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le 20/08/2019
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Dans une étude récente, la Direction des Etudes et des Prévisions Financières du ministère des Finances livre cinq stratégies pour rentabiliser les investissements bancaires marocains en Afrique. Détails.

Dans une étude récente, la Direction des Etudes et des Prévisions Financières du ministère des Finances livre cinq stratégies pour rentabiliser les investissements bancaires marocains en Afrique. Détails.

La Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) du ministère des Finances a consacré la dernière édition de son Policy Africa à l’examen du positionnement des banques marocaines en Afrique. Elle présente cinq lignes d’action stratégiques destinées aux banques marocaines implantées en Afrique, visant à maximiser les retombées de leurs investissements.

Tout d’abord, la Direction conseille auxdites banques de préserver la solidité des fondamentaux de leurs filiales africaines, afin d’être au diapason des nouvelles règles prudentielles. Les banques marocaines affichent des indicateurs de rentabilité et de risque assez rassurants comparativement aux banques occidentales et aux banques panafricaines, mais cette situation relativement confortable ne devrait pas pour autant exempter les banques marocaines de faire preuve de grande vigilance pour anticiper le durcissement des règles prudentielles avec l’entrée en vigueur de Bâle II et III.

La DEPF avance par ailleurs que les banques marocaines devraient également renforcer leurs fonds propres, qui se situent à un niveau relativement moindre comparativement aux banques concurrentes opérant sur la place.  

D’une autre part, la DEPF recommande de s’arrimer aux nouvelles mutations du paysage bancaire africain marqué notamment par l’émergence du mobile money, l’Afrique étant la région la plus dynamique au monde en matière d’ancrage aux technologies mobiles.

"L’ancrage à ce nouveau créneau porteur permettrait de soutenir l’activité des agences bancaires marocaines implantées en Afrique, en captant une partie de la clientèle exclue du circuit bancaire traditionnel", souligne la DEPF dans son rapport.

Pour ce faire, la Direction recommande l’établissement de partenariats à forte valeur ajoutée avec des acteurs du télécom (Maroc Télécom en l’occurrence), ou des Fintech, afin d’offrir des services financiers mobiles adaptés : "Une telle option pourrait aussi s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de digitalisation ayant pour objectif d’anticiper les pressions concurrentielles qui devraient s’intensifier davantage avec l’arrivée de nouveaux concurrents, à savoir les néo-banques qui fondent leurs activités uniquement sur Internet ou sur le mobile", ajoute le rapport.

Par ailleurs, celui-ci recommande de diversifier le portefeuille d’activités en intégrant le segment de la finance alternative, pour s’approprier un positionnement profitable sur ce segment financier spécifique, notamment au niveau de certains marchés de la région comme le Sénégal, le Mali, le Cameroun et le Nigéria.

En outre, il recommande de mobiliser à grande échelle les synergies entre les banques marocaines et les opérateurs économiques en Afrique, en mettant l’accent sur les PME-PMI. La DEPF explique que les banques marocaines actives en Afrique gagneraient à renforcer leur appui au profit des entreprises marocaines souhaitant développer leurs opérations au sein du continent, que ce soit à travers les exportations ou par le biais d’investissements directs.

La Direction explique que ce soutien pourrait prendre plusieurs formes qui pourraient englober aussi bien l’assistance et le conseil à travers des études de marché bien ciblées, faisant ressortir les opportunités d’affaires sur les marchés domestiques, que des offres de financement compétitives et des services appropriés de couverture contre le risque inhérent aux marchés africains.

Enfin, la DEPF recommande de saisir le potentiel de la complémentarité régionale et intercontinentale : "L’extension à l’œuvre des activités de certaines banques marocaines vers les autres régions du continent devraient se poursuivre selon des modalités appropriées, en s’appuyant sur des pays à fort potentiel et qui pourraient constituer en même temps une clé d’entrée dans la région ciblée", explique-t-elle.

La Direction donne l’exemple de l’Ethiopie qui dispose d’un potentiel de marché immense, avec 91 millions d’habitants et un taux de bancarisation de 10% seulement, et qui pourrait servir de levier de projection au niveau de la région de l’Afrique de l’Est, alors que les banques marocaines restent concentrées dans les pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest.

Dans le sillage de l’extension de leurs activités continentales, la DEPF estime que les banques marocaines gagneraient à indexer leurs stratégies de croissance externe en Afrique sur des configurations de partenariat tripartite impliquant, selon l’opportunité et le contexte, des opérateurs relevant des pays occidentaux, des pays émergents ou encore ceux du CCG (Conseil de Coopération du Golfe), qui affichent un engouement particulier pour l’Afrique.

La DEPF rappelle que l’importance du marché africain pour l’activité des opérateurs bancaires marocains ne cesse de se renforcer, avec un PNB qui s’est accru de 18% en moyenne annuelle entre 2009 et 2017, pour se chiffrer à 19,8 milliards de dirhams en 2017, représentant ainsi 38,6% du PNB global consolidé des banques marocaines.

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