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le 20/08/2019
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Retard des chantiers, réestimation des budgets, priorisation des projets,… Abdellatif Lhouaoui, directeur financier de l’Agence nationale des ports, nous apporte des précisions par rapport au programme d’investissement de l’Agence.

Retard des chantiers, réestimation des budgets, priorisation des projets,… Abdellatif Lhouaoui, directeur financier de l’Agence nationale des ports, nous apporte des précisions par rapport au programme d’investissement de l’Agence.

A en croire sa communication financière, l’Agence nationale des ports (ANP) projette de réaliser un programme d’investissement pour la période 2019-2021, d’un montant de 3,1 milliards de DH.

Dans ce cadre, l’ANP vient de réussir sa deuxième émission obligataire de 1 milliard de DH, structurée en deux tranches : une première de 300 millions de dirhams sur 10 ans et une seconde de 700 millions de dirhams sur 15 ans. 

Une première levée obligataire de 500 millions de DH a été réalisée par l’ANP en 2017 afin d’investir dans ses différents ports. 

En comparant les deux notes d’informations qui ont été publiées à l’occasion de ces deux levées de fonds, nous avons relevé quelques incohérences que Abdellatif Lhouaoui, directeur financier de l’ANP, a clarifié pour LeBoursier. Voici ses réponses.

- LeBoursier : Les montants prévus pour le financement de quelques projets ne sont pas les mêmes au niveau des deux tableaux. Pour le financement du projet de confortement des ouvrages de protection au Port de Nador, l’ANP avait prévu un montant de 170 MDH lors de sa première levée de fonds.  Ce montant devient 204 MDH au niveau de la deuxième note d’information, soit 34 MDH de plus. Quelle est l’explication de cet écart ? S’agit-il d’une réestimation du budget alloué à ce projet ? 

Abdellatif Lhouaoui : Le budget est le même. Sauf qu’au niveau de la note d’information publiée lors de la première levée de fonds, les montants n’étaient pas exprimés en TTC.

- Cette réponse s’applique donc également pour le projet d’extension Desserte Nord (Divers réseau et VRD) au port de Casablanca, qui nécessite à présent un montant de 120 MDH à la place de 100 MDH, annoncés en 2017...

Exactement.

- Qu’en-est-il des travaux de renforcement des digues de protection (pose et fabrication des blocs) au port de Casablanca nécessitaient auparavant (1ere note d’information) 100 MDH qui devaient être divisés endeux tranches : 50 MDH en 2019 et 50 MDH en 2021 ? Ce montant devient désormais 60 MDH à décaisser en entier en 2021...

Ce projet a effectivement été décalé et réestimé.

Nous sommes dans une programmation glissante. Cela veut dire qu’au vue des premières études techniques, nous arrêtons les enveloppes à budgétiser, en fonction de tout un processus qui commence par la précision des objectifs, ensuite la déclinaison de ces objectifs en projets pour les traduire en actions. 

Et sur la base des études faites, il y a un chiffrage. Cette estimation est affinée au fur et à mesure. Lorsque les études techniques finales sont arrêtées, elles peuvent se traduire par un réajustement des coûts, dans un sens ou dans l’autre. 

Ce point explique le premier élément qui pourrait nous pousser à réajuster nos estimations. 

Le deuxième élément intervient au niveau de la programmation.

Nous sommes certes un établissement public, mais nous sommes gérés de la même manière qu’une entreprise de droit privé. Cela veut dire que nous devons veiller sur nos équilibres. 

Quand nous sommes face à un nouveau cycle de programmation nous priorisons les projets en fonction des nouvelles donnes qui tiennent compte des préconisations de la feuille de route du secteur en fonction de la stratégie 2030, des remontées du terrain à travers nos relations avec les différentes sociétés intervenant dans les ports et aussi des priorisations du management de l’ANP. 

- Est-ce que les projets peuvent être retardés à cause d’un problème de financement ? 

Les projets obéissent à une logique de priorisation et à des contraintes d’opportunités et non pas aux obstacles liés au financement. 

Nous cherchons à atteindre une efficacité de notre système de planification. 

C’est tout à fait normal si on décale un projet d’une année à l’autre. Le cadre reste prévisionnel, perfectible et réajustable.

C’est un arbitrage qui se fait sur la base des éléments du terrain et de l’orientation de la stratégie.

- Les tableaux des investissements prévus par l’ANP allouent un montant de 3,92 milliards de DH pour la catégorie « Autres projets » pour la période 2017-2021 et 2,01 milliards de DH pour la période 2019-2021, soit respectivement 65% et 64% du montant global prévu pour chaque période. Pourquoi ne pas préciser tous les projets qui seront financés ? 

C’est la particularité de quelques projets portuaires dont le coût est inférieur au seuil de 30 millions de DH. Nous n’avons donc pas voulu, sciemment, les citer en totalité. 

Ce qu’il faut retenir c’est que ce programme vient à la fois pour la mise à niveau des infrastructures et pour la réalisation de nouveaux ports.

Nous sommes dans un milieu trop agité. Un manque d’entretien et de réhabilitation risque de mettre en péril la structure.

En face, nous travaillons sur le développement et la diversification de nouveaux projets, inscrits dans notre vision 2030 à savoir les ports de Nador West Med, Kenitra, Dakhla, Jorf Lasfar et le port de Safi.

Les travaux avancent correctement et n'accusent pas de retard. 

>> Lire aussi : L'ANP veut lever un milliard de dirhams de dettes : voici à quoi serviront les fonds

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