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Placements des caisses de retraite: un manque à gagner énorme pour la bourse

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Les exigences réglementaires prônent, pour la majorité des caisses de retraite, d’allouer la grande partie de leurs placements aux actifs les moins risqués, en l’occurrence les actifs de taux garantis par l'Etat. Une donne qui pénalise aussi bien le marché Actions que les caisses elles-mêmes, qui passent à côté de niveaux de rendements plus intéressants.

Les exigences réglementaires prônent, pour la majorité des caisses de retraite, d’allouer la grande partie de leurs placements aux actifs les moins risqués, en l’occurrence les actifs de taux garantis par l'Etat. Une donne qui pénalise aussi bien le marché Actions que les caisses elles-mêmes, qui passent à côté de niveaux de rendements plus intéressants.

Ce ne sont pas moins de 292 MMDH que les régimes de retraite marocains plaçaient sur les marchés financiers en 2017, un pactole en progression de 4,3% par rapport à 2016. Une somme qui a son poids mais qui bénéficie plutôt au marché des taux qu’au marché Actions.

Une donne qui pénalise la bourse, qui profiterait bien de liquidités supplémentaires. Les exigences réglementaires prônent, pour la majorité des caisses de retraite, d’allouer la grande partie de leurs placements aux actifs les moins risqués, en l’occurrence les actifs de taux garantis par l'Etat. Les caisses de retraite passent ainsi à côté de niveaux de rendement plus intéressants, qui contribueront à pérenniser leurs réserves, qui évoluent à une moindre vitesse ces dernières années.

En effet, en dehors des dépôts de la branche long terme de la sécurité sociale de la CNSS, effectués essentiellement auprès de la CDG, l’étude de la structure des placements des trois autres régimes (CIMR, CMR, et RCAR) montre que les placements obligataires ont représenté en 2017 une part de 70,8% (dont 50,7% en BDT) du total des placements contre 28% pour les actions.

La CIMR est la seule caisse qui se caractérise par la prépondérance des placements en actions et part sociales, avec un taux de 51,3%, alors que ceux-ci ne représentent que 29,6% et 11,7% respectivement pour le RCAR et le Régime des pensions civiles de la CMR.

Pour la CNSS, une disposition légale prévoit que l’épargne à très long terme de la caisse ne peut se faire qu’auprès de la CDG.

Les dernières données disponibles de la CNSS, qui remontent à 2016, montrent que les réserves de son régime général déposées auprès de la CDG s'élèvent à 47,17 MMDH. Ils sont constitués essentiellement de réserves techniques des pensions à hauteur de 90,53%. Les réserves de sécurité de la branche allocations familiales et de la branche des prestations à court terme représentent pour la part 7,95%.

La CNSS note également que les produits de placement des réserves ont atteint 1,41 MMDH en 2016. La caisse fait allusion à un FCP Obligations Moyen et Long Terme du nom de CDG SECUR, qui a réalisé en 2018 une plus-value latente de 812 MDH.

Les niveaux de rendement affichés par la CNSS, bien qu’ils augmentent, demeurent insuffisants. Idem pour la CMR dont le rendement des placements affiche une tendance baissière depuis plusieurs années (3,7% en 2016 contre plus de 6% avant 2007).

La raison n'est autre que la baisse des taux des bons du Trésor et du marché obligataire en général, alors que les placements continuent d'être prépondérants sur ce compartiment financier.

L'expérience de la CIMR, qui a plus de marge manoeuvre sur ses opérations de placement et qui en profite pour les diversifier, démontre qu'une telle stratégie a des retombées positives sur le rendement et en conséquence sur la pérennité des régimes de retraite, surtout dans un contexte de taux bas. D'une autre part, la redirection d'une partie des placements des caisses de retraite vers le marché Actions donnera sûrement un nouveau souffle à celui-ci.