Tableau de bord

le 18/08/2019
MASI
MADEX

MASI Pts

medias24

L'approbation de la loi sur le Takaful ainsi que l’introduction de nouveaux financements participatifs permettront de peaufiner le cadre de la finance participative au Maroc, estime Fitch Ratings. L'agence affirme toutefois que des aspects comme le refinancement ou la sensibilisation du public limiteront l'expansion du secteur à moyen terme.

L'approbation de la loi sur le Takaful ainsi que l’introduction de nouveaux financements participatifs permettront de peaufiner le cadre de la finance participative au Maroc, estime Fitch Ratings. L'agence affirme toutefois que des aspects comme le refinancement ou la sensibilisation du public limiteront l'expansion du secteur à moyen terme.

En dépit d’une croissance rapide (+110% entre juin 2018 et avril 2019), le secteur bancaire islamique marocain représentait toujours moins de 1% du total des prêts du secteur bancaire global à fin 2018, relève l'agence de notation internationale Fitch Ratings dans une note récente.

"La plupart des banques islamiques n’ont fourni que des financements immobiliers et automobiles principalement à une clientèle de particuliers, sous forme de contrats Murabaha, limitant les possibilités de prêt", souligne l'agence.

Cela étant dit, Fitch estime que la nouvelle législation sur le Takaful soutiendra l’expansion des banques islamiques, notamment dans le segment des entreprises.

"Néanmoins, nous ne pensons pas qu’à moyen terme les banques participatives puissent grignoter une part de marché significative auprès des banques conventionnelles déjà bien établies", ajoute l'agence. Pour elle, la croissance future des banques participatives est aussi limitée par le manque de ressources financières ainsi que par le manque de sensibilisation du public et de confiance de celui-ci dans les services financiers islamiques.

"Selon nous, il faudra du temps pour sensibiliser davantage les consommateurs et instaurer la confiance", explique l'agence. "Lorsque les banques islamiques ont démarré dans d’autres pays, tels que la Turquie et l’Indonésie, elles ont connu une forte croissance à partir d’une base modeste au début, mais ont stagné autour de 5% à 6% du total des prêts du système bancaire par la suite", explique Fitch dans sa note.

Un manque flagrant de ressources financières

D'une autre part, Fitch prévoit que la plupart des banques participatives commenceront bientôt à offrir de nouveaux types de financements sharia-compliant, tels que les contrats Mudarabah, Ijara et Istisna. "Cela devrait stimuler la croissance des ressources financières des banques participatives, bien que leurs entrées en dépôts resteraient structurellement limitées par un taux de pénétration bancaire déjà élevé au Maroc, à savoir 70%", indique l'agence.

"Cela signifie que le ratio financements/dépôts continuera à être élevé (247% à fin avril 2019), et que les conditions de liquidité continueront d'être tendues", ajoute-elle.

Le manque de ressources financières est en effet un défi majeur pour les banques participatives, rappelle Fitch, alors que la compétition pour attirer davantage de dépôts reste solide.

"Les banques ont commencé à offrir des comptes d’investissement avec partage des profits et des pertes, mais ces produits là restent sous-développés", souligne l’agence. "La dépendance vis-à-vis du refinancement auprès des sociétés mères sous la forme du contrat Wakala Bil Istithmar persistera. Cette forme de refinancement est chère mais constitue une source supplémentaire de liquidités dont le secteur a grand besoin."

Elle ajoute: "Les sources alternatives de refinancement sont limitées et les banques participatives n’ont pas accès au financement de la Banque centrale ou du marché des capitaux national. Une première émission souveraine de Sukuk a eu lieu en octobre 2018, mais le cadre dans lequel les banques participatives peuvent émettre leurs propres Sukuk reste à développer.Cela exacerbe encore les conditions de liquidité serrées des banques".

Les efforts croissants des autorités marocaines pour jouer un rôle moteur dans la stimulation de la finance islamique sont certes favorables à sa croissance, néanmoins Fitch estime que le cadre réglementaire est toujours à la traîne par rapport à d’autres pays africains: "La Tunisie par exemple a déjà mis en place un cadre de Sukuk, et une banque islamique du pays a émis le premier Sukuk en juin 2019", conclut l'agence.

Page d'accueil Actus