Page d'accueil Actus

Baisse des ventes de voitures neuves : quel impact sur Auto Hall ?

medias24

Les deux marques phares du groupe, Ford et Nissan, ont été particulièrement touchées part le repli du marché automobile sur le premier semestre de l’année. Quel impact sur les résultats du distributeur ? Comment se comportera le titre en Bourse ? Peut-on miser sur une reprise sur le reste de l’année ? Eléments de réponse. 

Les deux marques phares du groupe, Ford et Nissan, ont été particulièrement touchées part le repli du marché automobile sur le premier semestre de l’année. Quel impact sur les résultats du distributeur ? Comment se comportera le titre en Bourse ? Peut-on miser sur une reprise sur le reste de l’année ? Eléments de réponse.

Le marché automobile a connu une forte chute sur les six premiers mois de l’année. Les ventes dans leur globalité ont baissé de 11%. Un repli qui concerne pratiquement toutes les marques et tous les segments de marché. 

Principal distributeur automobile coté, Auto Hall est particulièrement touché par cette tendance, surtout sur ses deux marques phares Ford et Nissan. 

Ford représente plus de 45% des ventes d’Auto Hall. Ses ventes sur le premier semestre ont chuté de 39,07% selon les chiffres de l’AIVAM. Auto Hall n’a pu en écouler que 3.136 unités aussi bien sur les véhicules particuliers qu’utilitaires. 

>>> Lire aussi : Des concessionnaires expliquent la chute des ventes de voitures neuves

Un double effet Fiesta-Focus 

Un analyste financier qui suit la valeur nous explique cette forte chute par :

-l’effet du salon (Auto Expo) qui a gonflé les chiffres du premier semestre de l’année 2018 

-le changement de stratégie de la marque mondiale sur le Maroc qui a touché de plein fouet les ventes des deux modèles phares de la marque : Fiesta et Focus. 

Sur le Fiesta, la baisse des ventes est due selon notre analyste au changement opéré au niveau de la politique de prix. Très agressive par le passé, avec des réductions qui pouvaient aller jusqu’à 20%, la politique de vente de la maison a désormais changé, avec un relèvement des prix à la vente. Ce qui n’a pas manqué d’impacter à la baisse les ventes, au vu de la forte concurrence sur ce segment de marché.

Idem pour le Focus où le groupe a décidé tout simplement, selon notre source, de ne pas commercialiser le nouveau modèle au Maroc. « Ford veut se positionner sur le SUV et sur un nouveau genre de véhicule d’ici 2021 selon les annonces de ses dirigeants. Ils n’ont pas précisé de quel genre de véhicule il s’agissait, mais nous pensons que ce sera de l’électrique et de l’hybride ». 

Autre marque phare du groupe : Nissan. Celle-ci a vu ses ventes chuter de 34,52% à 2.362 unités (véhicules particuliers et utilitaires). 

Le portefeuille du groupe compte également deux autres marques : Opel, qui vient d’intégrer le périmètre du distributeur et Mitsubishi. Ces deux marques ont signé des croissances à deux chiffres : 79,37% pour la marque allemande et 13,66% pour la japonaise. Mais les volumes de ventes (2.500 unités pour les deux marques) n’amortiront que légèrement le repli enregistré sur Ford et Nissan qui représentent l’essentiel du chiffre d’affaires du groupe.

Le groupe commercialise également la marque Dongfeng, mais ses ventes ne sont pas encore intégrées dans les statistiques du marché. On ne saura donc rien sur le comportement des ventes de cette marque. 

Les analystes vont revoir leurs prévisions à la baisse

En 2018, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 4,8 milliards de dirhams en baisse de 5%. Son résultat net a baissé également de 10% à 167 millions de dirhams. 

Le marché s’attendait à une reprise en 2019. Dans une note de recherche produite en février, CFG tablait pour 2019 sur une hausse du chiffre d’affaires de 3,6% à 4,8 milliards de dirhams.
Une prévision qui était appuyée par l’intégration d’Opel dans le portefeuille du groupe sur une année pleine. 

La banque d’affaires estimait également que la marge brute allait s’améliorer à 16,4% se traduisant par des marges d’EBITDA et d’EBIT de respectivement 9,2% et 6,6%. Ce qui produirait un RNPG de 148 millions de dirhams en croissance de 4,8%. 

CFG recommandait ainsi aux investisseurs de conserver le titre, avec une valorisation de 75 dirhams par action. 

En octobre 2018, Attijari Global Research (AGR) tenait à peu près la même opinion sur la valeur, recommandant aux investisseurs de la conserver dans les portefeuilles avec un cours cible de 85 dirhams. Son argumentaire se basait sur deux points : 

-la récente correction en bourse de l’action, qui a lâché pour rappel plus de 11% en 2018. L’équipe Attijari considérait donc que le titre était correctement valorisé. 

-l’effort d’investissement soutenu du groupe qui offre un effet de rattrapage sur le moyen terme. Attijari parle ici de l’investissement consenti dans l’ouverture de nouvelles succursales et l’acquisition de nouvelles cartes (Opel notamment).

Ces prévisions risquent désormais de changer selon une source chez CFG : « Nos prévisions intégraient déjà une baisse des ventes, mais elle s’est avérée finalement plus importante que prévu ». 

La valorisation de l’action sera également revue à la baisse, mais rien ne dit pour l’instant que la recommandation des analystes passera « à la vente »

« Pour changer de recommandation, il faut un écart de valorisation de 15%. Nous allons introduire les nouvelles données dans notre modèle et émetterons une recommandation d’ici septembre », nous dit notre source.

Un titre « correctement valorisé »

En attendant, le titre continue sur sa chute en Bourse. Après la baisse de 11% accusée en 2018, l’action a perdu 11,6% depuis le début de l’année 2019, traitant désormais à 70,90 dirhams. Loin de son cours cible de 75 à 85 dirhams calculé par les analystes du marché. 

Risque-t-elle de baisser davantage sur le reste de l’année ? Pas forcément, estime un des analystes contactés par le Boursier : « le marché a déjà anticipé la baisse des ventes. Mais ne s’attendait pas à ce qu’elle soit de cette ampleur. Le titre va peut être continuer à baisser, mais une reprise est attendue en fin d’année », nous explique-t-il.

« Le premier semestre a été assez dur. Mais nous pensons que le marché va reprendre dans sa globalité sur le deuxième semestre pour finir à l’équilibre », ajoute notre analyste. 

Le titre Auto Hall devra profiter de cette reprise, selon lui, au vu de ses niveaux de valorisation. 

« Le titre traite avec un P/E de plus de 23 fois ses bénéfices futurs. Il semble cher à première vue, mais le P/E dans le cas d’Auto Hall n’est pas très représentatif, car la société est fortement endettée et ses charges sont gonflées par le volume des amortissements liés à l’effort d’investissement consenti par le groupe. C’est le ratio VE/Ebitda qui est le plus parlant. Il se situe entre 11 et 12 fois, ce qui est dans la moyenne mondiale du secteur », explique notre expert.

Mais au delà des péripéties cycliques du marché, la valeur Auto Hall reste il faut le dire une valeur de long terme

Dans un marché encore sous équipé en automobile (près de 60 véhicules particuliers pour 1.000 habitants, huit fois moins qu’en Europe), le groupe dispose d’un large réseau de distribution en propre avec une ambitieuse politique d’élargissement à 100 sites opérationnels à horizon 2020 contre 52 actuellement. Ce qui le renforce dans son positionnement de leader de l’importation automobile au Maroc et promet une belle percée en termes de parts de marché.

>>> Historique, résultats, actualités... Tous les détails sur l'action Auto Hall en Bourse

 

Séance du 19-07-2019

Marché de change
Journée du 19-07-2019