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Télécoms : après des années de vaches maigres, le secteur se prépare à un nouveau décollage

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Croissance de la Data, hausse des dépenses en télécommunication, croissance des revenus, pyramide des âges...Voici les nouveaux moteurs du seceur marocain des télécoms, qui s'apprête à vivre un nouveau cycle de croissance après plusieurs années de disette. C'est le diagnostic tiré par Attijari Global Research dans une récente étude. Synthèse. 

 

Croissance de la Data, hausse des dépenses en télécommunication, croissance des revenus, pyramide des âges...Voici les nouveaux moteurs du seceur marocain des télécoms, qui s'apprête à vivre un nouveau cycle de croissance après plusieurs années de disette. C'est le diagnostic tiré par Attijari Global Research dans une récente étude. Synthèse.

Attijari Global Research (AGR) a mis sous la loupe le secteur des Télécoms au Maroc. Ses équipes ont dressé un bilan d’évolution du secteur durant ces dernières années et ont présenté son potentiel de croissance. 

La filiale recherche d'Attijari relève de prime abord que  le secteur est en phase d’achever un cycle d’évolution peu favorable sur les plans macroéconomique, réglementaire et concurrentiel.

AGR justifie ce constat par la coexistence d’une série d’indicateurs : un effet de rattrapage de la croissance du secteur, la résilience des dépenses en télécommunications des ménages et l’achèvement d’un long cycle baissier des prix.

Un secteur qui sous-performait la croissance PIB 

Selon AGR, le secteur des télécoms au Maroc sous-performait largement l’économie marocaine. Entre 2012 et 2015, le secteur signait une croissance négative moyenne de -3,8%, contre une progression moyenne du PIB de +3,7%.

Ce décalage s'explique par le processus agressif de baisse des tarifs du Mobile qui est survenu suite à l’entrée du 3ème opérateur Inwi sur le marché, couplée à l’orientation baissière des tarifs d’interconnexion initiée par le régulateur (ANRT). 

Ainsi, AGR estime que l’achèvement du cycle baissier des prix en 2017 permettrait un retour progressif de la convergence entre la croissance du secteur des télécoms et celle du PIB.

Cet effet de rattrapage devrait être visible sur la période 2018-2020. 

Dépenses Mobile : le Maroc affiche l'un des ratios les plus élevés au Monde

L’équipe AGR a rapporté la proportion des dépenses Mobile des ménages au PIB par habitant, et ce afin de déterminer le profil du consommateur marocain et évaluer le niveau de ses dépenses Mobile. 

Le secteur des télécoms au Maroc affiche ainsi l’un des ratios les plus élevés au Monde en termes de dépenses Mobile : 1,8% contre 1,3% pour les pays émergents (PE).

AGR souligne d’autres exemples : 1,5% pour le Nigéria, 1,1% pour l’Egypte, 0,8% pour l’Inde et enfin, 0,7% pour l’Indonésie.

Parts des dépenses télécoms des ménages Vs. PIB/Hab

Source : Attijari Global Research

Un cadre réglementaire favorable pour la préservation des marges

Attijarti rappelle que le processus de libéralisation du secteur des télécommunications au Maroc, enclenché par l'ANRT en 2010, avait comme principal objectif la baisse des tarifs. Depuis l’entrée effective du 3ème opérateur Inwi sur le marché, le prix moyen de la minute a été divisé par 7 durant la période 2010-2017, passant de 1,60 à 0,23 DH/minute.

Durant la période 2009-2012, les écarts entre les tarifs d’interconnexion étaient en faveur des opérateurs Inwi et Orange Maroc ce qui attestait de la volonté de l’ANRT de poursuivre le processus de baisse des prix, souligne AGR, qui affirme par ailleurs qu’une nette réduction de cette asymétrie tarifaire entre les trois opérateurs du marché a été remarquée.

Parallèlement, les nouvelles lignes directrices de l’ANRT fixent désormais des seuils planchers concernant les tarifs de la voix et de la Data Mobile. 

Dans ce sillage, les tarifs pratiqués par les opérateurs télécoms s’alignent sur ces niveaux de prix, ce qui réduit les risques d’une dégradation future de leur profitabilité

Tarifs d'interconnexion (DH/minute)

La montée en puissance des besoins en data et en haut débit

Selon Attijari, sur la période 2011-2017, le parc Internet Mobile a été multiplié par 8 passant de 2,6 à 20,8 millions d’utilisateurs, soit un taux de pénétration de 59,8%.

Le parc Internet ADSL a plus que doublé durant la même période, passant de 0,59 à 1,33 millions d’utilisateurs.

En comparaison à la France, un pays ayant une certaine avance dans le domaine de la Data, le Maroc semble disposer d’un profil de croissance intéressant en la matière, estime l’équipe AGR. 

Croissance prévisionnelle du parc Data Mobile 

À horizon 2025, le consensus des prévisions relatif au taux de pénétration de la Data Mobile se rapproche du cap des 100%, porté par la forte dynamique du marché des smartphones au Maroc. 

Ainsi, sur la période 2017-2025, le parc Internet ADSL devrait doubler à 2,67 millions de lignes, soutenu par la digitalisation accélérée de l’économie marocaine.

La croissance prévisionnelle du Parc ADSL 

Un écosystème de plus en plus interdépendant avec la Data

Sur un horizon moyen terme, les différents services offerts via la Data constitueront l’essentiel du quotidien des consommateurs, des acteurs économiques et des administrations publiques au Maroc grâce au M-Commerce (achats sur Internet), le E-Banking (services bancaires sur Mobile), la I-TV (télévision via câble), les Connected-Cars (services auto sur Mobile), les Smart-Home (sécurité, luminosité et autres manipulations à distance…), le E-Gov (services administratifs sur le Mobile), l’Education (Intégration de l’Internet Haut Débit), les Smart-Cities (Caméra de surveillance, localisation…) ainsi que le partage des Vidéos via les Réseaux Sociaux.

Le Maroc dispose aussi d'une nouvelle génération de consommateurs en quête de plus de débit. 26% de la population du Maroc a moins de 15 ans contre 19% pour la France, d’après Attijari.

Analyse comparative des pyramides des âges (2017) : Maroc Vs. France

Ce nouveau profil de consommateurs se caractérise à la fois par une meilleure familiarité avec cet écosystème digitalisé, une exigence élevée en termes de qualité de débit et enfin, un volume de consommation en Data nettement plus important.