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Adjudications: le Trésor laisse une fois de plus les investisseurs sur leur faim

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Sur 8,4 milliards de dirhams proposés par les investisseurs, le Trésor n'a finalement levé que 100 millions de dirhams sur la maturité 52 semaines. Un remake de toutes les séances d'adjudication de ce début 2019, qui affiche un taux de satisfaction d'à peine 16,3%. Pourquoi le Trésor boude-t-il le marché intérieur ? Comment s'explique cette sur-demande des investisseurs? Analyse. 

 

Sur 8,4 milliards de dirhams proposés par les investisseurs, le Trésor n'a finalement levé que 100 millions de dirhams sur la maturité 52 semaines. Un remake de toutes les séances d'adjudication de ce début 2019, qui affiche un taux de satisfaction d'à peine 16,3%. Pourquoi le Trésor boude-t-il le marché intérieur ? Comment s'explique cette sur-demande des investisseurs? Analyse.

Les séances d'adjudication des Bons de Trésor se suivent et se ressemblent. Les investisseurs offrent au Trésor des milliards. Et seules quelques centaines de millions sont lévées au final. 

Ce mardi encore, le Trésor annoncait en début de matinée sa volonté de lever sur le 13 semaines, le 52 semaines et le 2 ans.

Les investisseurs, en situation de surliquidité, se sont bousculés au portillon. Ils ont offert au Trésor les montants suivants :

- 200 millions de dirhams sur le 13 semaines, à un taux de 2,33%.

- 754,8 millions de dirhams sur le 52 semaines, à des taux compirs entre 2,42% et 2,44%.

- 7,45 milliards de dirhams sur le 2 ans, à des taux compris entre 2,51% et 2,56%. 

Ce sont au total 8,4 milliards de dirhams qui ont été proposés par les opérateurs du marché. 

Résultat des courses : le Trésor a rejeté toutes les offres et n'a retenu au final qu'un petit 100 millions de dirhams sur les bons à 52 semaines, pour un taux moyen de 2,41%.

Une sur-offre qui marque une nouvelle baisse des taux sur cette maturité (-1,4 point de base), le dernier taux moyen pondéré des Bons à 52 semaines étant à 2,43%. 

C'est un remake de la séance de la semaine dernière où la demande en BDT avait atteint plus de 31,7 milliards de dirhams (dont 87,0% sur la maturité 10 ans) pour un montant adjugé d'à peine 3,5 milliards de dirhams. 

Une donnée qui devient structurelle : depuis début 2019, le taux de satisfaction sur le marché ne dépasse pas les 16,3%. La demande en cumulé a atteint sur la période 78,5 milliards de dirhams pour des montants adjugés de 12,8 milliards. 

Abdelaziz Lahlou : "les acteurs du marché sont tenus en haleine"

"Ce volume de soumission témoigne d’une situation de surliquidité chez les opérateurs. Autrement dit, le Trésor avait la capacité de satisfaire plus du quart de son besoin annuel, selon nos calculs, dès la fin du mois de janvier", écrit Abdelaziz Lahlou, Directeur Economie chez Attijari Global Research dans un papier de recherche commentant la surprenante séance du mardi dernier.  

Une séance où la demande a explosé tous les records : 31,7 milliards de demande contre une moyenne de 9,5 milliards en janvier, avec en prime une pression à la baisse sur les taux. 

Selon lui, les acteurs du marché de la dette intérieure sont "tenus en haleine".

D’un côté, d’importants encaissements sont prévus pour le court terme et qui risqueraient de ralentir les levées du Trésor (emprunt international de 1 milliard de dollars, recettes des privatisations réestimées à 10 milliards et nouveau mécanisme de financement de 12 milliards avec les institutionnels). 

De l’autre côté, le marché a ressenti lors du deuxième semestre 2018 un phénomène de résistance des investisseurs à placer leurs excédents de liquidité en l’attente de rendements plus élevés. Ainsi, "l’accumulation de cash chez les opérateurs les pousserait à se contenter des rendements actuels".

Des données, en somme, qui poussent le département recherche d'Attijari à penser "qu’une baisse des taux à court terme serait justifiée".

"Sur un horizon moyen terme, nous défendons un scénario de stabilité des taux", notent les analystes du groupe bancaire. 

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