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Les taux débiteurs repartent à la baisse au premier trimestre 2018

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Amélioration du coût du risque, recul des taux des bons du Trésor, liquidité plus ou moins confortable, concurrence acharnée entre établissements bancaires…, telles sont les raisons favorisant la baisse des taux débiteurs durant ce premier trimestre 2018. Focus.

Amélioration du coût du risque, recul des taux des bons du Trésor, liquidité plus ou moins confortable, concurrence acharnée entre établissements bancaires…, telles sont les raisons favorisant la baisse des taux débiteurs durant ce premier trimestre 2018. Focus.

A fin mars 2018, le taux moyen pondéré global a reculé de 15 points de base par rapport au trimestre précédent pour se situer à 5,62%, selon les dernières données de Bank Al-Maghrib (BAM). En glissement annuel, celui-ci a connu une progression de 14 pbs.

En détail, les taux ont reculé de 21 pbs à 5,64% pour les prêts de trésorerie et de 26 pbs à 5,16% pour les prêts immobiliers. Pour les prêts à l’équipement et à la consommation, ils sont restés quasi-stables à 5,33% et 6,59% respectivement.

En glissement annuel, les taux relatifs aux prêts de trésorerie ont augmenté de 15 pbs; ceux relatifs aux crédits immobiliers sont en retrait de 19 pbs. Pareillement, les taux des crédits à la consommation ont reculé de 12 pbs . De leur côté, les taux ont augmenté de 55 pbs, en glissement annuel, pour les crédits à l’équipement.

    >> Lire également: Pourquoi les taux débiteurs ont augmenté fin 2017

Baisse des taux des bons du Trésor au premier trimestre 2018

Ce retrait des taux débiteurs au cours du premier trimestre est imputable en partie à la baisse des taux des bons du Trésor sur le marché des adjudications au cours de la même période (recouvrant une petite correction en janvier due à l’entrée en vigueur de la réforme du régime de change).

Cette baisse, à son tour, est liée à la consistance de la demande (102,6 MMDH à fin mars 2018 contre 146,5 MMDH un an auparavant) par rapport au recul de l’offre des bons du Trésor puisque ce dernier a réduit ses levées de fonds locales (10,9 MMDH contre 13,7 MMDH) et compte se financer à l’international à hauteur de 2/3 cette année.

    >> Lire également: Bons du Trésor: les taux quasi-stables en 2018 ?

Ralentissement de la cadence des crédits bancaires à fin mars 

D’autre part, à fin mars 2018, le rythme de progression des prêts bancaires a décéléré à 3,1%, en glissement annuel, au lieu de 4,5% un an auparavant situant l’encours global à 829,4 MMDH, selon les dernières statistiques monétaires de BAM.

Entre février et mars 2018, l'encours des crédits bancaires ressort quasi-stable (+0,6%) contre une hausse de 1,3% pendant la même période de l’année précédente. En effet, seuls les prêts de trésorerie ont crû de 3% pendant ce trimestre atteignant 163,4 MMDH.

    >> Lire également: BAM: Décélération du rythme de progression crédit bancaire à 3,1% à fin mars 2018

Amélioration du coût du risque quasi-généralisée

Il ressort également des dernières statistiques de BAM la baisse quoi que légère des créances en souffrance (-0,7%) entre février et mars 2018, contre un recul de 0,2% un an auparavant, s'établissant ainsi à 63,8 MMDH à fin mars 2018.

Suite aux résultats annuels 2017 publiés par les banques de la place, nous retenons, à titre d’exemple, que les créances en souffrance de Crédit du Maroc sont passées de 776,5 MDH à 700 MDH, celles de BMCI ressortent à 1,3 MMDH contre 1,7 MMDH. Attijariwafa Bank, quant à elle, réduit ses créances en souffrances non couvertes en les portant à 3 MMDH contre 3,3 MMDH.

Idem pour le coût du risque, une amélioration a été notable en 2017 pour la quasi-totalité des établissements bancaires et particulièrement les filiales des banques françaises.

Par exemple, le coût du risque de Crédit du Maroc a baissé de de 17,6% par rapport à 2016 pour se situer à 412,1 MDH ; ceux de CIH et BMCI ont affiché un recul de 50% et de 10,3% à 58,1 MDH et 1,3 MMDH respectivement.

    >> Lire également: Banques: Le coût du risque recule grâce aux établissements français

Une concurrence de plus en plus intense 

Par ailleurs, l’intensité de la concurrence au sein du secteur bancaire est un autre facteur à prendre en compte dans la baisse des taux débiteurs.

D’après les travaux de recherche de deux économistes à BAM, la concurrence entre les banques continue de croître à travers un réseau de distribution des agences qualifié de dense.

En effet, ces économistes précisent que les réseaux d’agences sont reconnus pour leur importance dans le cadre de l’évaluation de la concurrence entre les établissements bancaire, "plusieurs études montrent que l’intensification des réseaux d’agences bancaires pourrait améliorer la concurrence".

    >> Lire également: La concurrence bancaire au Maroc est monopolistique (chercheurs Bank Al Maghrib)