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Changes : Le dirham a réussi le test de la flexibilité

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Un an après son entrée en vigueur, la flexibilité des changes s’est avérée indolore. Le dirham n’a jamais touché les frontières de la bande. Au point que les opérateurs du marché se disent prêts à un éventuel élargissement de la bande en 2019. 

Un an après son entrée en vigueur, la flexibilité des changes s’est avérée indolore. Le dirham n’a jamais touché les frontières de la bande. Au point que les opérateurs du marché se disent prêts à un éventuel élargissement de la bande en 2019.

La réforme du régime de change au Maroc a été entamée il y a exactement une année. La transition vers une bande de fluctuation de 5% (± 2,5% de part et d'autre du cours central), a été opérée le 15 janvier 2018, après un report décidé à la dernière minute fin juin 2017.

Appréhendée au départ aussi bien par les opérateurs économiques que par le grand public, cette transition s’est finalement avérée indolore. Au point que, sur le marché, on anticipe déjà un élargissement de la bande de fluctuation actuelle. Un cap qui peut être franchi dès 2019, selon plusieurs sources bancaires.

En un an, le dirham n’a jamais touché les frontières de la bande

Il faut dire que la monnaie nationale a en quelque sorte réussi le pari de la stabilité dans une bande de fluctuation plus élargie que le petit périmètre dans lequel elle évoluait auparavant (± 0,3%).

Une source du marché nous indique qu'une forme de saisonnalité a impacté l'évolution du cours du dirham face au dollar, dans sa nouvelle bande de fluctuation, mais les choses sont vite rentrées dans l'ordre : "Au début de l'entrée en vigueur de la réforme, lorsqu'une certaine crainte chez les opérateurs se faisait encore sentir, le dirham s'est légèrement déprécié. Mais une fois ces craintes dépassées, la monnaie nationale s'est appréciée face au dollar". 

D'autres éléments ont contribué à cette stabilité, comme la baisse du prix du baril de pétrole, le deal Saham/Sanlam, ou l'alignement du dirham avec les fondamentaux de l’économie.

Notre interlocuteur indique que sur l'année écoulée, les extrêmes enregistrées en termes de fluctuation du dirham par rapport au cours central de la bande, ont été aux alentours de +0,38% et -1,51%. 

Une dépréciation du dirham à l'intérieur de la bande de fluctuation indique que celui-ci s'est renforcé face au dollar, la monnaie de référence choisie par Bank Al-Maghrib; et vice-versa.

"La panique a un peu régné sur le premier semestre car il y avait une demande significative sur les devises. Le dirham a enregistré sur cette période une hausse de 0,38% par rapport au cours central de la bande. Mais juste après, les recettes du tourisme sont montées en force durant l'été. Et il y a eu également la rentrée de devises engendrée par l'opération Saham/Sanlam en octobre (1 milliard de dollars, ndlr). Le dirham a baissé alors de 1,51% dans sa bande de fluctuation, et s'est donc apprécié face au dollar". 

Par ailleurs, l'augmentation des réserves en devises aussi bien chez Bank Al-Maghrib que chez les banques, a également favorisé l'appréciation du Dirham face à la monnaie américaine. 

Sur une année donc, à aucun moment le Dirham n'a frôlé les extrémités de la bande de fluctuation, à savoir ± 2,5%. Un gage d'une stabilité remarquée de la monnaie nationale selon plusieurs opérateurs bancaires interrogés.

Ceux-ci se targuent également de l'arrêt des interventions de la Banque centrale sur le marché pour servir des devises aux banques qui arrivent à satisfaire la demande de leurs clients sans avoir recours à l'Autorité réglementaire.

En effet, en plus des réserves en devises de celles-ci (environ 230 MMDH à fin 2018, couvrant un peu plus de 5 mois d'importations), les banques commerciales ont également un matelas confortable pour financer les opérations commerciales de leur clientèle (environ 5 MMDH à fin novembre 2018).

Une surliquidité qui, selon divers opérateurs, permettra un passage fluide à une bande de fluctuation supérieure du Dirham. A suivre.