Page d'accueil Actus

Déficit budgétaire : El Othmani veut s’affranchir du diktat du FMI

medias24

Il a déclaré dans une rencontre avec un groupe de journalistes qu’un déficit de 3% n’était pas un dogme absolu. Et que le gouvernement assumera dorénavant un déficit autour de 3,5%.

 
Il a déclaré dans une rencontre avec un groupe de journalistes qu’un déficit de 3% n’était pas un dogme absolu. Et que le gouvernement assumera dorénavant un déficit autour de 3,5%.

Dans une rencontre avec la presse, organisée mercredi 15 mai, le Chef du gouvernement a annoncé que l’exécutif ne faisait plus une fixation sur l’objectif de 3% de déficit budgétaire.

« Bien sûr, il faut maîtriser les finances publiques et veiller au maintien des équilibres macroéconomiques, mais nous assumons un déficit autour de 3,5% du PIB compte tenu des besoins sociaux du pays », a-t-il annoncé.

Cette déclaration risque de ne pas plaire au FMI, qui fait du minima de 3% de déficit une règle d’or.

Dans une lettre envoyée fin 2018 à Christine Lagarde, le ministre des Finances et le Wali de Bank Al Maghrib s’étaient justement engagés sur cet objectif à horizon 2020.

Mais El Othmani semble vouloir s’affranchir de cette contrainte, ce qui est plutôt une bonne chose au vu des énormes déficits sociaux (éducation, santé, emploi…) que traîne le pays et qui demandent une intervention plus accrue de l’Etat par la voie de l’instrument budgétaire.

Plusieurs économistes, d’obédience Keynésienne, ont appelé ces derniers temps à laisser filer le déficit pour booster la croissance du pays.

El Othmani semble avoir répondu à cet appel.

>>>Lire aussi : Débat. Faut-il lâcher l’inflation et le déficit budgétaire pour booster la croissance ?

Ce changement de dogme dans la gestion des équilibres macroéconomiques devra également relâcher la pression sur l’argentier du royaume et lui donner plus de marge dans l’exécution budgétaire. Surtout que l’Etat s’éloigne de plus en plus de l’objectif des 3%.

En 2017, le déficit s’est fixé à 3,6%, avant de monter à 3,7% en 2018. Un niveau qui devrait rester inchangé en 2019 selon les prévisions de l’exécutif.

Si l'annonce est salutaire, le creusement du déficit risque toutefois d'aggraver la dette publique et changer les plans du gouvernement pour 2021.

Dans son programme, l’Exécutif s’était engagé sur un taux d’endettement du Trésor de moins de 60% du PIB. Un ratio cible qui allait de pair avec l’objectif de 3% de déficit.

Maintenant que le gouvernement assume un déficit de 3,5%, il devra également réviser son objectif de dette. Et expliquer comment il compte gérer les conséquences d’une aggravation de la dette publique.

Rappelons que la dette du Trésor se situe à fin 2018 à 65,2% du PIB. Le FMI prévoyait un niveau similaire pour 2019, avant une détente à 63,3% en 2021.