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La flexibilité du dirham vue par les analystes du Crédit Agricole du Maroc

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Ils considèrent que la flexibilisation du dirham s'est faite sans incidents et soutiennent que la bande de fluctuation peut être élargie au vu des fondamentaux solides du dirham. Une nouvelle transition qui peut toutefois être porteuse de plusieurs risques. 

 

Ils considèrent que la flexibilisation du dirham s'est faite sans incidents et soutiennent que la bande de fluctuation peut être élargie au vu des fondamentaux solides du dirham. Une nouvelle transition qui peut toutefois être porteuse de plusieurs risques.

Dans une récente note de recherche, les analystes de la Banque de Financement et d’Investissement du Crédit Agricole du Maroc livrent un bilan de la première année de transition vers un régime de change plus flexible au Maroc.

La note stipule que la transition s'est faite sans incidents, et que le diagnostic après une année de l'entrée en vigueur de cette réforme a montré que la monnaie nationale est solide.

"Le Dirham est resté quasi-stable par rapport aux principales devises internationales après l’élargissement de sa bande de fluctuation" indiquent les analystes du GCAM.

Selon eux, cela signifie que le risque de volatilité inhérent à cette première phase de la réforme n'a pas eu lieu.

Des données qui rejoignent celles du FMI et ses recommandations pour un élargissement rapide de la bande en 2019. 

Les risques d'un dirham plus flexible

Le document de recherche note toutefois que le passage vers un Dirham plus flexible n'est pas sans risque: "cette transition pourrait être accompagné d’une entrée massive des capitaux étrangers, suite à des anticipations d’une appréciation de la monnaie domestique et du différentiel des taux d’intérêt", expliquent les analystes du GCAM. 

"Ceci conduirait à une surliquidité bancaire et une croissance excessive des réserves de change provoquant de plus grandes tensions inflationnistes et un accroissement des fragilités financières", ajoutent-ils.

Les auteurs de la note de recherche soutiennent que la dépréciation d'une monnaie par rapport à d'autres permet de soutenir les exportations. Ils soulignent néanmoins que l'impact de la baisse d'une monnaie sur sa compétitivité à l'export met du temps à germer tandis que les répercussions sur les prix à l'importation sont immédiates.

Dans cette optique, ils notent que le commerce extérieur est "l'un des points faibles de notre pays", avec des exportations qui croissent à une cadence moindre que les importations.

Les analystes du GCAM évoquent également le repli des réserves de change du pays, qu'ils imputent justement au creusement du déficit commercial et en particulier à des importations de plus en plus incompressibles.

" Néanmoins, ce solde négatif ne constitue nullement une menace, dans la mesure où ce dernier est compensé à travers une progression des recettes touristiques et des transferts des MRE", rassurent les auteurs de l'étude.

Les analystes du GCAM estiment in fine que même en tenant compte d'un éventuel creusement des importations, la flexibilisation du Dirham sera "le moyen le plus intéressant pour le Maroc pour accroître ses recettes en devises, booster ses exportations et faciliter l'intégration à l'économie mondiale".

Contrôler l'inflation : l'autre défi

D'une autre part, les analystes de la Banque d'Investissement et de Financement du GCAM notent qu'un taux de change flexible s'associe directement à un ciblage effectif de l'inflation.

"La pratique actuelle consiste à fixer le rythme de progression de la masse monétaire et d'injecter ou d'éponger la liquidité en fonction de l'objectif fixé", souligne le document, en rappelant que la composante alimentaire tire l'essentiel de la hausse des prix au Maroc.

Dans ce contexte, ce ciblage de l'inflation consiste à déterminer l'objectif de la hausse de l'indice des prix, "sans pour autant passer par l'objectif intermédiaire d'un agrégat monétaire qui pourrait éventuellement montrer ses limites sur le moyen et long terme".

Nos analystes expliquent que plusieurs données serviront de base pour déterminer le nouvel indice de mesure de l'inflation, comme l'état de l'offre et des capacités de production, l'évolution de la demande globale, la situation du marché de l'emploi, etc.