) de la dette privée spécialement en 2020, et, aussi, de l’amélioration des conditions de financement. S’ajoute à cela le fort creusement prévu du déficit de liquidité bancaire et la hausse des besoins de financementdes Entreprises et Etablissements Publics (EEP).

La crise actuelle a impacté le marché financier notamment son cadre d’évolution avec une orientation expansionniste de la politique monétaire aussi bien en termes d’injection de liquidités que de baisses du taux directeur, et l’affaiblissement des taux de rendement des autres classes d’actif sous l’effet d’un recul de la demande.

Parallèlement, et en raison de la conjoncture économique difficile, la situation des différents acteurs faisant appel au marché de la dette privée pour combler leurs besoins de financement devrait se détériorer.

Deux facteurs qui plaident pour une accentuation des levées et un plus grand intérêt des investissements compte tenu de rendements attractifs sur ce compartiment de la dette.

L’équipe CDG Capital rappelle que ce marché a connu « une évolution particulière au cours des quatre dernières années, et ce suite à l’allègement des besoins de financement du Trésor public, depuis 2015, avec l’engagement de la réforme de la compensation ».

« Ce marché a permis une levée de fonds sur les différentes maturités, aussi bien aux entreprises financières que non financières, particulièrement les banques pour le renforcement des fonds propres et la couverture de leur déficit de liquidité et les Entreprises et Etablissement Public (EEP) pour le financement de leurs besoins importants d’investissement, ajoute-t-elle.

Dans ce contexte, les tombées de la dette privée devraient s'accroitre de 15% en 2020 contre seulement 7% enregistré en 2019, pour s’établir à 54 milliards de DH contre 47 milliards de DH en 2019.

CDG Capital estime que cette évolution couvre une hausse des tombées de TCN de 18%, à 41 milliards de DH et de 10% pour les obligations à 13 milliards de DH.

Globalement, l’augmentation des tombées de Titres de Créances négociables (TCN) s’explique par la hausse de celles relatives aux Certificat de Dépôt (CD) de 10% à 32,8 milliards de DH et celles des Bons de sociétés de financement (BSF) de 64% à 6,4 milliards de DH, selon la même source.

Une amélioration des émissions en 2020 et 2021 est anticipée

En se basant sur les variables explicatives de la dynamique des différents compartiments du marché de la dette privée, « l’orientation semble globalement favorable laissant présager une amélioration des émissions au cours des deux années 2020 et 2021 », estime CDG Capital.

Les économistes rappellent que Bank Al-Maghrib table sur déficit de la liquidité bancaire de 154 milliards de DH en 2020 et 171 milliards de DH en 2021.

« Cette orientation devrait accentuer le recours des banques aux émissions des CD pour combler leurs besoins de trésorerie », estiment-ils.

De même, les investissements des EEP devraient augmenter considérablement, au cours des deux prochaines années, pour s’établir à une moyenne de 100 milliards de DH contre seulement 70 milliards de DH enregistrée sur les cinq dernières années.

« Toutefois, la conjoncture difficile, particulièrement l’arrêt quasi-total de l’activité au cours du deuxième trimestre de l’année 2020, associée à la situation de surendettement de certaines EEP, devraient rendre la réalisation de ces objectifs difficiles et les besoins de financement beaucoup plus importants, soulignent-ils.

Le besoin de financement des entreprises financières devrait aussi augmenter à cause de la hausse prévue des créances en souffrance.

CDG Capital estime qu’au-delà de l’accentuation des besoins de financement des différents acteurs du marché de la dette privée, ce scénario de reprise semble également appuyé par l’amélioration du coût de financement en lien avec :

> Les multiples baisses du taux directeur, notamment celles de mars 2020 de 25 Pbs et de juin de 50 Pbs, avec des perspectives de révisions à la baisse supplémentaires au cours des deux années 2020 et 2021 ;

> La poursuite de la correction baissière des taux BDT, utilisés comme base de calculs pour les émissions de la dette privée, avec un recul quasi-similaire à celui du taux directeur ;

> La pénurie des opportunités de placement, ce qui devrait orienter les investissements vers les produits de taux, particulièrement les BDT et la dette privée jouissant de la garantie de l’Etat et d’une bonne qualité de signature.

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