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Perspectives défavorables pour les cimenteries cotées

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Les ventes de ciment ont poursuivi leur baisse au cours des cinq premiers mois de l'année. A moins d'une compensation par le prix, cette tendance est de nature à impacter les résultats des cimenteries cotées.

Les ventes de ciment ont poursuivi leur baisse au cours des cinq premiers mois de l'année. A moins d'une compensation par le prix, cette tendance est de nature à impacter les résultats des cimenteries cotées.

D’après les derniers chiffres du ministère de l’habitat, les ventes du ciment ont accusé un repli de 1,89%, à 1,21 million de tonnes durant le mois de mai 2018.

Ainsi, la consommation nationale durant les cinq premiers mois de l’année 2018 ressort à 5,76 millions de tonnes, enregistrant un retrait de 4,78% par rapport à la même période de l’année précédente (6,04 MT). (Voir tableau ci-dessous)

 Évolution de la consommation nationale de ciment (Mai 2018)

La poursuite de la baisse des ventes du ciment (en 2017, elles ont reculé de 2,5%) est expliquée par la morosité du secteur de l’immobilier, s’accordent à dire les analystes de la place. 

Rappelons que 60% à 90% de la production du ciment est destinée à l’immobilier. Ce secteur connaît depuis plusieurs années une baisse des mises en chantiers. Même le segment social, auparavant moteur de la croissance, subit un essoufflement.

Quel impact sur les deux cimenteries cotées ?

Bien évidemment, "la baisse de la consommation du ciment a un impact direct sur le chiffre d’affaires des deux cimenteries [Ciments du Maroc et LafargeHolcim Maroc, ndlr], sauf si cette baisse est compensée par une augmentation des prix", commente un analyste de la place en ajoutant qu’ "à ma connaissance, les deux cimenteries n’ont pas procédé à une augmentation de prix jusqu'ici".

La question qui se pose est de savoir si la baisse de la consommation du ciment va perdurer. Hormis le ralentissement structurel de la demande, les ventes dépendent de plusieurs facteurs comme les changements climatiques et les périodes de fêtes. "Durant les périodes de pluie les chantiers sont à l'arrêt. Ce sont à peine les chiffres de cinq mois", a-il indiqué. 

Globalement, "la tendance du secteur cimentier reste mal orientée. Mais on ne pourra déterminer sa tendance définitive qu’à fin octobre 2018", estime notre analyste. 

Quid de leur comportement en bourse ?

Dans son "stock guide" du mois d’avril 2018, BMCE Capital tablait sur une quasi-stagnation des ventes du ciment. Cette prévision a été prise en compte dans la valorisation des deux cimenteries cotées. 

Pour CIMAR, le cours objectif était de 1.756,10 DH, contre un cours de 1.785,00 DH (observé le 16 avril 2018), soit une baisse potentielle de 1,62%. Au 12 juin, le cours de CIMAR avait à peine baissé de 0,28%, à 1.780,00 DH, en comparaison avec son cours au 16 avril.

Quant à LHM, les analystes avaient fixé comme cours objectif 1.894,50 DH, contre 2.000,00 DH au 16 avril 2018, soit une baisse prévue de 5,27%. A l’issue de la séance boursière du 12 juin 2018, le cours de LHM était de 1.796,00 DH, en dépréciation de 10,2%